PhotoEspaña 2011 – Instituto cervantes

Poursuite de la reprise si j’ose dire, avec l’Instituto Cervantes qui présentait en 2011 encore pour PhotoEspaña un programme de grande qualité avec des images saisissantes issues de photographes des Amériques, souvent inconnus de ce côté des Pyrénées, dans une grande diversité de sujets et de modes d’expression.

Ce que montrait Leo Ramirez étaient extrêmement impressionnant, presque douloureux à regarder, surtout dans ces très grands formats et en plan rapprochés: les lèvres cousues de détenus au Vénézuela. Daniel Baca explorait les bureaux et intérieurs modernes décrépis tandis que Eunice Adorno se concentrait sur les mennonites, une communauté fréquemment objet de reportage, et plus spécialement ici sur les femmes. Ernesto Muniz exposait par terre avec une sorte de tapis orné de motifs religieux tirés de graffiti.  Jose Luis Rodriguez Maldonado montrait des déplacés revenus sur le lieu de leur vie passée, au milieu de ruines rendues à la jungle, des portraits en pied empreints de tristesse où les regards se perdent hors champ. Alvaro Villela travaille le portrait aussi, en grand format noir et blanc et a retenu le sujet des noirs brésiliens traités sur fond noir. Pedro Motta exposait de rudimentaires châteaux d’eau posés au milieu de rien, en noir et blanc, comme des totems.

Mayerling Garcia a retenu de petits paysages tandis  que Ricardo Barcellos montrait un film énigmatique en noir et blanc où un rideau bouge.
Santiago Hafford tirait le portrait de bidasses argentins en situation ridicule. Diego Levy a choisi des voitures accidentées en pleine ville sans personne dans les parages en grand format couleur, comme des  sculptures contemporaines posées là. Il montrait aussi des vidéos de vieux boxeurs mimant des combats, un spectacle intriguant où se mêlent pitié et admiration mais aussi ridicule et tristesse.

Pedro Linger reste dans une veine violente, décidément très représenté0s dans les photographies de cette sélection de photographes des Amériques, avec l’exhumation de corps au Salvador avec des os et des vêtements. Ce n’est guère plus engageant du côté de Myriam Meloni en Argentine avec des portraits hallucinés, hlm et cimetière évoquant les victimes du « paco » (une pâte de cocaïne dans le jargon local).

Mauricio Palos livrait un reportage (portrait, paysage – visible ici) pour expliquer pourquoi l’Amérique du sud reste une terre d’exil. Juan Toro consacre ses panoramiques aux meurtres à Caracas avec une femme montrant sa carte d’identité, une trace de sang et le corps à la morgue.