Maison européenne de la photographie (MEP) – Programme d’hiver 2011

Comme j’en ai pris l’habitude désormais je visite la MEP par petits morceaux et c’est parfois une  surprise car l’accrochage est partiellement renouvelé de temps à autre alors que les expositions principales, quant à elles, perdurent. C’est ainsi que j’ai découvert que Vincenzo Castella et Jose Medeiros avaient déjà cédé leur place. Le 1er montrait, en bas, les toits de Turin en diasec, quelques immenses panoramas (de Turin) et aussi des petites autos ce qui est somme toute normal quand on se rend compte que la plupart des photographies tournent autour du nouveau musée de l’automobile à Turin. Dans l’espace vitrine se trouvait le second, titré Candomblé, avec d’impressionnantes photos noir et blanc réalisées en 1951 au Brésil avec les détails d’une cérémonie d’initiation de jeunes femmes un brin sanguinolents avec sacrifices d’animaux et scarifications. Lors de la deuxième visite ces travaux étaient malheureusement remplacés par des vidéos de Kitsou Dubois, des acrobates de Quentin Bertoux et des photos aquatiques de Zir dans le cadre de « @rt outsiders » si j’ai bien compris.

Dans les étages se tenaient les expositions majeures avec d’abord Klein et Rome qui montrait un peu de tout depuis de la street photography jusqu’à de la photo de mode. L’exposition consacrée à la photographie albanaise est une étrangeté (qui se soucie de l’Albanie et de sa photographie ?) mais finalement, le caractère suranné des photographies (qui couvrent la période 1860-1945 environ) et leur intérêt ethnographique l’emporte. L’exposition de portraits de célébrités artistiques par Martine Franck ne m’a pas emballé, ayant peu d’appétence pour les stars, quel que soit le domaine où leur talent s’illustre.

Une autre salle est consacrée à Fotorio et surtout à trois photographes qui participaient à ce festival. Fernanda Magalhães s’intéresse aux grosses femmes nues, Rogério Reis exposes des photos de baigneurs avec ronds ou barres sur les visages à la Baldesari. Le plus intéressant à mes yeux est le travail de Edu Simões qui produit une typologie de la gamelle d’ouvrier, vue de dessus très sobre, et dont le contenu trahit le « rang » de son propriétaire: il y a quelque chose d’émouvant dans cet objet modeste et ces repas simples préparés on l’imagine avec peu de moyens et beaucoup de tendresse et il  ya aussi un effet presque « graphique » dans cette répétition d’éléments dépouillés aux formes élémentaires.

Ces expositions principales sont achevées depuis le 8 janvier et dans l’intervalle ont  été aussi exposés dans les espaces périphériques, et peu de temps (du 21 décembre au 8 janvier), Andréas Mahl (vu au centre Iris – billet ici) et Marc Fumaroli que je ne suis pas allé voir étant un peu las de ces accrochages à la va vite. Le nouveau programme s’affiche à compter du 18 janvier 2012 et poursuivra notamment la piste brésilienne ouverte avec Fotorio en puisant cette fois dans la Collection Itaú; il se poursuivra jusqu’au 25 mars 2012.

Cette entrée a été publiée dans Paris. Bookmarquez ce permalien.