Fondation Calouste Gulbenkian – Present Tense (Photographies du Sud de l’Afrique)

Tandis que tous les moutons se précipitent à la MEP poour voir Salgado, personne ou presque n’a la curiosité d’aller voir l’expo qui se tient à la Fondation Calouste Gulbenkian, qui n’est pas (plus ?) rue d’Iéna mais rue de la Tour Maubourg. En tout cas c’est ce que que je me suis dit en sortant de ce lieu agréable et prestigieux à l’accrochage aussi irréprochage que l’accueil et les petites brochures remises à chaque visiteur. Le tout est gratuit et sans file d’attente. C’est jusqu’au 14 décembre ce qui rend inexcusable de ne pas y faire un tour. Et merci à la Fondation  :)

Alors que voit-on ? Un échantillon précieux de ce qui se fait de mieux en matière de photographie africaine contemporaine. Alors, un échantillon certes mais suffisant pour prendre la mesure des auteurs présentés.

L’exposition commence au rez de chaussée où un panneau annonce la thématique (assez peu clairement en fait) à proximité du patio. Deux auteurs ouvrent ainsi le bal, à commencer par Guy Tillim qu’on ne présente plus (vu par exemple ici) avec un extrait de sa série Libreville (4 grands formats). Malala Andrialavidrazana montrait 10 vues rapprochées de paisibles intérieurs de sa série echoes. Ensuite, il fallait aller à l’étage pour découvrir le gros de l’exposition, dans une présentation aérée qui permet pour une fois de circuler à l’aise et de prendre du recul.

Mauro Pinto montre un pique-nique en 4 grands formats noir et blanc mais au cimetière. Filipe Branquinho avec sa série Chapa 100 et 9 petits formats cul à cul montre le taxi collectif comme si les voyageurs faisaient la chenille. Délio Jasse expose Luanda avec 6 grands formats, en noir et blanc également, centrés sur les bidonvilles et constructions en cours. Sammy Baloji avec série Kolwezi s’intéresse à la Chinafrique avec des diptyques montrant des posters chinois d’une vie de rêve et la vraie vie.

Dillon Marsh avec sa série limbo montre 9 maisons avec leur arbre estropié tronant devant, formant une typologie à Cape Flats (banlieue résidentielel du Cap). Tsvangirayi Mukwazhi choisit avec 4 grands format de traiter de l’exploitation des ressources naturelles de manière originale puisqu’ignorant le diamant et le minerai il s’attaque à une carrière de granite en Angola, à Lubango. Jo Ractliffe exposait 12 petits formats noir et blanc, désert ou presque, je me demande si ce n »st pas justement cette série que j’ai vue à Arles (ici). Kiluanji Kia Henda affichait deux autoportraits étranges. Peter Hugo (déjà vu à de maintes reprises dont ici) avec Empire of the in-between montre 12 portraits et de petites choses alternées sur la ligne de chemin de fer qui va de Washington à New York en traversant des secteurs autrefois industriels.

Paul Samuels dans sa série Edenvale XVI X expose 18 portraits surtout masculins dans le quotidien. Mack Magagane choisit 24 petits formats pour montrer la rue de nuit et d’assez loin, un peu en voyeur. Enfin, Sabelo Mlangeni exposait 9 petits format noir et blanc de style « street photography ».

Une exposition à ne pas rater.