Les douches – Juraj Lipscher et Arnold Newman

C’était le 1ère visite à Les Douches – La Galerie (5 rue Legouvé) la semaine dernière puisque j’avais le coup il y a quelques mois déjà la galerie était fermée. Cette fois c’était la bonne pour découvrir ces anciens bains publics (une vague odeur chlorée flotte toujours dans l’entrée) après avoir sonné à la porte (j’ai horreur de ça, mais bon, sécurité oblige).

Je passe rapidement sur Arnold Newman, les photos présentées n’étant pas très bien éclairées et présentées dans l’arrière-boutique » de la galerie, près de débarras et de la cuisine. C’était toutefois l’occasion de voir un tirage fameux, celui de Stravinsky au piano.

La partie la plus intéressante à voir c’était celle consacrée à Juraj Lipscher avec sa série « body shops ». Ces formas carrés, noir et blanc formel, neutre, dépouillés de toute vie (certains tirages non exposés montrent toutefois des personnes) pourraient avoir un air de déjà vu si la thématique retenue ne donnait à l’ensemble une cohérence et une force indéniable. En effet, l’auteur s’est intéressé aux lieux qui concernent les corps. Vous me direz, dans tout lieu ou presque un humain un peut séjourner donc bon, ce n’est pas une grande découverte mais ici il s’agit de lieux qui les modifient, les améliorent, les contraignent, les déforment bref des lieux où le corps subit une transformation, temporaire ou permanente. Il a ainsi retenu les salles de gym, les maisons closes, les crématorium, les maternités, les abris de défense civiles. Les photographies, réalisées en Suisse, d’une sobriété impressionnante se double d’une propreté clinique des lieux eux-mêmes, une dépersonnalisation complète y compris pour ceux qui concernent l’intime comme une maison close. Il y a peut-être aussi une pointe d’humour noir dans ces séquences où l’on peut imaginer le cheminement d’un individu de sa naissance au crématorium, finalement, une vie peut se résumer à peu de choses.

Dans la galerie on peut trouver des livres, on notera que Body Shops est aussi un livre, édité par GwinZegal.

L’exposition est visible jusqu’au 17 juin 2011 et vaut le coup.