Paris Photo, Fotovever, Nofound, Photo Off et autres – ça fait beaucoup

On connaissait le cas avec la FIAC, et on y a droit maintenant avec Paris Photo: la multiplication, non des pains, mais des foires et manifestations satellites (d’aucuns diront parasites, à tort). Paris Photo était de loin la foire à ne pas rater au cours ce long week-end, en dépit d’un caractère très « usine » (impersonnel, immense, encadrement du bétail avec des barrières, etc) et du prix dissuasif pour les petits budgets: la qualité muséale de certains stands, la présence de toutes les pointures internationales, la variété des types et des époques qui couvrent à peu près tout à l’exception de l’Asie en font une manifestation d’exception et chacun selon ses goûts y aura trouvé son bonheur. La visite ne s’impose pas chaque année, le paysage ne changeant pas  du tout au tout d’une année sur l’autre, mais un passage de temps en temps s’impose.

Pour le reste, les trois manifestations parallèles se positionnent de façon très diverses. Plus petites et moins chères elles sont plus « humaines » mais chacune a sa personnalité. Nofound lorgne franchement du côté de l’art contemporain avec ses travers (stands ultra dépouillés à tout point de vue voire anémiques, « provocation » visuelle souvent gratuite, etc) mais certaines galeries restaient sur une voie plus accessible au grand nombre et aux amateurs de photographies. Photo Off présentait un ensemble très homogène, très chaleureux du fait des lieux, effectivement tourné vers la photographie contemporaine mais ne s’approchant pas de l’art contemporain mais il faut bien le dire, si chacun fait de son mieux et présente un ensemble satisfaisant, le faible nombre d’exposants est un peu pénalisant. Du côté de Fotofever, on penche cette fois vers une approche plus commerciale (avec force diasec, et des galeries qui sont pour certaines des sortes de « supermarchés » de la photo sur le web) et vers une grande hétérogénéité dans la sélection qui permet de voir surtout du bon mais aussi du vraiment mauvais.

Ces trois manifestations sont difficilement compatibles (les lieux et les orientations sont distinctes) mais il faut bien avouer qu’en picorant le meilleur des galeries présentes dans ces trois manifestations (une demi-douzaine au moins dans chacune, plus encore en donnant des orientations aux galeries) on pouvait faire un Emergent Paris Photo de très grande qualité avec 20 à 40 galeries.

Mais ce n’est pas fini car plusieurs manifestations se tenaient (tiennent) plus ou moins en même temps. Photoquai et les Rencontres du 10ème arrondissement dont la réputation n’est plus à faire, l’un et l’autre s’établissant dans des lieux multiples dont certains pendant plusieurs semaines, le 1er étant officiellement terminé depuis le 11 mais se poursuit de fait et le second durant jusqu’à début décembre. On peut aussi évoquer Révélation 4 désormais réduit à 12 exposants et les manifestations plus spécifiquement liées aux livres.

Tout cela fait beaucoup et je ne suis pas sûr que l’amateur s’y retrouve, et encore moins le grand public, alors même que tout au long de l’année le programme parisien  est fort mince et invite l’amateur chevronné à parcourir l’Europe pour y voir du neuf plutôt que d’arpenter les rues de Paris.

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