Bamako Photo in Paris – Pavillon Carré de Baudouin

La semaine dernière, visite du Pavillon carré de Baudouin (121 rue de Ménilmontant) pour un programme photographique et malien. L’exposition est gratuite et se tient jusqu’au 7 décembre.

On commence par Mamadou Konaté et ses diptyques clair obscur exposant un programme de replantation d’arbres par des enfants. Mohamed Camara s’intéresse lui à la dyaa (intelligence, image, etc) avec sa série éponyme qui présente des portraits et intérieurs un peu brumeux avec parfois une main comme une interdiction de photographier (la croyance, au moins chez les plus âgés, voulant que le photogaphe « vole » la dyaa du sujet photographié). Dicko Harandane exposeson corps nu superposé à des intérieurs en ruine. Souleymane Cisse clot la visite du rez-de-chaussée avec portraits au naturel et des photo d’écrans de télévision peu convainquants: on préfère le cinéaste au photographe.

A l’étage, la sonorisation couleur locale est de mise et c’est Amadou Keita qui accueille le visiteur dans une petite salle. Les tirages noir et blanc illustrent des rues désertes (Tombouctou), la déforestation (avec des arbres morts), des berges peuplées (le débarcadère) et des nus féminins. Sogona Diabaté mêle affiches électorales collées et photos de chaussures. Seydou Keita est représenté par quelques portraits noir et blanc prêtés par Agnès B.

On retrouve Dicko Harandane avec une autre série, outside inside, des photos d’images captées dans des rétroviseurs, en noir et blanc. Bintou Camara traite des chinois en Afrique tandis que Seydou Camara s’occupe des manuscrits précieux de Tombouctou et de ses habitants posant devant la porte d’une bibliothèque. Discours moins clair pour Emmanuel Bakary Daou avec ses portraits accompagnés de symboles en surimpression ou tenus par les personnes photographiées. Même chose pour Adama Bamba avec un ressac et autres textures noir et blanc.

On revient au plus classique avec des portraits noir et blanc de Adama Kouyaté, Malick Sidibé et Mory Bamba.

Et la conclusion se fait avec la jeune génération à nouveau avec Fatoumata Diabaté et sa série sutigi (à nous la nuit) avec de grands noir et blanc pour des fêtard(e)s.

Une exposition sympathique et pas trop encombrée à visiter impérativement.