Format 2011- Derby – Quad – Partie 2

Il y a quelques semaines, Format 2011 s’achevait à Derby. Après le volet pratique (ici), passons aux expos.

Deux sites concentrent l’essentiel des expositions, le Quad et l’Université. Le Quad est une sorte de centre culturel à l’architecture ingrate. C’est, pour résumer, moche.

Tassés dans un coin, au rez-de-chaussée, se trouvaient un peu les parias du Quad: Richard Rowland (avec des copies de villes européennes en Chine), Hannah Pierce-Carlson (du street sur LCD), Matthew Pell (vidéos symétriques de street sur LCD), Thanasis Lomef Zacharopoulos (journal de voyage noir et blanc sur LCD).

Dans les couloirs et escaliers, on voyait Dougie Wallace (des visages de banlieusards russes à travers des vitres qui m’ont fait penser à Bourcart).Guilad Khan copiait l’idée des photos réalisées à travers la vitre d’un blindé ou à moins que ce ne soit lui qui ait été copié (voir Benjamin Loewy chez Polka, ici). Katrin Koenning ne remportait pas non plus la palme de l’originalité avec des portraits flashés a l’improviste dans la rue (entre Beat Streuli et je ne sais quel auteur). Hin Chua mélangeait les formats pour de petits lieux déserts ou abandonnés tandis que Virgilio Ferreira s’égarait dans des grands formats non encadrés aux artefacts colorés.

Deux photographes sauvent l’honneur. Ljudmilla Socci montrait 100 (petites) photos du paysage vu depuis le train et un film, pas mal. Kurt Tong quant à lui expose des diptyques googleview-réalite, ce n’est pas inintéressant et ça m’a fait penser aux travaux de Doug Rickard vus au Bal (ici).

C’est au rez-de chaussée que se tenait l’exposition principale et il y avait de quoi voir: de grands noms et de moins connus, des jeunes et des moins jeunes, venus de partout.

Brian Griffin montrait de petits formats noir et blanc, de tous lieux et de toutes époques, avec un ton décalé, une sorte de clin d’œil permanent qui ne manque pas de charme. C’est une pointure déjà exposée à Arles (billet ici).  Frederic Lezmi a quant à lui retenu le principe de la frise, qui courrait à travers de nombreuses villes européennes (Damas, Aleppo,etc). Ragu Rai (de Magnum) ne montrait qu’une photo, une exposition personnelle lui était consacré à proximité de Derby.

Ensuite, venait une projection sur LCD de nombreux auteurs Baltes: je ne suis pas fan des projections et c’était un peu long.

George Georgiou montrait de grands formats en couleurs, des lieux un peu étranges, un paysage magnifique où un type incongru pousse sa brouette. Zhang Xiao met un peu de Parr dans ses clairs baigneurs et ses chiens (son site web vaut la visite).

Ensuite, on voit les travaux de trois « spécialistes » de street photography » qui est le thème de Format 2011 avec Orville Robertson (en noir et blanc, de nuit ou dans l’obscurité), Will Sanders, dont le site fait mal aux yeux, avec des lieux vides ou des gens toujours de dos et Polly Braden qui se distingue parmi ces trois-là avec des japonais seuls (son site ne fait pas mal aux yeux – ses séries sont remarquables dont made in China).

Raoul Gatepin ne fait pas que la « street photography » comme son site en témoigne ainsi que son accrochage de lieux dépouillés ou géométriques. Même chose pour Amy Stein dont je suis le parcours sur le web et dont je découvrais à cette occasion seulement son travail, en vrai, avec une série automobile, auto en panne, homme avec bidon et voiture fumante (tiré de sa série stranded).

Je passe sur Zhao Liang dont les films faits de violences et d’exercices collectifs m’ont laissé dubitatif pour passer à Vivian Maier avec une projection de diapo et un film de 8 minutes sur Chicago dans les années 60-70.

Retour à la street photography en noir et blanc avec Jun Abe avant de passer à deux noms connus, Joel Meyerowitz avec le fameux couple en jaune, de dos, dans la vapeur, et Martin Kollar que j’avais vu à Lyon en 2008 (ici).

Peter Dench n’avait droit qu’à un LCD pour exposer ses semblables sous un parapluie, thème sympathique. WassinkLundgren misaient sur une présentation originale avec des magazines ouvert en deux et emboités (série empty bottles) montrant des ramasseurs de bouteilles en chine. Ils sont à la recherche d’un riche collectionneur d’art obsédé par les jeunes photographes, avis aux amateurs :) comme leur site web l’indique.

Michael Wolf montre des images web pixelisées mais son site montre une collection impressionante de séries variées (Tokyo compression, par exemple, ne manque pas d’intérêt). Jeff Mermelstein (chez son galériste ici) revient à la street photography avec des types qui courent (en retard ?) à New-York tandis que Giacomo Brunelli s’en éloigne avec de petits formats noir et blanc d’animaux en gros plan dont un chien fou. On conclut avec Nate Larson et Marni Shindelman qui dotent de grands formats couleurs banaux de petits textes webesques sans grand rapport: je n’ai pas suivi.

Tout ça pour dire que c’était une belle exposition, variée, avec des valeurs sûres et des petits nouveaux, du récent et du vieux, le tout en provenance du monde entier. Peut-être un tout petit moins d’invités aurait été mieux mais cela reste une exposition comme on en voit peu en France (à part à Arles et parfois à Lyon) et plus gratuite. Cerise sur le gâteau, l’organisation fait un sondage auprès des visiteurs et ce souci tout anglo-saxon du « client »  je ne l’avais encore vu nulle part :-)