BIP 2010 – Liège – Mamac

Et voici venu le dernier article sur l’édition 2010 de la BIP à Liège avant s’en reparler très bientôt pour l’édition 2012. Le MAMAC présentait une imposante exposition, comparable à celle de B9 et que pour ma part je n’aurais pas imaginé voir à Liège.  A une exception près il s’agit de photographie (et non de vidéo).

Geert Goiris montrait un impact géant dans l’eau (une seule photo) tandis que Patrick van Roy montrait de dégoutants pigeons éclatés et 9 portraits d’ados, chacun composé de la superposition de 3 gars et d’une fille.

Francois de Coninck avec la série la chute d’icare exposait un type un peu abimé (il l’a cherché aussi: il porte un t-shirt i love your wife )et  3 petits portraits noir et blanc de Freud identiques à l’accessoire tenu près (cigare, pistolet, rien). Jouko Lehtola avait choisi un diasec géant de l’avant détruit d’une auto et aussi le fameux chien la gueule ouverte sur fond uni rouge pétant. Le Collectif smoke avait réalisé une gigantesque mosaïque de 7 photographes, on pourra voir leur site pour découvrir leur nom.

Martin Schoeller montrait 5 formats géants de femme bodybuildées en soutien-gorge sur fond blanc. Impressionnant et laid. J’avais déjà vu son travail à Londres en 2009 (je suis très en retard dans mes billets ;-) et je l’ai revu depuis; il a aussi photographié, et c’est cela que j’avais vu à Londres, des politiciens (du cabinet Obama je crois). Il a aussi photographié toute sorte de stars, jeunes ou confirmées depuis Emma Watson et Katy Perry jusqu’à Clint Eastwood. Roger Ballen est aussi un photographe dont j’ai vu et revu le travail aussi bien à Bruxelles qu’à Cracovie où Arles et Paris (à la MEP, billet ici). Son style est reconnaissable entre tous et on ne peut que rester fasciné par ses photos la 1ère fois qu’on les voit. Ici, il s’agissait de 15 photos de blanc pauvres et crasseux dans des mises en scène improbables. Olivier Culmann montrait 12 tirages de la série téléspectateurs, formats carrés que j’ai vus depuis à Paris (billet ici).

Laure Bertin choisissait des photos de fenêtres éclairées la nuit et Agnes Geoffray restait dans la nuit avec de minuscules photos de nuit, des gens en bleu, des lieux en vert. Des enfants, des couvertures. On dirait des plans tirés de je ne sais quel film d’horreur.

Anke van Iersel occupait tout un mur et 4 autres dont la « blonde qui ferme les yeux » (qui illustre le catalogue je crois) a priori il s’agit de la série complete me (65 photos). Frais et surprenant, voilà qui change (en bien) de la photographie intello et torturée.

Achim Lippoth qu’on a revu à Paris depuis (billet ici) montrait un ensemble troublant: des enfants tout blond en groupe, habillés de manière uniforme et sobre, le visage souriant, fiers et photographiés en contre-plongée, voilà qui suffit à évoquer les pires heures de régimes totalitaires. Pourtant, les images ne manquent pas de séduire, sont modernes et contemporaines et aucune idéologie nauséabonde (me semble-t-il) ne sous-tend le travail de l’auteur.

New catalogue(Luke Batten et Jonathan Sadler en réalité), déjà vu sur le web, montrait preppy girls with bb gun (intraduisible – peut-être lycéenne coincée et pistolet à air comprimé ?). En provenance de la galerie Kaune, 12 photos sur le même modèle, une fille et son flingue ou une cible, comme s’il fallait ilustrer un catalogue. Il y avait une autre série (big ten co-ed with ski mask) qui valait aussi son pesant de cacahouètes. A ce que j’ai compris, les preppy girls désignent les jeunes filles qui fréquentent des prépas en vue d’intégrer les meilleures universités, de préférence de la côte Est des Etats-Unis. Catherine Vernet exposait 4 grands portraits sombres de gens assis, leur mobile à l’oreille, qu’on a revu plus tard à Paris (billet ici). Melissa Desmet avait retenu 3 autoportraits dépouillés sur fond amande mais son site n’est qu’un blog pas actualisé depuis 2 ans et la dernière expo remonte à novembre 2010 (avec le collectif 20X) donc il est à craindre qu’elle ait quitté le métier.

Joyce Vlaming montrait des cellules d’isolement vides, graffitis ou non. C’est sobre, pour le moins. A l’inverse, Ed Templeton, skater désormais quadragénaire et photographe, montrait un mur d’images (vérification faite son travail est le plus souvent exposé ainsi) dans des cadres en bois clair, avec au programme des ados se livrant à des activités d’ados. Michel Mazzoni mélangeait de grands et petits formats de lieux divers. Brice Bourdet présentait sa série d’inclinaisons à 45° qui ne m’a pas déplu du tout.

Nathalie Noel, dans une même veine qui ne se prend pa la tête, exposait des des boules à neige minuscules contenant un objet (maison, auto,…). Claudia Passeri faisait dans le subversif léger avec des photos de camera de surveillance d’un ascenseur où les passants étaient invités a s’embrasser (série Kësst Lech – embrassez-vous). Enfin , Laure Vasconi produisait des portraits diasec a la façon Canal Plus crypté.

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