Arles 2013 – 3ème jour – Le magasin de jouets

Nous voici enfin arrivé au terme de notre séjour arlésien, en temps différé puisque cela se passait lors des trois premiers jours des Rencontres d’Arles 2013. Le dernier jour est habituellement consacré à compléter le programme, soit à revenir sur des lieux soit à en visiter qui sont périphériques. Le Magasin de Jouet n’est pas périphérique et c’était donc une seconde visite. C’est un travail remarquable de curateur accompli ici qui a conduit la galerie en divers lieux de l’Asie du Sud-Est pour une sélection éclectique alors que le plus facile eût été d’aller en Chine, destination unique et à la mode, pour y picorer de la photographie remployant des codes publicitaires faciles à vendre.

J’ai raté Maung Ni Oo qui n’a pas de site web apparemment et je passe rapidement sur Mad Paule et ses surimpressions de noir en blanc pour passer aux diptyques un peu tristes faits pour l’occasion par Minstrel Kuik. Cédric Arnold montrait quant à lui des hommes tatoués, en noir et blanc, mais on ne saisissait pas à quel point derrière cette pratique répandue se cachaient des croyances séculaires profondément enracinées (un peu comme pour les habitants des Marquises que l’on connaît mieux en Occident) avec force transes et prières.

Attardons nous un instant sur Kim Hak et sa série « on » (contraction de old et new) en référence à la jeunesse montante présentée dans ses images dans un cadre décrépi de vieilles bâtisses de l’époque coloniale.

Jamie Maxtone-Graham compose des portraits soignés en grand format couleur dans des cadres végétaux artificiels qui ne sont pas dénués de charme (et accessoirement d’exotisme). Compter 950€.

Enfin, Ren Hang (attention, site réservé à un public averti) propose d’intrigants portraits (450 à 1500€ selon la taille chacun en 6 ex.) aux corps emmêlés mais il s’agit là de la portion la plus sage de son travail qui tend vers la pornographie et peine du coup à être diffusé en Chine (et au-delà). Le récit de ses mésaventures figure sur un appel à financement participatif sur Indiegogo que j’évoquais hier ici.

Pour ceux qui n’ont pas peu d’avoir (un peu) peur, passez une tête au sous-sol (il y fait frais, de plus, ce qui est appréciable en ce moment) pour voir l’installation de Guillaume Chamahian intitulée Sombre mémoire, fruit d’un long séjour au Cambodge, avec vidéo et texte parlé accompagné de musique et de quelques photographies. C’est très personnel, à la fois poétique, sombre et inquiétant.

Il ne faut pas rater cette exposition qui se tient jusqu’au 15 septembre 2013 à Arles au 19 rue jouvène.