Festival Circulations – Mars 2011 – Partie 2

Il y a quelques semaines se terminait le Festival Circulations objet d’un 1er billet ici. Le temps est venu de poursuivre la visite.

Le festival In focus (qui se tient à Vilnius) « fournissait » deux photographes: Joana Deltuvaite (objets de beauté en gros plans…sales qui montre que le changement d’échelle n’est pas qu’un changement d’échelle) et Gytis Skudzinskas qui présentait des quasi Rothko alors que son site web montre tout autre chose (ici).

Un peu plus loin on voyait Robert Baum et ses émouvantes photographies d’aveugles et de l’intérieur de leur logis. J’ai trouvé cette série de gens modestes et de lieux souvent dépouillés d’une grande force et d’autant plus poignante qu’elle se présente sans artifice ni effet de manche. Par contraste, les enfants riches de russes riches de Anna Skladmann, présentant aussi un triste spectacle, celui de micro-adultes déjà ridicules et pourris, un travail que je connaissais sans l’avoir vu en vrai. Un peu plus loin c’était au tour de Maia Flore (des Gobelins -école invitée- tout comme Lise Lacombe évoquée dans l’article précédent sur le festival): un travail sans prétention particulière (des jeunes filles assoupies emportées dans les airs par des objets fantaisistes) mais frais, sympathique, imaginatif et gentiment rêveur. Elle sera présente au Magasin de Jouets à Arles (une bonne adresse) cet été et j’irai donc revoir avec plaisir son travail (et j’espère d’autres tirages). C’est une de ses photo qui fait la couverture du catalogue du festival.

Dans le voisinage on pouvait voir, après le festival invité et l’école invitée, le Collectif invité: il s’appelle Caravane et je ne souvenais plus que je le connaissais vaguement (la honte :( pour avoir entendu parler auparavant d’un de ses membres, Sébastien Van Malleghem. Ce dernier présentait pour l’occasion une scène de crime en noir et blanc digne de Weegee. Je conseille vivement de faire un tour sur le site de ce collectif (qui semble belge donc forcément sympa ;) Le léger problème de l’exposition, pour ce collectif c’est qu’il manquait de place, c’est dommage. Ainsi, Pety de Thozée montrait la tuerie du cochon, Laure Geerts traitait d’un sujet plus délicat, les trans d’Istambul, Anne-Sophie Costenoble montrait des noir et blancs paysans, Marie Ozanne une procession mexicaine en noir et blanc, Hector Martin Moreno des jardins ouvriers belges et Anne Ransquin, bein, des caravanes bien sûr :) J’ai bien aimé ce traitement noir et blanc un peu vieilli finalement, ces sujets simples, souvent ruraux et proches de nous, en un monde de grandes villes, d’Internet, de clinquant, d’international: tout cela nous nous renvoie assez directement à notre impossibilité physique d’être partout présent, à notre finitude, à notre condition animale, à notre goût pour la prairie, la terre et les animaux (pour les manger, pas pour les promener au bout d’une ficelle sur le bitume),

Après tous ces invité(e)s, il ne manquait plus que la galerie invitée qui est cafe amadeus. Cette galerie se situe à Olomouc en Moravie (Tchéquie) et montrait de très petits formats au ton suranné de Jitka Horázná.

La suite dans un prochain épisode.

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