Arles 2011 – Premières impressions (provisoires)

Arles 2011 s’impose cette année encore comme l’un si ce n’est le meilleur festival annuel de photographie européen même si Madrid et Copenhague le talonnent.

Par chance, s’il fait chaud, les températures restent supportables (autour de 30° l’après-midi), le ciel s’est un peu couvert (sans pluie) et il y a de l’air: les conditions sont presque idéales pour les visites.

L’organisation et l’encadrement des Rencontres sont rigoureuses et les ratages minimes (une erreur sur des horaires et surtout une exposition supprimée – la n°23 aux Alyscamps). La densité du programme officiel et sa variété restent des atouts maitres renforcés par un OFF où le meilleur côtoie le pire mais où le meilleur dépasse le pire du programme officiel. Une nouveauté cette année, les sondages en français et en anglais, bonne initiative malheureusement mal menée: des questionnaires ne se remplissent pas en libre-service, ils doivent être administrés par une personne qui choisit aléatoirement les interviewés  (comme pour Format à Derby).

Du côté des regrets administratifs et logistiques on regrettera cette année encore la médiocrité du site web tant de l’officiel que du OFF: où se trouve la liste complète et simples lieux des expos avec horaires et jours d’ouvertures et où sont les cartes (GoogleMaps, coordonnées GPS). On regrettera aussi le peu de sièges, bancs et chaises pour se reposer car la route est longue, surtout aux Ateliers et c’est presque une épreuve que de parcourir le site (il y a bien des chaises et chaises longues au café des Ateliers mais pas sur les sites d’expos proprement dits). Autre regret, l’absence de signalétique pour le OFF car même si les sites sont repérables, un peu d’aide serait bienvenue (prenez exemple sur PhotoEspana).

Il faut noter que je plains les visiteurs étrangers: l’information est partout et presque exclusivement en français, situation un peu pénible (si Copenhague avait eu la même démarche j’aurais été dans une sacrée panade).

Enfin,toujours dans la rubrique « pratique », c’est bien d’avoir supprimé les navettes motorisées centre-Atelier mais le dispositif « pousse-pousse » individuel (deux maximum) à vélo aurait pu être mieux indiqué et vu la chaleur habituelle en la saison, il aurait été bienvenu et plus efficace de faire venir quelques véhicules collectifs climatisés à propulsion électrique ou hydrogène. Plus de personnes auraient été véhiculés réduisant d’autant le recours à l’auto individuelle.

Du côté des expositions, le programme assure à tout à chacun d’y trouver quelque chose qui l’intéresse mais le programme officiel reste très hétérogène avec parfois des expositions un peu maigrichonne. Plus gênant, le manque de pédagogie sur des expositions élitistes, soit historique (révolution mexicaine) soit volontairement un peu épicée/ ultra-contemporaine (Atelier de mécanique) ce qui se traduit dans le livre d’or par des protestations (et dessins !) explicites. Au lieu de nous bassiner avec trois pauvres expos cache-sexe sur le thème « éducation », il aurait été souhaitable de mettre en pratique l’effort de pédagogie sur les expositions les plus ardues (médiateurs, dessins cartes et schémas, sites web: divers moyens auraient pu être testés selon les goûts du public). Une exception à noter, l’exposition sur la « valise mexicaine » qui fait de louables efforts en ce sens et le paradoxe est que c’est un musée qui fait l’effort (en France, les musées font rarement des efforts pour le grand public contrairement à la Grande-Bretagne par exemple).

L’articulation entre « officiel », « inscrit dans le dépliant officiel mais pas au programme officiel », OFF, « OFF inscrit dans le programme officiel » et « truc inscrit nulle part » s’est doublé d’un « inscrit dans le programme du FOAM ». Cela commence à faire beaucoup (trop). Pour s’y retrouver, le programme officiel inscrit sur le billet est à voir (même vite), pour le reste (inscrit dans le dépliant officiel, inscrit dans le programme OFF et programme FOAM) il faut faire preuve de discernement ce qui n’est pas facile. Pour ce qui n’est inscrit nulle part, fuyez, aucun intérêt: il y a déjà pas mal de bouses par ailleurs, inutile d’en rajouter.

Je dirais que dans « l’officiel inscrit sur le billet » il y a 20% de bouse et, dans le reste mentionné sur un dépliant c’est 75% de bouse: la difficulté c’est de ne pas rater les 25% de valable dans le hors officiel qui sont parfois extrêmement valable ! Cette année j’ai également pris le parti de ne pas parler sur mon blog des bouses en dehors du programme officiel afin d’économiser mon temps car il est vraisemblable qu’on n’entendra plus parler de leurs auteurs dans les années qui viennent (en tout cas pas à Arles ou alors ce sont toujours les mêmes qui se repointent au même endroit d’une année sur l’autre): ce blog a en effet fonction d’archive personnelle.

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