PhotoEspaña 2011 – ICO

Il est temps de revenir sur PhotoEspaña 2011 qui se tenait l’été dernier, pour achever la série d’articles déjà engagée.  ICO présentait comme l’année précédente une exposition mémorable (et gratuite) mais hélas un peu trop axée à mon goût vers l’art contemporain.

Le sujet était « Le pouvoir du doute » et le bal commençait Adel Abdemessed qui vit et travaille à Paris. L’artiste, qui utilise de nombreux médias et est représenté dans les collections les plus prestigieuses, montrait là quelques photographies représentant des scènes improbables dans la rue: lion (illustration ci-dessous en provenance de son galeriste David Zwirner), serpent, âne et squelette s’y côtoient, de même qu’une femme portant un homme.


Shaun Gladwell présentait deux vidéos se faisant face d’un soldat filmant le regardeur, une sorte de curieux miroir. Din q restait dans un registre guerrier avec un film en image s de synthèse d’hélicoptères tombant à l’eau et montrait une photo faite de tissées un peu comme au teatro colon. Univers militaire toujours pour un film de Shahzia Sikander en plan fixe de plusieurs minutes sur des groupes de musiciens militaires. Moins militaire et plus « cinéma noir », tel est le style des photos de Wong Hoy Cheong en noir et blanc de nuit avec types armés et meurtres « dans l’air », corps sobres et « léchés ».

Retour à la vidéo avec Tsang Kin-Wah dont les phrases écrites défilant en tout sens vont jusqu’à noircir l’écran puis a disparaitre a nouveau. Nedko et Dimitar Solakov nous ramènent à la photo avec de jeunes musiciens et leur univers, qui n’est pas trash, avec commentaires au feutre directement sur le mur d’expo. Wangeshi Mutu est quant à lui plus trash avec ses encres et collages de perles pour des portraits à la Arcimboldo. Thierry Fontaine produisait des grands formats photographiques réalisés en extérieur de corps ou visages enduits de glaise ou de plâtre parfois comme un masque orné de coquillages. Dan Perjovschi couvrait un mur entier de dessins à la craie, certains effacés et de multiples photos en petits formats couleurs de graffiti effacés. Hamra Abbas exposait une femme nue sur un autel lavée par une autre (série paradise bath), comme un film en 9 images ainsi qu’une série panoramique (le Bosphore ?).

Pak Sheung Chuen exposait  des photos dans une totale obscurité, le regardeur est invité à faire des photos lui même pour les voir. Du Zhenjun montrait de grandes tours de babel presque en noir et blanc surchargées de détails. Jiang Zhi reste dans ces mêmes grands formats pour des personnages comme portés par un rayon lumineux ou allongé avec un casque de cosmonaute et des  feux de bengale. Sun Xun clot la visite (dans la mezzanine) avec une installation en tissu peint et une film d’installation.