Galerie Taiss – Eric Emo – Mascarade

Jusqu’au 9 juillet 2011, la Galerie Taiss (5 rue Debelleyme) montre le travail de Eric Emo. C’est, je crois, la 1ère fois que je visite cette galerie qui s’étend sur deux niveaux, le second s’atteignant via un escalier douteux.

Ce travail, loin de la prétention des trop grands formats contemporains, reste contenu à des formats moyens et se présente comme une sorte d’essai sur l’identité ou, tout au moins, c’est comme cela que je l’ai ressenti. C’est un travail intéressant, par ses tentatives, pas toutes réussies, pas toutes ratées non plus, une sorte d’expérimentation sur le corps, le visage, bref ce qui définit une identité, au moins visuelle. Plusieurs séries dans la série apparaissent ainsi, depuis des visages cachés (par des ovales ou d’autres formes) jusqu’à des dissimulations plus étranges. Le résultat n’est pas très loin parfois de l’abstraction contrairement par exemple à un travail comme celui de Sylvain Gouraud (billet ici).

Un travail à ne pas manquer.

Galerie Paris-Beijing – Catherine Nelson – Future Memories

La Galerie Paris-Beijing (54 rue du Vertbois) montre jusqu’au 2 juillet 2011 le travail de Catherine Nelson.

Comme d’habitude, la galerie surfe sur la vague du grand format décoratif (très retravaillé en post-production) avec un diasec flamboyant et, si possible, un fond d’écologie. Avec Catherine Nelson, c’est encore cette recette qui est appliquée, avec méthode et persévérance, dans une série qui nous montre un globe terrestre sur lequel se trouvent plaquées, tout autour et au centre, des image de vie sauvage, un peu comme si un objectif fisheye était utilisé. C’est inventif et très joli, surtout l’été.

A voir pour se relaxer les yeux et les neurones.

RTR – Peter Bock-Schroeder – Going East

Le semaine dernière, nouvelle visite à RTR (1 avenue Trudaine) dont la cave est, de surcroit, très appréciable par forte chaleur. L’exposition court toujours et ce jusqu’au 2 juillet 2011. On peut y découvrir le travail de Peter Bock-Schroeder, « Going East « . Il ne s’agit pas cette fois du travail d’un jeune auteur ni même d’un travail contemporain mais au contraire de clichés très « datés » montrant la Russie des années 50. L’auteur était alors un jeune photo-reporter allemand dont le travail officiel était soumis à la censure tandis qu’il photographiait en sous-main par ailleurs. C’est ce dernier travail qui est montré, sorti en douce de Russie, les négatifs cousus dans son pardessus nous dit-on.

Les Ektachromes minuscules (en couleur) sont à 4 000 euros et portent un témoignage rare sur la vie russe de l’époque.  Les tirages contemporains sont en noir et blanc et de taille plus commune à un prix plus modeste ( 1200 euros) mais une bonne part du charme et, surtout, le côté vintage des ektachromes est perdu.

Je serais davantage preneur d’une expo de clichés familiaux de l’époque qui seraient certainement autant sinon plus intéressants, pour qui cherche d’authentiques témoignages et leur achat ne serait sans doute pas très coûteux…

Les douches – Juraj Lipscher et Arnold Newman

C’était le 1ère visite à Les Douches – La Galerie (5 rue Legouvé) la semaine dernière puisque j’avais le coup il y a quelques mois déjà la galerie était fermée. Cette fois c’était la bonne pour découvrir ces anciens bains publics (une vague odeur chlorée flotte toujours dans l’entrée) après avoir sonné à la porte (j’ai horreur de ça, mais bon, sécurité oblige).

Je passe rapidement sur Arnold Newman, les photos présentées n’étant pas très bien éclairées et présentées dans l’arrière-boutique » de la galerie, près de débarras et de la cuisine. C’était toutefois l’occasion de voir un tirage fameux, celui de Stravinsky au piano.

La partie la plus intéressante à voir c’était celle consacrée à Juraj Lipscher avec sa série « body shops ». Ces formas carrés, noir et blanc formel, neutre, dépouillés de toute vie (certains tirages non exposés montrent toutefois des personnes) pourraient avoir un air de déjà vu si la thématique retenue ne donnait à l’ensemble une cohérence et une force indéniable. En effet, l’auteur s’est intéressé aux lieux qui concernent les corps. Vous me direz, dans tout lieu ou presque un humain un peut séjourner donc bon, ce n’est pas une grande découverte mais ici il s’agit de lieux qui les modifient, les améliorent, les contraignent, les déforment bref des lieux où le corps subit une transformation, temporaire ou permanente. Il a ainsi retenu les salles de gym, les maisons closes, les crématorium, les maternités, les abris de défense civiles. Les photographies, réalisées en Suisse, d’une sobriété impressionnante se double d’une propreté clinique des lieux eux-mêmes, une dépersonnalisation complète y compris pour ceux qui concernent l’intime comme une maison close. Il y a peut-être aussi une pointe d’humour noir dans ces séquences où l’on peut imaginer le cheminement d’un individu de sa naissance au crématorium, finalement, une vie peut se résumer à peu de choses.

Dans la galerie on peut trouver des livres, on notera que Body Shops est aussi un livre, édité par GwinZegal.

L’exposition est visible jusqu’au 17 juin 2011 et vaut le coup.

Le Pavillon carré de Baudouin – Olivier Culmann – Watchers

La semaine dernière, visite du Pavillon carré de Baudouin (121 rue de Ménilmontant) qui exposait jusqu’au 11 Juin 2011 les travaux d’Olivier Culmann de Tendance Floue, récompensé à de nombreuses reprises et notamment pour les série présentées. C’était une exposition  de qualité, gratuite de surcroit, dans un bel espace. Au rez-de-chaussée, l’accrochage est consacré au regard sur une catastrophe avec le 11 septembre 2011 puis décembre 2001 et février 2002 à New York avant de passer à Paris le 4 juin.

Regard sur les egardeurs également à l’étage avec « watching tv » série dont le nom est transparent. Les photographies, prises dans le monde entier peuvent aussi bien être vues comme une travail sur le regard, bien sûr, mais aussi comme une témoignage social à la frontière du documentaire tant les modes de vie, le niveau de richesse transparaissent dans ces intérieurs, entourant un personnage central souvent absorbé par la télévision. En complément de regardeur, la série montre aussi des photographies de télévision dans leur environnement naturel, comme un reportage animalier finalement.

En bref – B: See How We Are

Intéressant :-)

See How We Are

What do you look like as you read this now? Maybe something like this?

from Random Strangers by John Ryan Brubaker

Staring at a monitor in some darkened corner, face lit by the LCD glow, focused on another distant world.

via B: See How We Are.

Facebook a tué le Photoculteur

Facebook a tué le Photoculteur ce matin, virtuellement, en exigeant que le Photoculteur donne son vrai nom avec, à l’appui sa carte d’identité.

On croit rêver. Une demande aussi grotesque ne pouvant recevoir de suite favorable, je fais désormais partie de ceux et celles qui sont débarrassés de Facebook. Comme j’envisageais depuis peu, après des mois d’expérience, de quitter ce service qui ne m’apporte rien de plus que les flux RSS et e-mails, d’une désagréable mesure d’ostracisme nait un bien. Seul hic, n’ayant plus accès à mon compte, je ne peux même pas le supprimer: décidément, voilà un service très bien conçu, comme des fuites de données personnelles l’avaient déjà laisser supposer.  Facebook rejoint ainsi les sites (Yahoo questions/réponses, Wikipédia) que j’avais déjà, par le passé, sous des pseudos divers, hanté de manière intensive avant de mettre un terme à l’expérience, tout comme avec les sites de republication.

En conséquence, ce blog redevient le lieu unique de publication de contenu du Photoculteur et, dans l’attente que Twitter exige à son tour de « montrer ses papiers » (sait-on jamais), chaque publication reste Twitée ;-) J’en ai profité pour ajouter le récent bouton +1 de Google sur mes articles, Google demeurant finalement à mes yeux, en dépit des critiques dont il est l’objet, le meilleur outil ouvert du net.

En bref – VII Photo to close down Network [update] – British Journal of Photography

II Photo has confirmed that its Network of non-member photographers will close down in October 2011, three years and a half after it was launched. The current Network photographers have been asked to re-apply for membership to the VII Photo agency.

Currently, the Network represents Lynsey Addario, Jocelyn Bain Hogg, Eric Bouvet, Andrea Bruce, Stefano De Luigi, Jessica Dimmock, Tivadar Domaniczky, Adam Ferguson, Ziyah Gafic, Ashley Gilbertson, Benedicte Kurzen, Seamus Murphy, Maciek Nabrdalik, Tomas van Houtryve, Donald Weber and Venetia Dearden.

In a statement, the agency says: « VII will enlarge its core membership giving all members equal access to the agency’s services and offering clients full-service support for all photographers on the VII roster. »

via VII Photo to close down Network [update] – British Journal of Photography.

En bref – Centre Iris – Sabrina Biancuzzi

Le centre iris (ici et 238 rue Saint-Martin) que nous n’avions plus fréquenté depuis un moment faute d’y voir clair sur le programme d’exposition (leur site web est, de ce point vue, une catastrophe) montre le travail de Sabrina Biancuzzi jusqu’au 11 juin 2011 (a priori).

Il faut bien avouer que je suis tombé presque par hasard sur l’adresse samedi dernier. Il faut oublier le rez-de-chaussée, mal éclairé et mal commode, pour passer à la cave (fraiche et bien éclairée) qui se prête bien au travail de l’auteur, tout en noir et blanc charbonneux, presque du ressort de la gravure. Si l’effet produit n’est pas à négliger, on en vient malheureusement, parfois, à perdre de vue la photographie pour ne voir que la surface, à savoir la technique très particulière utilisée par l’auteur. Certains tirages néanmoins ne manquent pas d’intérêt et restent accessibles, à moins de 500 euros, à de nombreuses bourses. On pourra utilement aussi visiter son site web (ici), bien fait, qui présente de nombreuses séries dont certains m’ont semblé plus intéressantes que celle exposée cette (et que j’avais vues en 2009 – billet ici).