Arles 2011 – Espace Van Gogh

L’Espace Van Gogh est lui-aussi tout près de la place de la République et hier je suis allé voir ce qui restait du programme mexicain initialement prévu car c’est là que se trouve l’essentiel de ce qui aurait dû être la déclinaison arlésienne de l’année du Mexique.

Commençons par Graciela Iturbide qui est la bonne surprise mais qui souffre d’être coupée en deux entre étage et rez-de-chaussée. A l’étage on voit surtout ses débuts marqués par le portrait: portraits dans le désert de Sonora en 1979 (à la fois typés et datés), Juchitan, quartier de Mexico géré par des femmes seulement (des portraits originaux, plein de grâce et de bizarrerie). Les séries présentées sont un peu courtes et très mexicaines, à part une très brève escapade en fin de parcours. On voit essentiellement des portraits sauf dans « Au nom du père », série consacrée au sacrifice de chèvres, centrée sur le sujet (un vrai massacre d’ailleurs). Après avoir un peu cherché l’escalier, on descend voir la suite qui commence par la salle de bain de Frida (Khalo). Alors là, on peut dire que c’est impressionnant, ces reliques effarantes cernées avec dévotion par la caméra d’Iturbide font presque peur. D coup la suite parait fade, les paysages et petits objets, bref tout parait désuni et de peu de valeur, à l’exception peut-être du jardin botanique qui, comme Frida, n’est vu que par ses perfusions, tuteur et autres supports, une nature sous assistance.

Néanmoins, Graciela Iturbide reste une bonne exposition. A noter aussi que cette année il ne faisait pas un froid polaire dans les salles.

L’autre volet mexicain c’est la révolution (ratée) mexicaine. Incontestablement cette exposition de grande ampleur résulte d’efforts d’investigation notables. Mais, le parti pris de mettre un minimum d’informations sur les murs (et la relative ancienneté des tirages) nuit assez lourdement à la compréhension de ce qui est montré ou simplement même à son identification: pas de frise, pas de carte, pas de repère, tout cela est bien confus et seuls les chercheurs, historiens ou étudiants du domaine en tireront quelque chose.

Pour les badauds, l’ensemble se réduit à un défilé de clichés: combattants en sombrero prenant la pose ou défilant, fiers généraux et dirigeants le torse bombé (ou morts). On voit peu de combats, peu d’artillerie et encore moins les civils. L’absence d’information est telle qu’il devient même difficile, pour un peu, de repérer Villa et Zapata. Vous me direz que de grands cahiers à disposition du public doivent l’aider à s’y retrouver mais qui parcourt une exposition avec un catalogue ou un guide à la main ? Les quelques vitrines, occasion de montrer des objets de la guerre, se limitent à des produits de l’édition et la seule vidéo disponible n’est visible que par une personne à la fois. C’est dommage d’avoir tant de richesses et de les montrer de façon aussi élitiste ou sommaire selon qu’on se farcira le guide papier ou non.

Au final, on retiendra surtout Iturbide.

Cette entrée a été publiée dans Paris. Bookmarquez ce permalien.