Centre Wallonie Bruxelles (CWB) – Les incontrôlés

Le Musée d’art moderne de la ville de Paris montre actuellement des photos consacrées à la jeunesse américaine (ici) mais aussi Basquiat: bilan des courses, une queue de 100 mètres.  J’aurais du le savoir puisque pour l’exposition Larry Clark (billet ici)  j’avais fait le même constat un samedi après-midi et m’étais donc résolu à passer en matinée. Au Jeu de paume, même situation: les visiteurs étaient priés de poireauter dehors avant d’avoir d’avoir le droit de patienter à l’intérieur puis d’être admis en salle.

Autant que dans un cas comme dans l’autre j’ai levé l’ancre et  c’est donc, non pas par dépit, mais par défaut, que je me suis tourné aujourd’hui vers le CWB que je n’avais pas revu depuis bien longtemps (un peu plus d’un an en fait – billet ici).

Le CWB présente jusqu’au 20 février 2011 un extrait de ce qui a été montré lors de la BIP qui s’est tenue en 2010 à Liège et à laquelle je m’étais rendue: un bon moyen de se rafraîchir la mémoire et, de fait, toutes les pièces m’étaient connues. et seuls les portraits de maitres-chiens par Nicolas Clément ne me disaient rien: peut-être ne les avais-je pas vu lors de ma visite car je n’avais pas pu tout voir.

Je me souvenais en revanche fort bien des femmes culturistes  de Martin Schoeller en format XXL, des autoportraits tristes et grassouillets de Melissa Desmet (son blog avec son travail ici), des cellules dépouillées, presques abstraites de Joyce Vlaming (ici), les boules à neige en format minuscule revisitées par Nathalie Noël (ça ne s’invente pas). J’ai revu aussi le travail d’Edouard Levé, sur le Rugby, avec ses représentations de scènes de rugby réalisées par des hommes en tenue de ville (à voir chez Loevenbruck, ici). Disparu tragiquement il y a 3 ans environ, l’auteur avait marqué les esprits avec le même principe appliqué à des scènes pornographiques laissant le regardeur projeter les scènes habillées dans un tout autre contexte.

Autre travail presque amusant, celui de de Catherine Vernet baptisé silence, une série de portraits couleurs où figurent des personnes bouches fermées un mobile collé à l’oreille: peut-être un classique un jour, celui de « l’homme au mobile » comme celui de « la femme à la perle » (Corot) ou « la jeune fille à la perle » (Vermeer): on porte les objets de son époque, non ? Son site est ici.

On conclura avec le travail très bizarre de Tilman Peschel (site ici) où un personnage seul se livre à des activités aussi risquées qu’étranges entre blocs de mousse et accessoires divers, un bon moyen d’être intrigués et un écho peut-être à Erwin Wurm.

Au final, bien qu’un peu brève, l’exposition montre des photographes et artistes de talent, à des stades fort variés dans l’avancement de leur carrière, mais toujours pourvu d’un regard personnel. Une visite s’impose (c’est gratuit et face à Beaubourg) et si vous avez raté le BIP 2010 à Liège, vous aurez droit à une (petite) séance de rattrapage.