PhotoIreland 2011 – Sebastian Guinness Gallery – 3ème jour

L’été dernier, c’est curieusement à Dublin qu’il fallait aller pour voir de la photographie mexicaine car, aléa diplomatique aidant, la France, et Arles, se trouvait largement privée des expositions attendues pour l’année du Mexique. C’est à PhotoIreland, à la Sebastian Guinness Gallery qui avait emménagé à Connaught House (une vraie galère à trouver) que se trouvaient exposés 25 photographes mexicains d’importance sous le titre « Mundos mexicanos: 25 Contemporary Photographers ». La salle immense au sol bétonné abritait quelques oeuvres de chaque artiste, parfois une seule.

Parmi ceux-ci, quelques uns déjà vus:  Dulce Pinzon, Graciela Iturbide et Maya Goded vus à Arles (à l’atelier des Forges, billet ici) ainsi que Gerardo Montiel (billet ici) quant Dante Busquets c’est à Madrid qu’on l’a vu (billet ici) et enfin Livia Corona on l’a vue à Paris (billet ici) de même que Daniela Edburg (avec un mélange de scène paisible et d’une catastrophe atomique qu’on avait déjà vue sur le web et, depuis, chez Bailly, billet ici).

Marianna Dellekamp montrait un diasec géant de livres blancs dans une bibliothèque blanche,  Edgar Rolando Martinez, 4 portraits de famille avec en surimpression inquiétante un visage aux yeux rouges, Patricia Ardis des scènes de morgue presque désincarnées en petit format noir et blanc. On trouvait aussi  2 tirages de Fernando Montiel  et 4 évocations d’une disparition avec de très petits formats noir et blanc (robe, chaussures, etc) par Cannon Bernaldez. Gerardo Suter exposait un  diasec de grand format, une main sur un corps tandis que Ruben Ortiz Torres produisait une série de photos « amusantes » (le passé n’est plus ce qu’il était). Gabriel Figueroa Flores gratifiait le visiteur d’un seul grand format noir et blanc, un monastère du mont Athos.

Yolanda Andrade montrait 2 photos colorées et notament une chambre aux murs verts et au lit jaune. Federico Gama nous ramène encore à une dure réalité avec tatouage, flingue et branleur, 3 noir et blanc de la serie top model avec texte inclus.

Lourdes Grobet revient sur un sujet très classique de la société mexicaine, les catcheurs mais ici ils sont en tenue chez eux ou ailleurs mais pas sur le ring. C’est kitsch. Marco Antonio Cruz travaille un classique non pas mexicain, mais un classique de la photographie en général, celui des aveugles avec un œil, un aveugle, des aveugles, en petit format noir et blanc. Carlos Cazalis avec sa série kamagasaki se penche sur la vie urbaine avec 4 images dont 3 de sans emploi. Pedro Meyer avec sa série en grand format couleur (le pinceau de l’appareil photo) produit un effet peinture à partir de photo, c’est peu convainquant et digne des filtres bon marché de Photoshop. Francisco Mata montrait 3 portraits en pied colorés sur fond gris et Eniac Martinez lui répondait avec 3 formats panoramiques noir et blanc d’indiens à plumes, entre autres.

Yvonne Venegas montrait lui les fiancées les plus belles de basse Californie, en robe, en soirée, bébé, à la maison, une série qui tranchait avec celle de Lorenzo Armendariz (le champ de la douleur), 3 noir et blanc mystérieux et sombres dont un panoramique de porteurs en file indienne, et une vieille femme.

Cette exposition était l’une des plus réussie de PhotoIreland 2011.