PhotoEspaña 2010 – BBVA, Matadero, Canal, Teatro Circo Price, EFTI, etc

Par ce temps de neige, il ne fait pas de mal de revenir sur PhotoEspaña, festival de 1er plan qui n’a rien à envier aux rencontres d’Arles dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps. Il se déroulait l’été dernier à Madrid et lors du 3ème jour de visite, plusieurs gros morceaux étaient en vue: la BBVA, le Canal de la Reina Sofia et le Teatro Circo Price.

La BBVA mettait à disposition une grande salle au rez-de-chaussée de sa tour dans la quartier des ministères, comme l’an passé.  Cette fois, il s’agissait d’un choix assez hardi avec Harold Edgerton dont le nom n’est peut-être pas connu du grand public mais dont les photos à haute vitesse ont été vues par tous (notamment la pomme traversée par une balle). Diplômé du MIT et couvert d’honneurs, contrairement à ses ainés (Marey et Muybridge), il ne s’intéresse pas a la locomotion dans ses études photographiques de décomposition du temps mais plutôt aux  gouttes (d’eau ou de lait), à la bombe atomique et au sport (football, tennis, golf, etc). Il conçoit des caméras haute vitesse qui permettent des clichés exceptionnels dont certains en couleurs. Ses notes de travail et surtout une de ses caméras (ci-dessous) étaient également présentées ainsi qu’un film.

Je passe sur l’exposition au Ministère du Logement qui se tenait tout près et qui était consacrée aux grands axes percés dans les villes principales d’Espagne dont la Gran Via à Madrid, une exposition exceptionnellement documentée mais un peu trop spécialisée.

Au Canal Isabel II, C’était Isabel Muñoz qui était à l’honneur une fois de plus car on l’avait déjà beaucoup vue au 1er semestre notamment à Arles et chez Seine 51 à Paris. Du coup, peu de surprises, encore des tirages grands formats sur les croyants et notamment sur les derviches, très graphiques en format carré.

La principale nouveauté venait de vidéos visibles seulement à travers des meurtrières situées à hauteur des yeux d’adultes et là, il faut bien dire que c’était assez pénible à voir. En effet, on pouvait voir les supplices que s’infligent certains croyants dont certains s’ouvrent le crane (légèrement mais quand même) au burin: ça ne va pas jusqu’à la trépanation mais c’est impressionnant.

Je passe sur le Matadero consacré à des bouquins et à une installation vidéo pour passer aux Archives régionales (Comunidad de Madrid – Sala El Aguila) où exposait Alejandra Laviada. Elle montrait d’abord de petites sculptures faites d’objets modestes installés dans des lieux démolis. Cette série ressemble un peu au travail de Wurm quoi que, dans certains cas, elle cherche à évoquer des objets clairement identifiables (comme un arc-en-ciel, à l’aide de rouleaux à peinture). Sa série broken montre… des choses cassées: ce n’est pas la plus saillante. La série suivante montre des trous dans des murs ou des cloisons laissant voir le jour à travers tandis que la série finale est une sorte de typologies de vieilles chaises. Tout cela  se laissait voir. Dans l’intervalle, Alejandra a gagné le prix de la 15ème biennale de photographie au Mexique le 2 septembre dernier.

Le Teatro Circo price qui se trouve assez loin du métro avait coupé son espace en deux avec d’une part  Eustachy Kossakowski et d’autre part les particpants à un concours européen. Mort en 2001 il semble surtout connu pour « 6 mètres avant Paris » exposé au musée des Arts Déco en 71 et montré à Madrid en diapos et pour son livre Lumières de Chartres qui montre les taches colorées que forme la lumière à l’intérieur de la cathédrale en passant à travers les vitraux  (l’INA a gardé trace de son interview par Pivot en 89 ici). La longue et grande série d’apostiles à Rome,  les quelques vues de Pompéi et le lent défilement de la lumière dans un corridor m’ont moins captivé…

A l’étage, 29 photographes étaient exposés, professionnels ou non à raison d’un photo chacun, les trois vainqueurs ayant droit quant à eux à 4 clichés: Daniel Halasz (effet tilt shift sur palette de gris, localisé et daté),  James Naylor (des portraits radieux de non occidentaux au look européen voire franchement us), Vincent Bitaud (autoroute en pelouse, toit piscine). Ces trois de types de travaux sont excellents mais seuls ceux de Vincent sont visibles sur leurs sites web respectifs.

Parmi les 29, tous n’ont pas de site web et certains en ont un mais leur travail n’est pas toujours convainquant. Au final, j’en ai retenu pour ma part 5 seulement dont certains déjà connus: Reiner Riedler, Simon Roberts et Vincent Catala. Et deux découvertes seulement: Katja Wittig, Jakub Vlcek et Quinn Jacobson.

A l’EFTI j’ai aussi noté pas mal de nom, 94 en fait (!) mais un rapide sondage montre que moins de 20% possède un site web identifiable: je me suis donc concentré sur les 29 qui avaient plus spécialement retenus mon attention. Parmi ceux-là, une fois éliminés ceux qui n’ont pas de site web et ceux qui finalement ne me plaisent pas tant que cela, il en reste 2. Donc l’an prochain, pas sûr que je retourne à l’EFTI tant la moisson est mince. Il est très dommage que ces étudiants ne disposent pas d’un site web et se cantonnent le plus souvent à Flickr et Facebook.

Même Rodrigo Dada, que j’avais remarqué et qui a été récompensé dans l’intervalle à “emergent Lleida” n’a pas de site web. Bref, les deux que j’ai remarqués sont: María Zarazúa et Rosa Ponce.