Format 2011- Derby – University of Derby – Partie 9

On termine la visite de ce Format 2011 à Derby avec l’université que j’ai cru fermée (j’ai failli repartir – les portes fonctionnent étrangement) alors même qu’elle accueillait un nombre non négligeable d’auteurs.

On commence au rez-de-chaussée avec John Angerson qui montre Terminal Transit, un voyage immobile et en noir et blanc dans les aéroports. Renhui Zhao montrait une tenue de camouflage « parfaite » (truquée – ci-dessous) contrairement à Liu Bolin son fameux compatriote qui se fait peindre par des assistants.

Stephen McLaren montrait (encore) de la street photography, des images colorées et amusantes réalisées à Londres (je suppose), certains tirages sont en tout cas tirés de sa série Coupling. Andrew Glickman préférait la foule des banlieusards dans le métro à Washington. Jack Simon aborde le thème, éculé à mon avis, des réfections. Nicolo Sertorio montrait un extrait de sa série passages, des diasec de routes vides le plus souvent, très léchés. Et avant de passer au 1er étage, on regarde le travail de Schinster, de la street encore, en foule ou en solo, en petit format couleur classique ou en diasec.

Au 1er étage, on commence avec Karen Fraser et ses posters d’enfants au visage couvert d’une pastille rouge (série parental permission denied), pastille qui évoque aussi bien celle que l’on trouve en galerie pour signifier la vente d’un tirage que, pourquoi pas, les pastilles de Baldessari ;)

Laurence Stephens montrait shelf life (série qui n’est pas visible sur le site de l’auteur), les couleurs pétantes de supermarché, les caddies pleins, les rayons saturés, du Parr l’humour en moins. James Royall avait choisi des vues simples et rurales prises depuis le train de la plus petite compagnie du monde.

Au second étage, on commence avec John Darwell et 36 photos de sacs poubelles noués et pleins de merde de chien, en pleine nature, tels qu’il les voit lui-même en promenant son toutou. Alessandro Marchi avec Floating Across Possible Breakdowns montrait un peu de tout, des coins moches, un peu usés, abandonnés peut-être, au Kazakhstan. Harri Pälviranta avec Battered montrait des portraits de nuit de gens au visage abimé et bien saignant car l’alcool aidant, la longue nuit hivernale de Finlande est propice aux bagarres. C’était très impressionnant: on est peu habitués finalement au sang en dehors des contextes d’accident et de guerre. Toby de Silva nous laisse dans la violence mais la traduit tout autrement dans The Perfect Place to Die, la forêt de Aokigahara au pied du Mont Fuji est en effet un lieu privilégié pour se suicider et le photographe en donne une vision tout en allusion avec des paysages brumeux, un emballage de couteau, une cigarette « hope », une statue de divinité, un homme seul sur le bord de route. Un travail puissant qui ne laisse pas indifférent et auquel on pense encore après avoir quitté les lieux.