Festival Circulations – Mars 2011 – Partie 3 (fin)

Il y avait tellement de choses (intéressantes) à voir lors du Festival Circulations que j’ai du fractionner mes souvenirs en plusieurs articles et donc, après la partie deux (ici) voici la partie 3.

Dans la géographie de l’exposition, cette partie commence dans un couloir, ou goulet, qui débouche sur deux autres salles et c’est Frédéric Delangle (déjà vu ici) qui ouvre le bal avec de l’accrobranche presque noir et blanc et majestueux. Bénédicte Lassalle montre des paysages urbains presque monochrome avec toujours des arbres, vaguement intrigants au 1er plan, c’est plutôt pas mal. Julien Benard montre comme des planches contact qui sont autant de plans fixes devant une  photocopieuse utilisée par des employés, pas mal comme idée.

Un peu plus loin ce sont les prix SFR: Orlando Pereira dos santos avec ses vieux motards fiers et réjouis avec leurs vieilles motos sont fort sympathiques, Aurélie Belair insère des maquettes de maison dans l’univers réel, Chiara Dazi nous montre le quotidien de gens pauvres. Enfin, Alban Lecuyer expose le dynamitage de belles demeure, une belle idée que de décliner cette pratique dévolue aux grands ensembles à des maisons bourgeoises mais la réalisation technique n’est pas convaincante.

Andrea Guastavino présentait, à plat sur une table, des visages noir et blanc que l’on dirait fait de pierre, ce qui ajoutait au côté sépulcral de la chose. Je n’ai pas été très convaincu cette fois par le travail de Lionel Pralus, appuyé sur des photos d’archives, peut-être faute d’accompagnement; je préfère garder le souvenir de son travail exposé à Arles l’an passé (billet ici).

Deux mini mises en scène se côtoyaient ensuite. Hélène Jayet montraient ses coiffures africaines avec… des mèches de cheveux au sol tandis que Martina Della valle reconstruit un coin d’appartement.

Plus on loin on trouve Viktoria Sorochinski avec une mère et sa petite fille, charmant, et Carmine Mauro Daprile avec du cosplay en plein air (mais pas au Japon a priori), tout aussi charmant (et coloré). On ne peut pas dire non plus que les posters géants noir et blanc de montagnes par Arno Roncada (entrevu déjà ici) aient retenu mon attention, pas plus que les images défilant sur un petit écran par Flore-Ael Surun (de tendance floue).

On termine avec Pavlos Fysakis dont la démarche est amusante puisqu’il a cherché à photographier les points extrêmes de l’Europe, qui, comme la ligne de l’Équateur, ne présentent pas de singularités apparentes. Quant à Tim Parchikov, son reportage à Magnitogorsk ne manque pas de nostalgie.

Au final, cette exposition est à n’en pas douter l’une des meilleure que j’ai pu voir au cours des années passées: la qualité, la diversité et le nombre de photographes étaient bien mises en valeur par un accrochage varié et sans fausse note technique. La gratuité de l’exposition, si rare, est aussi à porter au crédit de l’organisation. Espérons qu’une telle expérience pourra être reconduite, si ce n’est dès l’an prochain, au moins dans deux ans.

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