PhotoMonth 2011- East London – 4ème jour (suite)

Pour la seconde partie de journée, c’est le Victoria and Albert Museum et une exposition dans l’East End sur le chemin du retour vers l’hôtel qui m’attendaient.

Le V&A, j’en avais déjà vu un petit morceau en 2009 quand j’étais venu à Londres, dans le même cadre, celui du Photomonth dans le East End. Cette fois, il s’agissait de Signs of a Struggle: Photography in the Wake of Postmodernism(galerie 38A jusqu’au 27 novembre) qui est un complément gratuit à l’exposition payante Postmodernism: Style and Subversion 1970-1990. L’accès aux musées londoniens est généralement gratuit mais quelques expositions temporaires sont payantes. Comme je n’ai pas de chance, je n’ai pas pu voir la nouvelle galerie de photographie, qui ne rouvrait que le 25 novembre (quand je partais le 22) dont la presse s’est faite largement l’écho (le Daily Telegraph iciet là-aussi avec une interview de Martin Barnes, le Commissaire de l’exposition). Dans ce genre d’exposition à Londres il y a un plus c’est que les cartels sont clairs et didactiques et que les gens ne vous bousculent pas  et ne font pas de commentaires à deux balles en beuglant.

Helen Chadwick (avec one flesh) réunit photographie, carton et photocopie pour une mère à l’enfant moderne et baroque avec un encadrement en forme de toit tandis que David Hockney accueillait le visiteur dans son dos avec une photographie montrant côte à cote un tournesol et une peinture maladroite de tournesol. Puis venait Richard Prince avec évidemment un cowboy.


Sarah Charlesworth (avec garden of delight) montre un diptyque avec des objets rephotographiés (issus de livres) sur fond laqué uni tandis que Jonathan Lewis montre l’image d’une boutique de luxe pixelisée à outrance (le « truc » est connu, j’ignore s’il est précurseur).
James Casebere photographie les petits univers qu’il sculpte et présente en lightbox (pour ma part je me souvenais surtout de ses sous-terrains abandonnés envahis d’eau) tandis que Jan Groover montre une nature morte d’objet de plâtre en camaïeux gris-rouge. James Welling était présent avec un petit drapé noir et blanc au palladium alors que pour ma part j’en avais surtout vu l’œuvre colorée (ses fleurs et travaux d’architecture – billet ici). Venaient ensuite Olivier Richon et surtout Marcel Broodthaers dont j’apprécie l’humour surréaliste (vu à Strasbourg avec sa casserole de moules – billet ici) et qui montrait cette fois la soupe de Daguerre, un ensemble de petites vignettes de légumes propres à faire la soupe (tomate, carottes, etc) et quelques poissons.

Lorna Simpson exposait un diptyque noir et blanc de femmes de dos avec des textes, si l’on en croit le cartel, évoquant les lois américaines sur les quotas. Karen Knorr (dont je connaissais surtout les animaux dans des espaces clos privés – billet ici et les portraits – billet ici) montrait une vue … du V&A (Cast Courts – les salles des moulages 46a et b) avec un type au gros livre; le titre est dans un cartouche doré fixé sur le cadre (comme au musée). Sarah Pickering (que je connaissais pour ses explosions) montrait un petit noir et blanc de (fausse) sculpture égyptienne avec un faux titre (salted paper print circa 1852-1860).  Ann Jones ne manquait pas d’humour avec deux photographies d’objets très agrandis, sous boite, avec un carton de légende fumeuse un peu comme s’il s’agissait d’objets issus d’une ancienne civilisation (des oeuvres données par Martin Parr, en passant, merci à lui !). Tess Hurrell montrait une bombe atomique en noir et blanc faite en coton et talc.


Je passe rapidement sur Clare Strand (reconstitution de photographies de police déjà vues à Madrid – billet ici), Jeff Wall (vu et revu à de nombreuses reprises et dernièrement à Bruxelles – billet à venir), et Cindy Sherman (vu et revues aussi dont très récemment à Madrid – billet ici).

Avec Sarah Jones on reste dans l’univers de la mise en scène avec trois adolescentes en très grand format couleur rêvant devant une magnifique soupière dans un beau salon, une invitation à imaginer la suite. Ann Hardy a aussi soigneusement organisé la scène avec des
ballons colorés et cigarettes dans son atelier comme les vestiges d’une fête. Calum Colvin m’a fait fait penser à Georges Rousse dans le principe puisqu’il peint des objets de telle sorte que sous un certain angle la photographie des objets peints dessine un motif, en l’espèce un portrait là ou Rousse privilégie des formes géométriques.
Sian Bonnell utilise de petits moules à gâteaux retournés et superposés dans l’herbe pour former une (petite) colline (série Putting Hills in Holland) tandis que Keith Amatt produit une sorte de lever de soleil avec une vieille canette.

David Shrigley plante un sachet de graines de carottes dans un jardin de cactus. Autre incongruité avec John Kippin dont le bateau échoué est observé par une caravane sur la plage  ? Non, le cartel nous apprend que le titre inscrit sur l’image (nostalgia for the future), est en fait une référence au déclin industriel britannique, pas vraiment de clin d’œil finalement.

John Pfahl montre une chute d’eau manipulée dans l’esprit « picturesque » (du 18eme siècle anglais) avec toutefois une bande de pixels montre que  c’est  un « faux ». Dans le même esprit, Peter Kennard insère des missiles dans un tableau de Constable (the hay wain la charette de foin, un tableau très célèbre outre-Manche visible à la National Gallery) en réponse à un dépliant du Gouvernement anglais vantant l’intérêt d’implanter un centre de missiles américain dans l’East Anglia.

La visite se terminait avec Tim Head dont le diasec grand format montre des saletés colorées flottant sur l’eau, du plus bel effet.

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