PhotoEspaña 2011 – Les galeries – Partie 1

Il est temps de conclure cette série d’articles consacrée à PhotoEspaña 2011 avec les galeries car l’une des particularités de cette manifestation c’est d’associer étroitement les galeristes privés du cru.

La Galeria Leandro Navarro, qui n’est pas spécialisée en photographie, exposait (dans l’entresol), le travail de Roberto Gonzalez Fernandez intitulé La escalera de Jacob (l’échelle de Jacob). Une évocation du songe biblique en une dizaine de tableaux de collages photographiques contemporains.

Arana Poveda exposait une réalité brutale sous le titre sicarios par Javier Arcenillas, une plongée en noir et blanc (mais brève) dans le crime (spécialement l’assassinat commandité) au Guatemala  servie par une mise en scène adéquate au sein de la galerie (série récompensée d’un SONY World Press Photo Award en 2011).  Magda Belloti montrait le travail de Jorge Yeregui, paisajes minimos, de grands diasec couleur de petits paysages, souvent un arbre dans un jardin intérieur d’immeuble: un travail finalement surprenant de montrer ainsi une nature réduite et emprisonnée. Guillermo de Osma, comme chaque année montrait dans son appartement cossu des pièces de niveau muséal, en l’espèce datées des années 30, de provenance internationale et traitant essentiellement de la sphère industrielle afin de rendre hommage et accompagner les photographies et le livre (Métal) de Germaine Krull qui constituait le cœur de l’exposition.  Parmi les accompagnants, on citera: Ilse Bing, Alemany, Stoker, Yagaki, Vandor, Terradas, Scheel, Zwart, Klucis, Kotelnikov et Moholy-Nagy. La galerie s’est même fendue d’un catalogue ce qui je l’avoue est plutôt exceptionnel et en dit long sur l’engagement exceptionnel de la galerie.

On revient à des choses plus légères avec Alexandra Irigoyen qui présentait des oeuvres de Ouka Leele (Bárbara Allende Gil de Biedma), en l’espèce des portraits souvent colorés et décalé d’artistes de cirque sur fond de toile noire.

A la fondation Once, dans la salle Cambia de sentido, on trouvait Rafael Sanz Lobato (six portraits masculins noir et blanc) et Cristina Garcia Rodero (de grands portraits noir et bien d’éthiopien, certains priant), rien de transcendant pour le coup alors que le 1er a été récompensé en 2011 par le Ministère de la Culture espagnol du Premio Nacional de Fotografía et que la seconde vient de Magnum. C’est comme ça, parfois il ne se passe rien. Il se passait des choses par contre chez Rafael Perez Hernando Arte que je visite chaque année. La photographie n’occupait qu’une faible partie de la surface, au sous-sol, avec le travail de Victor Stamp, colonial exhibition, dont on ne sait d’ailleurs s’il s’agit vraiment de photographie. En tout cas, cela se présentait comme une longue série de photographies noir et blanc de très petit format à caractère pornographique mais suffisamment détériorées pour que la pudeur du visiteur ne soit pas trop chahutée. Les titres en français (l’ivoire, l’ébène,etc) ne renvoient pas directement à  ce qui est représenté… Très sexe encore chez Elvira Gonzalez mais pas seulement car si l’exposition de 31 tirages de sélectionnés par Almodovar compte de multiples nus masculins très sexués (!) il y a aussi quelques fleurs en noir et blanc et une belle tulipe (en couleur). Cette exposition est d’une qualité muséale et c’était très impressionnant de voir une telle accumulation d’œuvres de Mapplethorpe en un même lieu. une exposition exceptionnelle. Grosse déception en revanche pour la Galeria La Fabrica qui montrait 5 pauvres tirages en grand format couleur de taudis namibiens par Montserrat Soto, c’était un peu mince. Un peu maigre aussi les lieux modestes de Concha Pérez chez My name’s lolita art.

La suite et la fin des galeries et de PhotoEspaña 2011 à venir dans les prochains jours.