Londres – National portrait Gallery – Man Ray (et autres choses)

Avant de retourner à Vienne pour un grand saut en arrière (en 2010), je vais dire deux mots de ma petite promenade à Londres hier (et puis plus tard je reviendrai aussi sur celle de décembre)…

En ce moment, et jusqu’au 27 mai, à la National Portrait Gallery, au rez-de-chaussée, se tient l’exposition « Man Ray – Portraits ».  Il y avait pas mal de monde, même à l’ouverture à 10 heures et en semaine, pour un sujet de plus assez pointu. Le billet est réservable sur le web évidemment, par créneau horaire, pour 14,35 GBP. Je n’en dirais guère plus puisqu’un catalogue a été édité. Ce qu’il faut savoir tout de même c’est que tous les tirages ou presque sont vintage et que si certains viennent de Beaubourg, un grand nombre viennent du Getty ou d’Israel et ce n’est peut-être pas demain qu’on aura l’occasion de les revoir ensemble en Europe. Il y avait même deux pièces prêtées par Sir Elton John, un des grands collectionneurs mondiaux de photographie (la couverture d’un livre consacré à son action est fortuitement de Man Ray). La section la plus intéressante correspond bien sûr à l’avant-guerre et les intellectuels et artistes de l’époque sont légion. Lee Miller n’occupe ensuite finalement qu’une part assez réduite mais son visage solarisé de profil figure sur le ticket, pour les inconsolables.

Il est possible de manger à la National Gallery, juste à côté, c’est Peyton and Byrne qui assure la restauration et les sandwiches et gateaux y sont toujours frais et délicieux (par contre ce n’est pas donné).

J’ai profité de l’occasion pour visiter l’exposition consacrée à Pompéi et Herculanum, au British Museum, et qui est remarquable, comme d’habitude (16 GBP toutefois). Il est plus que conseillé de réserver (et là-aussi malgré l’heure creuse, 13H20) il y avait foule). Cela commence par le platre d’un pauvre chien occis par les gaz pour se termier par celui d’une famille au complet mais entre les deux c’est la vie qui l’emporte et nous est décrite avec des objets exceptionnels. Parmi eux un dieu Pan en train de se taper une biquette et bien d’autres choses moins amusantes mais intéressantes, notamment les fresques et le mobilier.

J’ai eu le temps aussi de passer une tête pour voir la dernière série de Erwin Olaf (Berlin), présentée pour la 1ère fois au MMKA (illustration ci-dessous), chez Hamiltons, toujours toublante avec un arrière plan toujours aussi subtilement malsain et une qualité photographique cinématographique dans un style ultra-léché.

A la Photographers’ Gallery (illustrations ci-dessous) enfin, j’ai fait quelques emplettes à lire, profitant des relances de Hotshoe Magazine (la fête se tenait d’ailleurs à la photographers’ gallery il y a quelques jours) et aussi de Aperture Magazine. Evidemment, il y avait aussi des expositions. Claire Aho d’abord nous ramène l’espace d’un instant à une époque de naïveté apparente, de joues roses et de charmantes mamans, les années 50 et 60 vues à tavers la mode et la publicité finalandaise. Un vrai régal, un peu comme un gâteau à la crême.

 

Aux autres étage, place est faite aux sélectionnés pour le Deutsche Börse PhotographyPrize. Mishka Henner (vu à Arles) montres des prostituées issues de photos de Google Street. Sans intérêt. Chris Killip exposait à ses côtés la même série que celle vue au Bal. Chanarin et Broomberg dont j’avais vu le travail de curateur à Cracovie ne surprennent pas avec un travail plus artistique (?) que photographique en recyclant des images par superposition au sein  de livres présentés ouverts sous verre un peu comme autant de stelles. Il s’agit d’images de guerre pour la plupart, parfois difficiles, mêlant souvent archives et actualités, noir et blanc et couleur. Enfin, Christina deMiddel montrait ses afronautes, que je n’avais vu jusqu’à présent que sous forme de pixels (voire de pixels de livre). Ici, à Londres, l’expo donne à son travail une autre dimension, mêlant les supports (photos contemporaines scénarisées, lettres, plans, images d’archives, etc) et leur présentation (punaisés, encadrés, etc) et les formats.  Ce reportage partuiellement ictionnel sur le programme spatial de la Zambie des 70’s est assez bluffant, comme les documents préparatoires d’un film qui n’aurait été tourné.