Arles 2013 – 2ème jour – Atelier de mécanique

On enchaîne avec l’Atelier de mécanique et Arno Rafael Minkkinen qu’on a déjà vu plus d’une fois mais surtout sur le web et jamais d’une manière aussi extensive. Du coup, là, c’est immense et même excessif avec 7 salles (le meilleur reste les scènes aquatiques et forestières).

Avec Jean-Louis Courtinat on bascule dans le reportage social (en diapos) et on en vient assez rapidement à saturation et presque à en sourire tellement le propos est dramatique, entre orphelin de Roumanie, sans abris à Nanterre, urgences à l’Hôtel Dieu, ça en devient caricatural et presque ridicule, une sorte de chasse au drame tragi-comique.

Avec  « transition », et ses douze photographes, on quitte le noir et blanc pour rejoindre l’Afrique du Sud et là aussi on sature un peu. Beaucoup de photographes et beaucoup de photographies (souvent de format modeste et accrochées serrées) pour une sorte de safari africain, mais un safari « social » à la recherche de ce qui change en Afrique du Sud dans la société. C’est vraiment une accumulation exagérée d’images avec souvent des commentaires un peu longuets (dommage, c’est une bonne idée d’ajouter du texte et des cartes) qui conduit à errer sur les panneaux. On retrouvait pas mal de noms connus comme Thibaut Cuisset (billet ici) avec paysages arides et bicoques, Philippe Chancel (billet ici) avant et après les grèves de 2012, Raphael Dallaporta (billet ici) mines vues depuis des drones, l’incontournable Pieter Hugo (billet ici), Alain Willaume (billet ici) avec une ode à la poussière, Harry Gruyaert (billet ici) qui mêle riches blancs et pauvres noirs, loin des mines et du désert, Jo Ractliffe (billet ici) pour d’anciennes bases militaires dans le désert, et enfin Patrick Tourneboeuf (billet ici) avec des plans urbains de la ville de Kimberley. Peu donc de découvertes sauf Santu Mofokeng (dont le nom me parlkait mais sans plus),Thabiso Sekgala, Cédric Nunn (le seul en noir et blanc dans cette section) et enfin Zanele Muholi, la militante pro-lesbiennes avec 15000 vierges colorées pour une cérémonie (très impressionante).

La suite n’était pas moins copieuse avec les « découvertes » qui, comme d’habitude, réservent des surprises plus ou moins heureuses avec des expérimentations diverses.

Martin Becka exposait dans un curieux contraste des paysages urbains ultramodernes de Dubaï tirés sur papier albuminé viré à l’or. Jasmine Eid-Sabbagh et Rozenn Quéré optaient pour une sorte d’installation constituée de 4 plots diffusant du soin accompagné de photos sur cadres genre années 60. Il s’agit de 4 soeurs, ça se passe au proche-orient et c’est une bio romancée. Elles ont eu le Prix Découvertes. Passons. Marcela Paniak retient des pignons de maison, une petite frise aussi (fairy tales) et surtout des portraits anciens ovales avec une fleur posée dessus en noir et blanc (série Elizjum).

Halil montrait des photos retrouvées des événements de 68 en Turquie sous forme de diaporama  (a cloud of black smoke). Il faudra m’expliquer l’intérêt et la valeur de la démarche. Craig j. Barber réalise des portraits en ferrotype de tout petits fermiers américains qu’on croirait du siècle dernier et c’est pas mal. Lauren Bon réalise des paysages de 3,50 m a la caméra obscura, très joli mais bon, passé l’exploit technique que reste-t-il ? Alison Rossiter réalises ses tirages sur papier périmé(parfois de plusieurs décénnies) pour un résultat plus ou moins abstraits. On voit le concept mais bon… Du coup je préfère et de loin Nikolaï Bakharev et ses portraits de couples et de famille en maillot à la fin des années 80 en URSS et Alexandre Slussarev (même s’il est mort, c’est une découverte tardive) avec ses photos diverses plutôt formelles et sobres. On termine en beauté avec l’énigmatique Clare Strand (billet ici) 4 film, des solides en 3D et des photos de table.

Pour la suite, car décidémment le site est immense et bien rempli c’est au tour de SFR avec Cécile Decorniquet qu’on connaît bien (billet ici mais son site n’est plus en coloc avec Laurent et se trouve ). Vincent Fillon montee des lieux bientôt démolis traités par surimpression en format carré. Bruno Fontana montre un mur recouvert de motifs de fenêtres presque abstraits baptisé d’ailleurs « urban wallpaper ». Je suis moins convaincu par Jean Noviel et ses très grands formats de « paysages fabriqués » (c’est le titre de la série) .

On croit que c’est fini mais non. C’est au tour des jeunes diplômés ENSP 2013 (pouyr ceux qui les auraient ratés en seamline d’ouverture mais on ne retrouve pas tout le monde). On revoit Jeannie Abert (vue au WIP – billet ici) avec des collages sur le soulèvement arabe de 2011, Claire Cocano (vue à la BNF il y a quelques années – billet ici) avec un paysage forestier détruit par l’incendie, Edwin Fauthoux-Kresser avec des textes et photos et illustrations sur un hydrologue verbeux, pour le moins et enfin Leslie Moquin avec une alternance de quasi monochromes figuratifs et de petits formats gris divers en fait il s’agit de deux séries (respectivement Agôn et Permadusk).

Et ça y est enfin, on arrive au bout avec un vaste panneau constitué des travaux de binômes (photographe confirmlé / étudiant) sponsoriés par un marchand d’appareils photos, qui ne sont pas extraordinaires à ce qu’il m’a semblé, et qui surtout arrivent au terme d’un parcours visuellement éprouvant (et musculairement un peu pénible aussi): Sarah Moon et Lise Dua, Jean Christophe Bourcart et Mathieu Rosier et enfin Stanley Greene et Jeannie Abert.