Cite internationale des arts – Paris / Moscou / photographies

La cité internationale des arts (site ici) je l’avais visitée il y a bien longtemps déjà, en janvier 2009 (billet ici) à la fin du (long) mois de la photographie 2008.

Le lieu est ingrat (il ressemble à un lycée des années 70 et de nombreux clodos s’abritent à proximité sous le porche qui longe une longue façade) mais l’espace est vaste et bien éclairé. De plus, l’accès est gratuit ce qui n’est pas négligeable quand on voit se multiplier les expos photos payantes, pas toujours très satisfaisantes, à Paris.

Avec 13 photographes français et russes l’exposition (terminée – un autre prend le relai aujourd’hui) montre une belle ampleur et ce d’autant que chacun a pu disposer dans les lieux parfois jusqu’à une dizaine de ses œuvres: contrairement à certaines expos, on ne reste pas sur sa faim, chaque artiste peut montrer honorablement ses travaux.

Je passe sur la vidéo et l’installation pour évoquer les 11 autres. La visite commençait avec Gregory Pervov avec quelques points de vue originaux sur la rue russe. Stéphane Couturier, qu’on ne présente plus, avec notamment deux très grand formats d’excavation avec le matériel en place répondait d’une certaine manière aux petits formats noir et blanc de Luc Boegly, des vues frontales et rigoureuses de constructions moscovites réalisées depuis le fleuve.

Ensuite venait Florent de la Tullaye et Thibaut Cuisset (encore ;-) fidèle à ses paysages: immeubles, routes près d’immeubles déserts en ultraclair, quelques ilots de verdure au pied des tours et surtout une église comme contrepoids à une barre d’immeubles.

Un peu plus loin encore Julia Bychkova nous montre un « Paris en carton ». L’idée est simple (revisiter les lieux classiques de Paris en faisant croire qu’il s’agit de maquettes en carton) mais l’exécution est remarquable. Palette de beiges et pastels, ciel efface, élimination du bleu.  Sol, immeuble et ciel occupant chacun 1/3 de l’espace. Vraiment réussi.

Les deux suivants travaillent dans un tout autre veine, que l’on pourrait qualifier d’humanistes, en noir et blanc de format modeste: Vladimir Mishukov (pas de site mais la Maison de la photo à Moscou est riche de ses œuvres ici) et Igor Mukhin (qu’on a évoqué hier).

La visite se terminait avec Vincent Debanne (des panoramiques sur baches) et Dmitry Zheltikov (facades d’immeubles, vues plongeantes sur Paris – visible sur le site de la Maison de la photo à Moscou – ici) mais dans l’intervalle il y avait Sandrine Elberg.

Sandrine Elberg occupe une place à part avec ses femmes russes photographiées chez elles, ses autoportraits et portraits avec des femmes russes.  C’est un travail qui me plait bien depuis que l’ai découvert il y a maintenant quelques mois (ici) mais je ne saurais dire vraiment  pourquoi: peut-être la modestie et la vérité, la proximité entre le photographe et les modèles, peut-être l’œil grand ouvert sur des gens normaux, ordinaires, sans fard ni voyeurisme et, même si souvent il y a autoportrait, c’est sans nombrilisme ni réduction à un univers étriqué (ici, pas de photo de mon nounours ou de ma petite cuillère, de mon ongle de doigt de pied ou de mon oreille).

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