Cartier (photo sud-américaine) ou Jeu de Paume (Adams+Pernot)

J’ai fait mon devoir le 1er mars dernier en allant voir l’exposition qui se tient au Jeu de Paume jusqu’au 18 mai consacrée à Pernot et Adams.  Et j’en ai profité aussi pour parcourir l’exposition consacrée à la photographie sud-américaine à la Fondation Cartier qui se tient jusqu’au 6 avril 2014.

Au Jeu de Paume la surprise vient d’abord de l’espace consacré à chaque auteur, égal, tandis que leur notoriété ne sont guère comparables. Comment faire pour consacrer un même volume d’exposition à deux auteurs dont les carrières n’en sont pas du tout au même stade de maturité (Adams est né en 37, Pernot en 70) ? Ce n’est simplement pas possible: soit il faut délayer le travail de l’un soit il faut échantilloner sauvagement le travail de l’autre et c’est ici le parti-pris: tandis que Pernot est à peu près dignement représenté, on ne voit d’Adams qu’un minuscule fragment ou, pire encore, un grand nombre de séries mais handicapées par de lourdes amputations.

Pour Pernot, on retrouve des séries désormais bien connues comme celles autour du « sujet » tsiganes qui l’ont fait connaitre (vues à Arles dès 2008 ici). J’ai retrouvé aussi sa série Fenêtres et Les témoins, notamment. J’ai été un peu moins intéressé poar les séries récentes, Le Feu (encore avec des tsiganes, le feu en hors champs, les visages éclairés) et Les cahiers afghans qui m’a rappelé Le Photographe, la bande-dessinée d’Emmanuel Guibert. parue en 2003.

La surprise vient ensuite du faible nombre de visiteurs pour un samedi après-midi: c’est presque du jamais-vu (et c’est aussi tout bon pour ceux qui souhaitent profiter de bonnes conditions de visite).

Alors où étaient les visiteurs ? A la Fondation Cartier peut-être qui était bien remplie (ce n’est pas immense non plus) aussi bien de visiteurs que de photographies avec parait-il, plus de 70 auteurs, de tout horizon artistique (strictement photographique ou mêlant diverses pratiques), un vrai continent oublié qui émergeait sous nos yeux.

La longue liste issue du site de la Fondation figure ici:  Elías ADASME (Chili), Carlos ALTAMIRANO (Chili), Francis ALŸS (Mexique), Claudia ANDUJAR (Brésil), Antonio Manuel (Brésil), Ever ASTUDILLO (Colombie), Artur BARRIO (Brésil), Luz María BEDOYA (Pérou), Iñaki BONILLAS (Mexique), Oscar BONY (Argentine), Barbara BRÄNDLI (Venezuela), Marcelo BRODSKY (Argentine), Miguel CALDERÓN (Mexique), Johanna CALLE (Colombie), Luis CAMNITZER (Uruguay), Bill CARO (Pérou), Graciela CARNEVALE et le Grupo de Artistas de Vanguardia (Argentine), Fredi CASCO (Paraguay), Guillermo DEISLER (Chili), Eugenio DITTBORN (Chili), Juan Manuel ECHAVARRÍA (Colombie), Eduardo Rubén (Cuba), Felipe EHRENBERG (Mexique), Roberto FANTOZZI (Pérou), León FERRARI (Argentine), José A. FIGUEROA (Cuba), Flavia GANDOLFO (Pérou), Carlos GARAICOA (Cuba), Paolo GASPARINI (Venezuela), Anna Bella GEIGER (Brésil), Carlos GINZBURG (Argentine), Daniel GONZÁLEZ (Venezuela), Jonathan HERNÁNDEZ (Mexique), Graciela ITURBIDE (Mexique), Guillermo IUSO (Argentine), Alejandro JODOROWSKY (Chili), Claudia JOSKOWICZ (Bolivie), Marcos KURTYCZ (Mexique), Suwon LEE (Venezuela), Adriana LESTIDO (Argentine), Marcos LÓPEZ (Argentine), Pablo LÓPEZ LUZ (Mexique), Rosario LÓPEZ PARRA (Colombie), LOST ART (Brésil), Jorge MACCHI (Argentine), Teresa MARGOLLES (Mexique), Agustín MARTÍNEZ CASTRO (Mexique), Marcelo MONTECINO (Chili), Oscar MUÑOZ (Colombie), Hélio OITICICA (Brésil), Damián ORTEGA (Mexique), Pablo ORTIZ MONASTERIO (Mexique), Leticia PARENTE (Brésil), Luis PAZOS (Argentine), Claudio PERNA (Venezuela), Rosângela RENNÓ (Brésil), Miguel RIO BRANCO (Brésil), Herbert RODRÍGUEZ (Pérou), Juan Carlos ROMERO (Argentine), Lotty ROSENFELD (Chili), Graciela SACCO (Argentine), Maruch SÁNTIZ GÓMEZ (Mexique), Vladimir SERSA (Venezuela), Regina SILVEIRA (Brésil), Milagros DE LA TORRE (Pérou), Susana TORRES (Pérou), Sergio TRUJILLO DÁVILA (Colombie), Jorge VALL (Venezuela), Leonora VICUÑA (Chili), Eduardo VILLANES (Pérou), Luiz ZERBINI (Brésil), Facundo DE ZUIVIRÍA (Argentine).

C’est dense, comme l’accrochage, organisé par thèmes en trois salles, deux au rez-de-chaussée et la dernière en sous-sol, lieu d’une projection de film. L’accueil est charmant (sud-américain peut-être) avec un véritable guide remis gracieusement.

Il faut en priorité aller à la Fondation Cartier, visiter au pas de course un Adams en version abrégée et profiter du travail de Pernot tranquilement.

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