Amazon Fine Art et la photographie – Bof

Amazon a lancé une rubrique « Fine Art » le 6 août, forte de 40 000 pièces dont près de 4 500 photographies. Il rejoint ainsi le monde des marchands de photographies en ligne.

Le moteur de recherche n’est pas terrible alors qu’il est vital dans une telle masse: pas de recherche par auteur ou nombre de tirages (édition) ou encore par date de tirage. Il est à noter en passant qu’on trouve des tirages à plus de 50 ou 100 exemplaires ce qui n’est plus de la photographie ou du « Fine Art » mais du poster.

L’étiquettage des oeuvres est douteux: on trouve, dans la rubrique photographie, pas mal d’oeuvres qui ne sont pas des photographies (peinture, etc) et quand on totalise le nombre de tirages noir et blanc et de tirages couleur on obtient moins de 1500 ouevres, signe que les deux tiers des oeuvres ne comprennent même pas cette information. En clair, la navigation est très difficile face à un tel volume. Pour faciliter la lecture (!), c’est le nom de l’oeuvre qui apparaît en premier dans les résultats retournés par le moteur de recherche et non celui de l’auteur, un non-sens complet.

Quant à la qualité, l’ensemble est globalement médiocre et mal équilibré.

On trouve certes Ed Ruscha, David La Chapelle, Marilyn Minter, George Hoyningen-Huene, Horst P. Horst, Frank Horvat, Gavin Bond, Hiroshi Sugimoto, Edward Weston pour le haut du panier (plus de 10 000 USD voire beaucoup plus) mais rares et mélangés à d’illustres inconnus à des prix stratosphériques.

A des prix à peine inférieurs on va trouver Ansel Adams, Eric Ogden, David Derbin, Robert Doisneau, Lucien Clergue ou Ruff noyés dans un océan de daubes à des prix indécents. Une vraie invasion également de Harry Benson, Jim Lee et Clive Arrowsmith qu’il faudrait vraiment entraver. En arrivant vers 5 000 USD on arrive sur Berenice Abbott et Sabine Weiss, bien représentées, Michael Kenna et Araki mais aussi une surabondance de Brian Kosoff, Colin McRae et Camille Seaman (on croirait à une blague tellement c’est excessif).

Vers les 3000 USD on arrive sur Flor Garduño qui est orthographié gardu-o, c’est dire le soin apporté au catalogue. Arrivé à ce stade, il n’y a quasiment plus rien de valable pourtant c’est sans doute à ce prix (et plus bas encore) que Amazon pourrait ouvrir la porte à de jeunes talents et à de jeunes acheteurs rebutés par les galeries. L’une des rares a émerger des eaux est Manjari Sharma (qu’on trouve de toute façon en galerie). On peut citer aussi Brooke Shaden et Tom Chambers dont je ne suis pas fan et ce d’autant que ce dernier est lui-aussi sur-représenté. Je passe sur Candida Höfer ou Idrid Khan puisqu’il s’agit d’un poster et non d’une photographie (évidemment, à ce niveau de prix).

Arrivé à 2000 USD vous n’avez vu que 60 pages sur 187, le gros de la masse (les 2/3) commence donc là, au niveau de prix minimum que l’on trouve généralement en galerie. Il n’y a donc pas de miracle: on y trouve des inconnus, des tirages de célébrités mais en édition de type poster et de rares petits formats d’auteurs émergents déjà mentionnés. En dessous de 1600 USD on tombe dans la photographie d’illustration et il n’y a définitvement plus rien à sauver: j’ai arrêté mon exploration en page 94, à mi-chemin donc des 187 pages, à 1200 USD.

Que dire à part que Amazon, comme ArtNet d’ailleurs, pour d’autres raisons, ne fera pas concurrence aux galeries ou aux maisons de vente aux enchères, en tout cas en l’état.

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Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg – Fotografisk center

Nous poursuivons la visite sur le site Carlsberg mais le Fotografisk center n’offrait pas grand chose à voir entre artistes sans site web (Claus Handberg Christensen) et artistes vus la même année ou la suivante: Henrik Saxgren (vu ici), Jacob Ehrbahn (vu ici et ).

Jens Haaning montrait des hommes immigrés avec description de leurs fringues (provenance, prix) comme s’ils s’gissait de mannequins. Birgitta Lund avait choisi 3 photo rougeoyantes et Larissa Sansour un repas de famille tandis que Tina Enghoff retenait des vêtements et un sac poubelle sur un arbre.

Un programme un peu court.

Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg – The Censored Exhibition

Après avoir terminé le récit de l’édition 2013, il faut revenir sur l’édition 2012 de Copenhagen Photo Festival que j’avais à peine entamé. Nous retournons sur le site des usines Carlsberg (Photo City) dans le 1er bâtiment que l’on voit en arrivant par la ligne C à la station Enghave: un immeuble détruit en 2013.

Dans la 1ère salle, on voyait 16 portraits noir et blanc, pour le journal Politiken, je crois, par Martin Bubandt (vu ici), Joachim Adrian, Laerke Posselt, Ditte Valente, Mie Brinkmann, Lars Just (vu ici), Peter Hove Olesen, Mathias Christensen. Puis tirages géants sans cadre des mêmes auteurs, portraits, reportages (tout en danois…) mais aussi de Jacob Ehrbahn (vu l’année suivante ici), Finn Frandsen, Miriam Dalsgaard, Magnus Holm et Martin Lehmann (vu l’année suivante également, ici).

Dans l’autre salle, le programme était plus intéressant avec peu d’oeuvres pour chacun mais beaucoup d’auteurs, souvent assez jeunes (moins de 40 ans, l’année de naissance figure sur les cartels). Je passe sur ceux qui n’ont pas de site web, Johan Rindom, Mads Juel, Kristyna Erberova, Maurice Kaufmann, Peter Kleis, Yana Feldman, Rem van den Bosh, Sidsel Jul Hvilshøj, Marie Guilland, Nadi Carlsen, Bodil Nygaard Jensen.

Lasse Bech Martinussen montrait un grand portrait et Koichi Nishiyama des marécages tandis que Katrin Björk choisissait une gamine les pieds dans une rivière et Linda Cieniawska un couple s’embrassant chacun sous un fin voile.

Sarah Van Marcke (déjà vue ici)  insérait un peu de verdure cachant un corps humain comme alliés dans décor bétoné: le corps humain inscrit dans un cadre bétonné, c’est un peu sa marque de fabrique .

Hanna Lenz valait le coup aussi avec 6 photos émouvante d’une très vieille dame (99 ans) en son modeste appartement.

Jeanne Fredac photographie des lieux qui tombent e nruine tandis que Enamul Hoque retenait la nuque d’une rouquine au chignon, deux classiques. Algis Griškevičius montrait 3 panoramqiues noir et blanc de circassiens en mariniere dans des scènes impossibles quand Helle Sandager montrait une silhouette brouillée en noir et blanc.

Marie Louise Omme avec un portrait de jeune garçon et poussin crevé nous ramenait dans la couleur, tout comme Fabien Marques avec 3 vues de chambres « exotiques » issues de bordel en Allemagne, un sujet aussi classique. Bibi Berge avec ses 5 portraits grand format digne de la famille Adams retenait l’attention avec sa série the family album.

Claire Dorn est plus équivoque: sont-ce des vagues sur le rivage la nuit ? Un résultat presque abstrait pas inintéressant en 4 photos.

Nicky Bonne dressait 3 portraits d’animaux emballés sous plastique (dont une carpette de tigre dans une boite transparente) sur fond blanc. Saisissant,  et revu l’année suivante en 2013 ici. Johan Selles montrait une digne vieille dame, un cheval de course au pré: cela vient de la série « Once upon a time in Danderyd », ville notée en 2008 et 2009 comme la plus riche de Suède, à 10 km au nord de Stockholm. Gregers Tycho nous éloigne de la bourgeoisie avec 3 photos dans le style de Engström, des gens moches et louches en couleurs vilaines.

Beathe Schieldrop exposait des baigneurs en rivière et un rideau de scène et Lisbeth Johansen un torse masculin et un couloir rouge. Martijn Peters et son type au t-shirt vert dans un paysage feuillu de sa série Aire Born II on l’a déjà vu ici. Même chose pour Søren Rønholt et ses 4 tristes grands noir et blanc brumeux et neigeux (vu l’année suivante ici). Thomas Willads montrait de multiples petits formats noir et blanc de pièces en démolition agencées comme s’il s’agissait de coupe d’un immeuble.  Marc Buchy montrait de jeunes ados à une b.o.u.m. (c’est le titre de la série). Cyrille Panchot exposait 2 portraits sombres en noir et blanc lointains dans un paysage stylisé comme cela se faisait au 19ème. Enfin, Carsten Egevang proposait un panoramique blanc sur la banquise: chasseur de dos en blanc dont seule l’arme est noire avec le phoque au loin.

Copenhague 2013 – Jour 3 – Musée de la ville

On ne termine pas en beauté ce bref séjour à Copenhague puisqu’après avoir fait chou blanc dans divers lieux, il ne restait plus à se mettre sous la dent que le musée de la ville (40 DKK l’entrée) que je connaissais et une mini-exposition de surcroit pénalisée par la fermeture d’une salle. Bref, la totale.

Rasmus Weng Karlsen ,montrait deux séries (fêtes et voitures) et Søren Rønholt représentait des paysages mais pas les mêmes que ceux déjà vus ici. Niclas Jessen montre des portraits pensifs un peu sombres tandis que son site ne montre que des travaux commeciaux. Nicky Bonne avec sa série middle-class mêle scènes des années 20 et objets de notre siècle, en noir et blanc, de façon toutefois bien visible.

Voila qui clôt CPF 2013 et qui met aussi un terme, probablement, à mes escapades au Danemark: le programme ne suffit plus à justifier d’un séjour sur place et les diverses curiosités à proximité de Copenhague me sont maintenant connues.

Copenhague 2013 – Jour 2 – Hillerod et PORTRÆT Nu!

Pour le 2ème jour, direction Hillerød au nord de Copenhague, à 40 minutes environ en S-Tog (ligne E et B le week-end) et 15 minutes à pieds (c’est très bien flêché). En train le paysage n’a pas beaucoup d’interêt à part, en quittant la capitale, les ferrys énormes (qui desservent Oslo notamment) à la station Nordhavn.

Hillerød (qui se prononce à peu près “hilereu”), c’est d’abord là que se tient le plus grand château du Danemark, Frederiksborg slot (le château de Frederiksborg) de style Renaissance, qui hébérge le musée du même nom (75 DKK l’entrée soit environ 10 €). Une bonne partie du château n’est plus d’origine mais a été reconstruite à l’identique après l’incendie de 1859.

L’extérieur avec ses accès successifs, son lac, ses jardins est splendide. Sinon, il faut être fan de châteaux pour apprécier à leur juste valeur les tableaux, sculptures, meubles et objets de décoration qui en font la richesse intérieure. A noter une belle église palatiale et la superbe salle de garde à l’entrée qui accueille les visiteurs.

D’un point de vue photographique, le lieu fait partie du festival photo avec deux expositions. La 1ère, au dernier étage, est à réserver aux fins connaisseurs de la Maison Royale du Danemark avec des photos de famille de Christian IX. Accessoirement, cette section contemporaine inclut de nombreux portraits dont quelques uns photographiques mais là encore seuls les danois et spécialiste de la scandinavie y trouveront leur compte.

En sortant du musée, et il fallait à la fois de l’attention et de la chance pour ne pas la rater, se tenait une exposition consacrée à l’art du portrait, essentiellement peint ou photographique, parfois vidéo. Le titre en est PORTRÆT Nu! (Portrait Now!). A priori c’est le fruit du Brygger J.C. Jacobsens Portrætpris. Le catalogue (35 Mo) est téléchargeable et l’édition papier est à 90 DKK (12 €).

Voici les photographes, tous représentés par une seule oeuvre. Une fois rendu sur le web, force est de constater que bien peu nombreux sont ceux qui ont un site et quand ils en disposent, on ne peut pas dire que ce soit concluant… Il est ainsi de Keen Heick-Abildhauge, Johan Peter JønssonLene Wyke, Tune Andersen, Pernille Bering, Torben Eskerod, Neel Jans. Par contre, on peut retenir le travail de Lina Bjorno, Per Morten Abrahamsen, Malin E. Nilsson, Filippo Zambon et Harri Pälviranta (vu à Derby ici).

Evidemment, un tel bilan n’invite pas à revenir.

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Halmlageret

Nous terminons la visite des anciennes usines Carlsberg qui accueillaient l’essentiel des expositions de Copenhagen Photo Festival édition 2013 avec Halmlageret et son programme dédié aux écoles. A la suprise générale bien que le nombre d’étudiants se compte par dizaines et que nous soyons au Danemark, pays où internet et le mobile triomphent, seul 1 étudiant, oui, un, dispose d’un site web décent Jonas Jessen Hansen (et encore ne s’agit-il que d’unTumblr correctement organisé). Quelle déception !

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Matrix et fotografisk center

Nous restons dans les anciennes usines Carlsberg pour retrouver le Fotografisk center, encore un lieu habituel, pour découvrir le travail de Jacob Ehrbahn (vu l’an passé mais encore un billet en retard) baptisé Headbangers où l’on voit des têtes chevelue rouges et agitées de fan de hardcore. Passons rapidement poour rejoindre Matrix, un nouveau lieu cette fois où une sorte de gentil punk propose de faire la visite (« no, thanx »). Une petite salle accueillait (sur un seul mur) le travail de Thomas Skou, un meli melo de petits formats au look amateur vaguement provoc (avec des queues, des poils et des gens bourrés).

Dans l’autre salle, des étudiants d’éoles de Lodz et du danemark montraient leurs travaux ainsi qu’une longue série de collaborations musicien/photographe. La liste étant longue (une douzaine d’un côté et une vingtaine de l’autre), j’ai un peu fait le tri, à commencer par l’existence d’un site web.

On commence fortuitement par Marcela Paniak qu’on devait revoir le mois d’après à Arles (ici !) avec 8 collages de portraits noir et blanc sur un carroyage. Katarzyna Parejko panneau de minuscules photos de sa série google_collage qui doit être produit à partir des résultats Google de recherche sur une image.

Robert Mainka n’a pas de site web ni Aleksandra Chciuk dont les 6 petits corps (nus souvent) perdus en pleine nature ne manquent pas d’intriguer. Même chose pour Igor Oles avec ses gros plans de petits objets pris au ras du sol et Thomas Wysocki avec 3 oeuvres en vert (donc au chiffon vert, robe verte, bac de peinture verte) ou Zuzanna Oledzka (maison de poupée inquiétante) ou encore Sylwia Kredzel (qui n’a qu’un blog). Karolina Jabcon montrait d’étranges et originaux collages de scènes de rues en quasi noir et blanc.

Pour les 3 derniers (Thomas Smolarski, Weronika Jedrzejczak et Bartlomiej Talaga) pas de site web.

La deuxième partie de l’expo était constituée d’affiches, une par binôme musicien/élève photographe et la plupart des élèves n’ont pas de site web ou un Tumblr dans le meilleur des cas sauf Anne-Marie Vang Poulsen, Baijie Curdt-Christiansen, Victor Knötzel (son site est vraiment pas mal), Bettie Betül Bas, Olivia Mikka Rohde, Naomi Akvama et Thorbjorn Fessel.