Le BAL – Keizo Kitajima, Yukichi Watabe, Yutaka Takanashi

Le Bal qu’on a déjà visité a plusieurs reprises, reste fidèle à une programmation relativement élitiste et sans aucun doute originale, sans sombrer dans l’incompréhension. Le petit livret remis à chaque visiteur constitue une béquille utile, sinon à la visite, au moins, par la suite, à la compréhension du contexte. Ainsi, l’exposition Tokyo-e (vers Tokyo) dure jusqu’au 25 aout 2011 et présente trois auteurs japonais (Keizo Kitajima, Yukichi Watabe, Yutaka Takanashi) qui nous sortent un peu des 3 ou 4 noms ressassés en Occident (Araki, Moriyama, Ueda, Hosoe).

Pour autant, fidèle à sa ligne, Le Bal persiste dans un accrochage au volume réduit alors que les lieux permettraient davantage et c’est dommage: on a l’impression de payer pour visiter une galerie.

Au rez-de-chaussée, Watanabe ouvre le bal avec criminal investigation(1958)à,  photo-reportage noir et blanc sur une enquête policière, comme son nom l’indique, dont l’originalité est surtout l’accrochage, les photos étant posées sur des supports verticaux et se regardant donc par le dessus comme dans un magazine. Tout autour de la salle, une douzaine de grands formats couleurs de 1977 montrent des boutiques miteuses, de dedans et de dehors, par Takanashi. Et c’est fini. Il ne reste qu’à descendre au sous-sol réservé en totalité à Kitajima.

Kitajima montre  5 grands portraits en couleur et de petits portraits en street photography , à chaque fois des occidentaux. Tout un mur est recouvert de grands noir et blanc de fêtards japonais, pixélisés, presque solarisés, plus ou moins méchés et vêtus. Le dernier mur enfin est consacré à de petits portraits de street photography réalisés à New-York vers 81-84 (drag queen, arrestations, etc) et, dans une autre série, des prostituées et des blacks en goguette à Okinawa vers 75-80.

Au final, on passe vite et on ne s’extasie guère:  Araki, Moriyama, Ueda et Hosoe ce n’est pas si mal en définitive et malgré le prestige des photographes présentés, aux CV impressionnants, on peine à adhérer. Ces trois photographes n’ont pas de sites web mais leurs travaux sont visibles en galerie ou lors de ventes.