Week-end à Amsterdam – Les musées – Partie 2

A Amsterdam il y a de beaux musées et même si tous ne ont pas ouverts, il y a de quoi faire. Sur Museumplein, j’ai donc visité le Rijkmuseum qui est immense mais qui, travaux obligent, n’exposent qu’une fraction de sa collection, ses masterpieces, qui à elles seules valent néanmoins le déplacement. Je suis aussi passé au Musée Van Gogh et bien sûr à l’Hermitage. Le rapport à la photographie est parfois lointain mais en cherchant bien on peut trouver et puis, il ne faut être monomaniaque non plus (même si par définition c’est la vocation du Photoculteur :p

Le Rijkmuseum et le Musée Van Gogh sont sur le museumplein et les files d’attentes sont monumentales: il est conseillé de venir le matin ou bien d’acheter son billet sur internet avant. Les prix sont élevés (vive Londres et ses muses gratuits !), respectivement 12,50 et 14 €. L’Hermitage est un peu excentré et l’entrée bat le record avec 15 €. Dans ce dernier il est possible de manger dans un vrai restaurant, le Neva,  également hors de prix (pour un resto de musée – vers 30 € je crois), le musée Van Gogh offre en revanche une cafétéria en libre-service où il est possible de manger correctement (autre chose qu’un sandwich) pour pas cher, quant au Rijksmuseum, pas de cafeteria et les 15% de remise au Café Cobra sont peu incitatif (le café en question est plus un snack qu’autre chose et ce n’est pas donné).

Au Rijkmuseum on voit donc, après un scanner de vos sacs, les fameuses masterpieces centrées sur le 17ème siècle (le Golden Age). Je ne vais pas en faire le descriptif (il vaut mieux voire ) mais simplement évoquer quelques noms et quelques pièces. On peut évoquer ainsi les Prince d’Orange, la faïence de Delft (qui prend son essor en 1657 avec l’arrêt de la commercialisation de la production chinoise), de magnifiques pièces d’argenterie dans une salle appelée « le trésor », les maisons de poupées géantes dont le prix était celui d’une maison sur les canaux (réalisés entre 1657 et 1653) ou les tours pour fleurs en faïence.

En matière de peinture, Rembrandt est à l’honneur évidemment comme Maes mais aussi Metsu, un maitre totalement inconnu dont les oeuvres sont remarquables et qui fait l’objet d’un accrochage exceptionnel (35 peintures parmi les 130 qu’il a réalisées). Il y a aussi des natures mortes presque photographiques et des meubles « cabinet » impressionnant. Parmi les oeuvres marquantes, on ne manquera pas de keukenmeid par Vermeer qui figure sur certains pots de yaourt d’une marque bien connue et une très rare scène de rue du même auteur. Pour la petite histoire on cherchera dans une toile un pasglas ou verre gradué passant de main en main ou chacun devait boire juste ce qu’il faut pour passer au trait suivant.

La pièce majeure reste The Night Watch à qui une salle entière (ou presque) est consacrée, un peu comme Les Ménines au Prado.

Parmi les acquisitions, on notera une noix de prière de 1520 avant de passer aux acquisitions de… photographies, bien sûr, logées dans la Philips wing. Il s’agit de photos d’auteurs américains, en noir et blanc à l’exception de celle ultra connue de Helen Lewitt (l’auto verte avec la gamine dessous). N’allez pas visiter le musée uniquement pour cela, c’est plus un clin d’œil photographique avec une photo par auteur: Arnold Newman (un portrait de Mondrian), Dave Heath, Frank, Lewis Hine, Ilse Bing, Moholy-Nagy,Emil Otto Hoppe, Brassai, Bill Brandt, Gordon Parks, Peter Seaker, Edward Wallowitch et Man Ray.

Autre musée, l’Hermitage (petit frère du russe) sur lequel je ne vais pas m’appesantir. L’exposition déborde largement la vie d’Alexandre le Grand en s’intéressant à ses successeurs et à ceux qui l’ont honoré dans leur travaux artistiques mais la part belle est faite néanmoins à l’Antiquité et Alexandre sert de « fil conducteur ». A force de vouloir trop embrasser (Alexandre a parcouru dans sa brève existence des milliers de kilomètres), l’exposition tourne au saupoudrage. Par ailleurs, la foule se pressait et la visite était du coup pénible, voire très pénible et ce d’autant que les pièces majeures, concentrées au 1er niveau retenait l’attention de tous tandis que le 2ème niveau était parcouru rapidement. Bilan des courses: achetez un livre à la place. J’ai un peu la même impression à chaque fois que je visite une exposition exceptionnelle à Paris si bien d’ailleurs que j’y ai quasiment renoncé. Quant au registre photographique, il apparait dans le travail tiré en grand format de Erwin Olaf qui a fusionné des photographies de statues et de vraies personnes (ici).

On termine avec le musée Van Gogh. Là-aussi passage au scanner mais après le vestiaire (bizarre: on peut laisser en consigne tout ce qu’on veut…). Comme à  l’Hermitage, le musée Van Gogh était envahi de monde. Sur Van Gogh il a été dit plus et mieux que je ne saurais écrire alors je me contenterais d’un rapide survol. En passant, on ne connait que trois photos de Van Gogh dont une … de dos visible en poster au musée; autre lien avec la photographie, sa tombe photographiée par Ed van der Elsken.

Le musée est vaste et n’est pas entièrement consacré  Van Gogh. Il a le mérite de montrer les arts avant, après (Vlaminck, Derain, Bonnard, Van Dongen) et à côté (ses amis notamment avec des portraits croisés: Gaugin, Bernard) : c’est très bien fait.Il y a aussi des oeuvres de Sisley, Monet et Manet. Je ne suis pas sûr en revanche que les symbolistes (Odilon Redon, Puvis de Chavanne, Fantin-Latour, Maurice Denis) recueillent beaucoup de suffrages au vu de la vitesse de défilement du public. Les acquisitions d’aquarelles et de lithographies, présentées dans les étages,  et malgré l’argumentation développée m’a semblé hors sujet de même pour le volet « Paris et Montmartre ». Shell sponsorisait une étude sur une toile de Daubigny afin d’expliquer si oui ou non la toile a bien été peinte en extérieur, un travail intéressant (ici).