Arles 2013 – 1ères impressions pour le 1er jour

Pour 2013 à Arles ce ne sera pas au Jules César comme en 2012 et me voici donc en (proche) périphérie. Arrivé vers 11H seulement avec un TGV à 6H49, le programme a été centré sur le centre-ville.Ces 1ères notes pourront être complétées et amendées par la suite car le WIFI fait des siennes du coup tout n’est pas vérifié et il manque de nombreux liens.

Premier constat, il n’y a pas foule et la chaleur n’est pas étouffante: deux bons points. Second constat, certains ne sont pas à l’heure comme le Capitole qui ouvre le 2 et la Chapelle du Méjan qui devait ouvrir vers 18H et que j’ai quittée portes closes à 18H15. Troisième constat, c’est la deuxième année où le programme est compact car malgré la réouverture du Capitole, le nombre de sites reste contenu.

La visite commence avec la galerie du 4 septembre qui n’avait pas tout à fait fini de s’installer mais on voyait à l’entrée le travil d’Adrien Perrin (île) puis les petits formats de Marc Trivier, Plossu, Nair Benedicto, Vincent Jendly (new york) et enfin Philippe Herbet dont je suis le travail depuis des années (certains de ses «cahiers de voyages» ont fait la route). Quelques livres sont à vendre. Petite exposition sympathique, tout comme l’accueil. A proximité se trouvent les fameux WIP (l’expo des étudiants de l’ENSP) sur qui je ferais un article spécifique mais qui ont trouvé leur voie avec une scénographie originale mais nette et agréable accompagnée d’un plan, c’est très pro. Un secteur édition permet de consulter quelques livres des étudiants, parfois dans le prolongement des travaux présentés qui sont cette année très recentrés sur la photo, la vidéo a quasi disparu au profit de moyens plus originaux comme la broderie où l’installation. Une expo à ne pas rater.

Dans le centre-ville, la salle Auguste Comte est consacrée habituellement à un jeune sponsorisé par une marque automobile allemande : cette fois c’est Marion Gronier avec de superbes portraits de cirque en format carré et couleur (avec un petit film aussi).
On reste à deux pas, au Palais de l’évêché, où se tient à nouveau une exposition sans intérêt comme l’an passé si j’ai bonne mémoire : les portraits de famille et autre albums photos récupérés par Erik Kessels ne valent même pas une visite éclair, ni même l’avalanche de (vraies) photos dans une petite salle. Une proposition du FOAM (détails ici) que j’avais en plus déjà vue (billet ici). Juste à côté, c’est presque davantage le cloître lui-même (dont la restauration avance et qui s’est enrichi d’une vidéo 3D explicative) que les photos qui retient l’attention. Ce n’est pas la faute de Cristina De Middel puisque je l’ai déjà vue sur internet comme tout le monde mais que je l’ai vue aussi à Londres à la Photogaphers’s Gallery. Quant au festival d’Avignon vu par Couturier (scènes reconstituées à parti de petites photos) et Nauczyciel (tirages géants du public sur gradins en noir et blanc flous du fait d’un temps de pose de plusieurs heures), rien de bien fabuleux. A noter en passant que bien que ceux dernières expos soient au programme officiel, elles ne sont pas en noir et blanc (sauf Nauczyciel). C’est en face que se tient du noir et blanc, à l’Église Sainte Anne, abonnée d’ailleurs au noir au blanc et aux « humanistes »  (il faut remonter à 3 ans pour y trouver Paolo Roversi): elle ne déroge pas à ce « positionnement » mais s’éloigne cette fois des stars pour présenter le chilien Sergio Larrain, peu connu sous nos contrées qui montre un programme centré sur les années 50 et 60 à Chiloë, à Santiago, à Cuzco et à Valparaiso avec quelques incursions à Paris et Londres. C’est une exposition facilement évitable.

Dans le même secteur on trouvera L’espace Van Gogh qui habituellement aussi dispose d’un espace « mode ». C’est, en ville, l’un des rares espaces vraiment noir et blanc…. et encore. Le modeux qui occupe les lieux c’est Guy Bourdin avec des portraits (et pas de grands formats), deux films (en noir et blanc aussi) et une projection de diapositives de photos de mode en couleur et des magazines fidèles à ce qu’on sait de Bourdin. Cette expo reste toutefois une surprise avec ses minuscules tirages noir et blanc des années 50 exhumés en 2011, des polaroids personnels vers 1970 (en noir et blanc). Dans une autre salle, avec Hiroshi Sugimoto on est pas surpris du tout si ce n’est de voir ses photographies accrochées verticalement dans l’obscurité alors que l’on semble déceler un horizon sous le ciel presque noir… Pour terminer, retour à la couleur avec le studio Fouad et Van Leo pour des photos colorisées dans les années 60, à Beyrouth pour l’un et au Caire pour l’autre. Cet ensemble de 3 petites expos n’est pas mal, bien que décousu, et chaque fois un peu limité en taille (en même temps, quand on a vu un Sugimoto ou un portrait colorisé on les a un peu tous vus…). L’accueil est désagréable sur ce site et comme chaque année les « contrôleurs » sont infichus de se servir de leur scanner de QR-Code (c’est la même chose sur d’autres sites).

L’église des frères prêcheurs accueille le travail d’Alfredo Jar qui est moins photographe qu’artiste et qui détourne photographies de presse, couverture de Life ou Time pour attirer l’attention sur nos petites et grandes lâchetés face à la guerre notamment. On relèvera aussi ses légendes sans photographies et une installation…. lumineuses (au sens propre, éblouissante même). C’est une destination à ne pas rater et pourtant peu facile à trouver puisque l’entrée principale est condamnée et que rien ne l’indique alors que l’accueil se fait par la porte arrière !
On reste dans une église avec celle des Trinitaires qui est consacrée à Lartigue et surtout à Bibi, sa 1ère épouse. J’ai ressenti un certain malaise devant ces grands bourgeois oisifs et inutiles qui nageaient et jouaient au golf ou s’amusaient au volant de voitures rapides dans une période pour le moins troublée. Cet étalage de luxe insouciant est simplement écœurant : une sorte de « people » en noir et blanc, un Paris-Match des années 20-30 accroché aux murs. Seule curiosité peut-être les plaques couleurs, une rareté.
La galerie Aréna est toute petite mais maintient un programme difficile avec cette fois le travail des Becher vu à travers leur production imprimée, autant dire que c’est pointu, un bel exploit documentaire pour un sujet aride piloté par le Musée de l’Élysée à Lausanne. L’atelier du midi s’est tenu à l’écart du thème noir et blanc de cette année et il a bien fait. Il se consacre à la la caravane vue sous toutes les coutures, de manière bien construite et intelligente avec une multitude de contributions en petits formats et deux vidéos sonorisées comme d’habitude en surface et dans les caves superbement repeintes pour l’occasion. Un très beau travail se scénariste et un excellent accueil pour un joyeux mélange de vieux et de récent, de photographes confirmés et de plus émergents avec évidemment le collectif belge Caravane dignement représenté :) Je ferais peut-être un article plus détaillé ne serait-ce que pour citer les auteurs. Je ferais en revanche court sur le noir et blanc Afghan de Thomas Stanworth (Chez Arthur et Janine) et sur les 10 grands formats noir et blanc de paysage et intérieur d’usine de Paulo Nozolino (au palais de Luppé). On pourra éviter l’une et l’autre. On pourra aussi éviter L’espace pour l’art consacré à Cuisset puisque la même série en grand est visible aux Ateliers (si j’ai bien compris, on verra demain). Parmi les choses à manquer on pourrait aussi évoquer l’Arlatan mais Klavdij Sluban (dans la cour, en exil à Hauteville en noir et blanc) et surtout Richard Pak (des portraits de paumés punaisés au mur ornés de textes). J’ai déjà vu leur travail par le passé aussi à Arles qu’à Paris. On passera plus vite sur les prix décernés par un fabricant de matériel photo à Swen Renault, Charlotte Vanbleus et le 1er prix Elsa Leydier (maquillage burlesque en noir et blanc).

Grosse déception pour la Galerie 8 qui depuis deux ans présentait une multitude d’auteurs dans le cadre d’une sorte de concours. On devait voir Clark et Pougnaud et il n’y a qu’un tirage mais la suite arrivera en juillet et pour Sacha Van Dorssen le vernissage se tiendra lundi (Sacha est exposée en parallèle à Paris chez Sitdown). A la cave, les tirages des auteurs récompensés (Mads Nissen, Gustavo Jononovich et Manuel Rivera-Ortiz soi-même) par la fondation Manuel Rivera-Ortiz sont très décevants. Il devait aussi y avoir une présentation multimédia de 13 auteurs shortlistés mais je n’ai rien vu, dommage encore car parmi eux figurent des auteurs de qualité comme Birte Kaufmann dont j’avais déjà vu le travail à Berlin. Petite déception pour la Galerie Voies Off rue Raspail car le nom de l’artiste ne figure nulle part (!), ces tirages grand format en noir et blanc à grain sont l’œuvre de Yusuf Sevincli (représenté par Les Filles du Calvaire). Enfin, deux expos sont à revoir car en travaux. Celle du magasin de jouets où on voyait déjà le programme asiatique avec Cédric Arnold (des tatoués en noir et blanc), Ren Hang (des variations sur le corps, pas mal mais je ne saurais dire pourquoi) et Jamie Maxton-Graham (d’étranges portraits dans des décor reconstruits bizarres). Plus énigmatique et beaucoup moins finie était l’expo Même / VOST où un tas de jeunes comataient tandis que cutters et photos gisaient aussi par terre, heureusement des photos étaient accro mais sans nom…

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