PhotoIreland 2011 – 1er jour

J’avais trouvé la 1ère édition de PhotoIreland en 2010 un peu décevante et, surtout, c’est le contraste entre le battage sur le web et la réalité qui m’avait été un peu pénible. Néanmoins, c’était la 1ère édition et j’espérais mieux pour la seconde. De fait, comme je l’avais appelé de mes vœux, la diaspora irlandaise avait été appelée à la rescousse pour  l’édition 2011 et une exposition remarquable était ainsi due à la générosité d’un riche américano-irlandais, en parallèle, les jours et horaires d’ouvertures ont été étendues et harmonisés et globalement on se cassait moins le nez à la porte que l’année précédente, enfin, le battage médiatique est devenu plus raisonnable, plus en phase avec les ambitions de l’événement et c’est très bien.

Pour le 1er jour, et le 1er regard, c’est à la Temple BarGallery+Studio que je me suis rendu, un lieu visité l’année passée avec cette fois 3 auteurs utilisateurs de photographies plutôt que photographes, pour Versions and Diversions, curatoré par Karen DowneyMaurizio Anzeri (chez Saatchi ici) présentait un travail très original de broderie sur photographie, les figues ainsi formées, souvent de nature géométrique, redéfinissant totalement ce qui était donné à voir. Étonnant. Mariana Mauricio (son galeriste ici) détournait aussi des images anciennes altérées ou tachee, qu’il retravaille avant de les photographier à nouveau et les imprimée. Ruth Claxton enfin maltraite aussi l’objet photographique en découpant  des cartes postales en fin lambeaux: ils surgissent ainsi de l’image formant une sorte de scultpoure minuscule en saillie de la photographie, un travail là-encore d’une grande originalité.

La Gallery of Photography présentait un programme plus traditionnel sous le titre The long view. C’est, là-aussi, un lieu que nous avions visité l’an passé et qui est doté d’un coin librairie (assez modeste au demeurant, on y trouve même pas les numéros anciens de Source ce qui est bien dommage vu les frais de port astronomiques que pratique le magazine). Anthony Haughey montrait de grands formats en couleur de maisons inachevées suite a la crise qui frappe l’Europe et et l’Irlande. Les photos sont réalisées le soir ou le matin ce qui leur confère une ambiance particulière mais il s’agit surtout d’éviter les gardes qui patrouillent… pour éviter les gardes. David Farrell (je ne sais pas si c’est son site ici, je n’ai pas trouvé la série présentée) présentait small acts of memory, de petits et grands formats en couleur de sous-bois, à la recherche de restes de personnes tuées pendant la guerre en Irlande du nord. On ne voit aucun corps mais de la terre grattée, des lignes de marquage comme on en trouve sur des chantiers. Paul Seawright poursuit dans la même veine avec conflicting account consacrée aux traces de la guerre en Irlande du Nord, avec des murs aux graffiti recouverts, des blocs de bétons, etc. Richard Mosse montrait the fall, de curieux restes d’avions, dans la neige le plus souvent, une série que je ne connaissais pas car Mosse est devenu célèbre avec une autre série, Infra, réalisée en infrarouge (Kodak Aerochrome) dans le Kivu. Donovan Wylie (de chez Magnum) montrait british watchtowers, des tours de surveillance anglaises en irlande du nord, en partie détruites de 2003 à 2007, et vues d’hélico: c’est très surprenant à voir, on imagine difficilement que de telles tours aient pou exister en Europe contemporaine ! Enfin, Jackie Nickerson avec gulf nous emmène loin de l’Irlande pour le Golfe où elle montre la coexistence des traditions et de la modernité.

Pas très loin dans Temple Bar toujours, chez Film Base, on trouvait pas mal de revues traitant de photographie dont next level, Capricious, Photoraw et Contrast (qui est un magazine français que je connaissais uniquement via son site web) qui valent la peine d’être vus.

La Grey area gallery 53 est un appartement auquel on accède par un petit escalier depuis un magasin. Elle montrait le collectif Arcadia; disons que l’intérêt de la chose est surtout local. Le site du collectif est extrêmement lent et mal fichu si bien qu’on ne trouve rien à part le nom des auteurs et encore.

Je nourrissais davantage d’espérances avec The complex qui occupait, à l’époque, un vaste espace sur Smithfield Square. Dans l’intervalle, ils se sont fait déloger par un Tesco donc on verra en 2012 où ils s’installent. Le principal espace était occupé par Ostkreuz, de la belle photo mais l’éclairage était catastrophique et on ne pouvait associer les images à leur créateur, on devait se contenter de la liste des noms du collectif… Seechange est une sorte de dialogue a 6 qui s’est institué après avoir une photo d’amorçage sur un forum. Les photos ne sont pas encadrées et sont affichées un peu en désordre, une feuille permettant de les attribuer à qui de droit. Parmi les 6 auteurs, 4 seulement un site web et au final aucun n’est vraiment convainquant. C’est un projet par Pretty Vacant Dublin qui monte des expos dans des lieux inoccupés.

La catedral titrait sur Royal wedding, comprenez par là que le «Royal wedding» est une illustration possible du bonheur (richesse, vivre dans un palais, prince charmant, etc) et que c’était le sujet de l’exposition. Contrairement à l’an passé, et même s’il faut sonner, je ne me suis pas cassé le nez plusieurs fois avant que l’on m’ouvre et, en plus, cette version 2011 était plus concentrée (5 artistes) avec un panneau d’explication pour chaque auteur et c’est ainsi beaucoup mieux.  En revanche, il s’agissait de diapos dont je ne suis pas fan car c’est un peu long tout ça et qu’on ne peut choisir de passer plus vite ou s’attarder sur une image. Il n’en reste pas moins que les travaux présentés étaient vraiment dignes d’intérêt. Hannah Jones montrait une journée en Grande-Bretagne et Maria de la Iglesia le East London tandis que Jonny Cochrane arpentait  au contraire les quartiers huppés en en montrant le détail qui tue et la laideur. Simone Massera choisissait de montrer ds clichés extraits de vidéoschats (I am not what you see and hear), des visages laids et des pièces vilaines.  Je passe sur la vidéo de Samuel Bland pour terminer avec Teresa Cos qui nous dit en photographie qu’au-delà des grands moments et des grandes chose saisies dans les musées il y a aussi des petits choses qui valent la peine. Une exposition sympathique du collectif Five Eleven Ninety Nine :)