Londres – National portrait Gallery, National Gallery et V&A

Dans la série « revival » et comme promis, retour à Londres, cette fois début décembre 2012.

Il y avait trois bonnes raisons d’aller à Londres, d’abord la National Gallery inaugurait sa 1ère exposition de photographie (Seduced by Art: Photography Past and Present), un événement historique, ensuite se tenait la prestigieuse exposition du Taylor Wessing  photographic Portrait Prize à la National Portrait Gallery et, enfin, au V&A se déroulait une exposition (Light from the middle east) consacrée à la photographie du Moyen Orient (dans la Porter Gallery) mais aussi, en parallèle, à « 50 ans de photo britannique » (dans la fameuse salle 38a que tous les amateurs de photo passant au V&A connaissent). J’en ai profité pour jeter un oeil à l’Underground gallery.

Sur la dernière visite je ne dirais rien car c’était vraiment la dernière puisque la galerie a fermé. Sur les deux premières je ne dirais rien non plus car j’ai acheté les catalogues (comme chaque année d’ailleurs pour le Taylor Wessing Price qui s’est appelé aussi, au fil des sponsors, Schweppes Price – de 2003 à 2005). Le seule chose à dire est que ce genre d’expo est inratable et que le catalogue ne peut qu’être qu’un piètre avatar de l’exposition « en vrai ».

A part ça, au V&A, la petite expo 100% britannique était fort sympathique avec plusieurs images pour chaque auteur ce qui permet d’avoir (un peu) une idée du travail de chacun. C’était l’occasion de retrouver des noms biens connus comme Martin Parr (mais en noir et blanc !), Bill Brandt, Chris Killip, Roger Mayne et Don McCullin et d’autres qui le sont moins (pour moi en tout cas) comme Deller et Kane, Nigel Shafran, John r.j. Taylor, Fay Godwin, Maurice Broomfield  (couleurs vibrantes et aussi scènes de travail noir et blanc), Elsbeth Juda (mode en noir et blanc), Grace Robertson, Raymond Moore, Mark Edwards et enfin Peter Fraser.

Mais le gros morceau c’était l’expo consacrée à la photographie du Moyen-Orient, une exposition de grande ampleur portant sur une géographie largement ignorée. Cette expo de longue durée s’est achevée seulement le 7 avril 2013. Elle était structurée en 3 parties (recording, reframing et resisting) et comptait 30 auteurs. C’était une grosse expo et je ne vais pas, là non plus, la décrire par le menu, le catalogue le fait très bien (il encore disponible et au prix d’origine). Par contre, les auteurs étant souvent peu connus en France, indiquer leur site web n’est pas inutile de même que montrer quelques images.

Pour Recording, on retrouvait deux noms bien connus en France mais appartenant à deux générations (et deux sexes) différents: Abbas (petit format noir et blanc sur la révolution arabe) et Yto Barrada (tas de briques dans une cité, évocation peut-être de maisons détruites en Palestine). Pour le reste, des découvertes: Mehraneh Atashi (iranien s’entrainant au zurkhaneh – une sorte de « gymnase traditionnel »), Newsha Tavakolian (femme tenant le portrait de son fils mort), Abbas Kowsari qui a été shortlisté pour le prix Pictet (gros plan sur le T-shirt d’un peshmerga illustré d’un portrait de star de rock), Issa Touma (procession soufi en panoramique noir et blanc) et Mitra Tabrizian (grand format panoramique dans un style contemporain où se croisent hommes et femmes voilées, comme figés) dont le site web très riche vaut le coup, mélange de codes orientaux et de style occidental.

Toujours dans la même section, on découvre Waheeda Malullah (une femme repose allongée, à la demande de la photographe, à côté de ce qui semble être un « lit carrelé » mais qui est une tombe), Manal Al-Dowayan (portrait noir et blanc d’une femme portant une ardoise où est repétée la phrase « l’ignorance est obscurité »), Tal Shochat (un portrait d’arbre avec fruits sur fond noir), Abdulnasser Gharem (route couverte du mot siraat par l’artiste – la voie et plus spécialement la voie vers Dieu dans le Coran) et enfin Ahmed Mater (d’abord on croit voir la Mecque et les fidèles et finalement c’est un aimant et de la limaille de fer, très malin).

La section suivante, reframing, compte moitié moins d’artistes et repose sur l’appropriation (le « recadrage ») d’images anciennes. La série commençait avec Shadi Ghadirian dont on connaît le travail (billet madrilène de 2011, par exemple) mais pas cette série de portraits noir et blanc de style ancien (le titre de la série porte le nom d’une période de l’histoire iranienne, Qajar) mais accesoirisés d’objets modernes. On ne présente plus non plus Youssef Nabil vu à la MEP il n’y a pas si longtemps (ici) avec ses fameux portraits colorisés ou Walid Raad (billet ici).

Pour le reste, là-aussi des découvertes: Raeda Saadeh (autoportrait couché, enroulée dans des journaux), Bahman Jalali (surimpression colorée de vieilles photos noir et blanc barrées de rouge), Hassan Hajjaj (avec des femmes en tchador siglé LVMH par exemple), Taysir Batniji (tours de guet, sur le modèle de Donovan Wylie – billet ici).

Dans le dernier volet de l’expo, baptisé resisting, est démontrer en quoi la photographie peut résister à l’argument souvent employé de preuve et de vérité photographique. C’est donc le territoire de la photo manipulée et altérée.

Atiq Rahimi (photos de Kaboul en très petit format noir et blanc réalisées avec une caméra de photomaton),  Amirali Ghasemi (banales photos de fêtes où les corps sont remplacés par des aplats blancs), Joana Hadjithomas & Khalil Joreige (fausses cartes postales endommagées d’un photographe imaginaire d’un Beyrouth radieux), Şükran Moral (rossignols ajoutés sur des photos de bateaux de migrants).

La visite se termine avec Nermine Hammam (soldats melangés à des paysages de cartes postales kitsch) et Sadegh Tirafkan (foule de croyants et petites photos d’identité superposées formant comme un motif de tapis). Quant à Camille Zakharia, ne n’ai pas bien suivi son oeuvre totalement abstraite (contrairement à ses autres travaux). John Jurayj montrait une photo d’immeuble floue trouée et collée sur un miroir rouge et enfin, Taraneh Hemami montrait des reproductions altérées de photos de terroristes présumés.

Une très belle expo :)

Londres – National portrait Gallery – Man Ray (et autres choses)

Avant de retourner à Vienne pour un grand saut en arrière (en 2010), je vais dire deux mots de ma petite promenade à Londres hier (et puis plus tard je reviendrai aussi sur celle de décembre)…

En ce moment, et jusqu’au 27 mai, à la National Portrait Gallery, au rez-de-chaussée, se tient l’exposition « Man Ray – Portraits ».  Il y avait pas mal de monde, même à l’ouverture à 10 heures et en semaine, pour un sujet de plus assez pointu. Le billet est réservable sur le web évidemment, par créneau horaire, pour 14,35 GBP. Je n’en dirais guère plus puisqu’un catalogue a été édité. Ce qu’il faut savoir tout de même c’est que tous les tirages ou presque sont vintage et que si certains viennent de Beaubourg, un grand nombre viennent du Getty ou d’Israel et ce n’est peut-être pas demain qu’on aura l’occasion de les revoir ensemble en Europe. Il y avait même deux pièces prêtées par Sir Elton John, un des grands collectionneurs mondiaux de photographie (la couverture d’un livre consacré à son action est fortuitement de Man Ray). La section la plus intéressante correspond bien sûr à l’avant-guerre et les intellectuels et artistes de l’époque sont légion. Lee Miller n’occupe ensuite finalement qu’une part assez réduite mais son visage solarisé de profil figure sur le ticket, pour les inconsolables.

Il est possible de manger à la National Gallery, juste à côté, c’est Peyton and Byrne qui assure la restauration et les sandwiches et gateaux y sont toujours frais et délicieux (par contre ce n’est pas donné).

J’ai profité de l’occasion pour visiter l’exposition consacrée à Pompéi et Herculanum, au British Museum, et qui est remarquable, comme d’habitude (16 GBP toutefois). Il est plus que conseillé de réserver (et là-aussi malgré l’heure creuse, 13H20) il y avait foule). Cela commence par le platre d’un pauvre chien occis par les gaz pour se termier par celui d’une famille au complet mais entre les deux c’est la vie qui l’emporte et nous est décrite avec des objets exceptionnels. Parmi eux un dieu Pan en train de se taper une biquette et bien d’autres choses moins amusantes mais intéressantes, notamment les fresques et le mobilier.

J’ai eu le temps aussi de passer une tête pour voir la dernière série de Erwin Olaf (Berlin), présentée pour la 1ère fois au MMKA (illustration ci-dessous), chez Hamiltons, toujours toublante avec un arrière plan toujours aussi subtilement malsain et une qualité photographique cinématographique dans un style ultra-léché.

A la Photographers’ Gallery (illustrations ci-dessous) enfin, j’ai fait quelques emplettes à lire, profitant des relances de Hotshoe Magazine (la fête se tenait d’ailleurs à la photographers’ gallery il y a quelques jours) et aussi de Aperture Magazine. Evidemment, il y avait aussi des expositions. Claire Aho d’abord nous ramène l’espace d’un instant à une époque de naïveté apparente, de joues roses et de charmantes mamans, les années 50 et 60 vues à tavers la mode et la publicité finalandaise. Un vrai régal, un peu comme un gâteau à la crême.

 

Aux autres étage, place est faite aux sélectionnés pour le Deutsche Börse PhotographyPrize. Mishka Henner (vu à Arles) montres des prostituées issues de photos de Google Street. Sans intérêt. Chris Killip exposait à ses côtés la même série que celle vue au Bal. Chanarin et Broomberg dont j’avais vu le travail de curateur à Cracovie ne surprennent pas avec un travail plus artistique (?) que photographique en recyclant des images par superposition au sein  de livres présentés ouverts sous verre un peu comme autant de stelles. Il s’agit d’images de guerre pour la plupart, parfois difficiles, mêlant souvent archives et actualités, noir et blanc et couleur. Enfin, Christina deMiddel montrait ses afronautes, que je n’avais vu jusqu’à présent que sous forme de pixels (voire de pixels de livre). Ici, à Londres, l’expo donne à son travail une autre dimension, mêlant les supports (photos contemporaines scénarisées, lettres, plans, images d’archives, etc) et leur présentation (punaisés, encadrés, etc) et les formats.  Ce reportage partuiellement ictionnel sur le programme spatial de la Zambie des 70’s est assez bluffant, comme les documents préparatoires d’un film qui n’aurait été tourné.

PhotoMonth 2011- East London – AAF

A l’occasion de Photomonth 2011 à Londres où j’ai vu un tas d’exposition et de musées, je suis allé jeter un œil à l’AAF qui s’y tenait, à tout hasard. J’ai relevé quelques noms de galeries et de photographes que j’ai ai ensuite vérifié sur internet et il faut bien avouer que l’impression est médiocre: je n’irais plus dans une AAF. On pouvait en fait rester dans l’entrée pour voir le meilleur, ou peu s’en faut, avec l’exposition dite des « recent graduates » qui son nom l’indiquye est destinée à montrer le travail de quelues étudinats des meilleurs éoles du Roiaume-Uni, et parmis eux, quelques photographes: Ed Hannan (qui vendait à 1000 GBP), Lyn Bannister, Roni Ben Simhon (diasec panoramique de plage et pigeons sur fond blanc) et surtout Willy Rojas dont les minuscules figurines investissaient fruits et légumes.

Pour le reste, surnageaient Crane Kalman Brighton et un marchand sur le web Degreeart.com qui se distingue, comme son nom l’indique encore, qu’il vend des oeuvres de jeunes diplômés voire d’étudiants, d’écoles d’Art. Le site est bien fait, ils vendent à destination de la terre entière et ce n’est pas cher tout en étant tiré à peu d’exemplaires (parfois 5 seulement). Ils ne font pas que de la photo, par ailleurs, et leurs CV en ligne montrent que ce ne sont pas des charlots. On pourra aussi relever la galerie Rebecca Hossack voire The BadJupiter project.

Pour le reste, aucun intérêt.

Photographers’ Gallery a besoin de sous ! Donnez des sous !

J’ai reçu aujourd’hui un mail de la Photographers’ Gallery qui cherche à terminer les travaux immobiliers engagés depuis de nombreux mois sur Ramillies Street à Londres. Pour les aider à finir les travaux vous pouvez acheter une brique virtuelle à partir de 10 GBP seulement. Comme je n’avais pas donné de sous lors de ma visite sur place, je trouve juste de participer cette fois-ci.

C’est par ici pour faire un beau geste.

PhotoMonth 2011- East London – 6ème jour – fin

A part la Tate Britain, ce 6ème jour à Londres pour PhotoMonth 2011 incluait trois visites.

D’abord, Protein Gallery avec un show appelé Index 7 (le site est très bien fait et richement illustré) un petit espace logé à proximité immédiate de la City, au bout de la minuscule Hewett Street au n°18, qui montrait le travail de 7 jeunes diplômés des meilleurs écoles d’art (dont  la central st martin). Luz Marina Trellez montrait de très petits formats couleur de geeks devant leur écran de PC la nuit avec bref descriptif de la situation (nom,prénom, durée d’usage), ce n’est pas très original mais ça fonctionne plutôt pas mal. Eva Roovers exposait deux sortes de mini totems faits d’objets colorés quotidiens. Paul Vickery avait choisi 3 photos d’un gangster sud américains tatoués comme il se doit et en noir et blanc, là-aussi un sujet rebattu. David Calverley-Morris semble montrer une salle de marché en noir et blanc comme en miroir haut / bas mais l’image est difficile à interpréter. Jo Phipps s’essayait au portrait avec deux séries: d’abord de petits formats carrés presque noir et blanc pris dans un bus à l’insu des voyageurs et une série un peu à la Fréger avec des « métiers » (deux tirages couleurs d’employés en tenue – waitrose, m&s).

Je passe sur les travaux sur calque et autre de Myka Baum pour conclure avec Paula Gortazar qui montre des détails d’aménagement du parlement européen, on dirait des maquettes tellement c’est vide et propre…

Chez Studio 54, un espace à louer également tout près de la City, comprenant un petit sous-sol, se tenait l’exposition In depth qui affichait les prix des travaux présentés, ce n’est pas si souvent. Mohsen Zareim (900 euros) montrait frontalement des intérieurs colorés de palais oriental et Michèle Clément-Delbos (425 euros) des intérieurs d’égouts (propres). Ian Farrant (450 euros) montrait un artiste posant devant son cirque et Hannah Richardson (375 euros) un portrait noir et blanc. Emma Brennan (350 euros) nous refait le coup de la vitre humide tandis que Victoria Kovalenko (600 euros) choisissait un panoramique de panorama désert.

Four corners montrait l’exposition la moins intéressante de la journée et en plus c’est fort loin de la station de métro la plus proche, au 121 Roman Road, entre portraits ultra sombres à peine discernables, longue frise de rue noir et blanc en accordéon, scènes de copulation superposées (Byrne) et tirages sur bâches qui montrent les étapes successives d’un effeuillage (Skobeeva), etc. Bof. Elle réunissait notamment outre  Lisa Byrne et Natalia Skobeeva déjà citées,Nick Abrahams,  Kalev Erickson, Walter Hugo et Eva Stenram mais l’absence d’indications interdisait d’associer une œuvre à son auteur (sauf a posteriori par site web interposé…).

 

PhotoMonth 2011- East London – 6ème jour – Tate Britain

Il est temps de finir la série d’articles consacrés à PhotoMonth 2011 à Londres qui se tenait en octobre dernier (en gros). Chaque fois que je vais à Londres j’en profite non seulement pour voir des expos photos mais aussi pour visiter des lieux et monuments qui ne sont pas forcément liés à cette pratique. Je n’étais jamais allé à la Tate Britain et l’emploi du temps m’en laissait la possibilité donc une visite s’imposait. En plus je trouve que les restos de musée sont bien pratique et il y a une cafétéria à la Tate Britain. Malheureusement ce n’est pas terrible et on dirait davantage un resto-U qu’autre chose, pas très net de surcroit et  installé dans un sous-sol aveugle.

Le musée proposait des travaux photographiques de Simon Starling (sa fiat 126), Sarah Lucas (black and white bunny – une femme en chiffon), Rose Finn-Kelcey (autoportrait noir et blanc), Helen Chadwick, Keith Arnatt, Maud Sulter (un portrait couleur grand format) et évidemment Gilbert et Georges.  Une section consacrée aux artistes féminines noires montrait le travail de Ingrid Pollard. Plus loin on trouvait l’incontournable David Bailey avec des portraits de stars en noir et blanc. La section consacrée à l’entre-deux-guerres montrait Eileen Agar et Humphrey Spender.

Surtout,  une salle entière (pas loin de 50 tirages) était consacrée à Don Mc Cullin avec le  East end des années 60 à 80 vers Aldgate, Whitechapel et Spitallfields où on se croirait dans le Tiers-Monde mais aussi les sous-bois, rivières et paysages du Sommerset à la nuit tombante près de chez lui dans les années 90 et aussi des images de Berlin en 1961 lors de son 1er travail de reporter.

Plus loin une section consacrée aux performances des années 69-77 montre Bruce LcLean et Stuart Brisley.

A part ça et parce que la photographie c’est bien mais qu’il ne faut pas être totalement borné, le musée regorge de Gainsborough, qu’on peut y voir l’Ophélia de Millais et des oeuvres de Francis Bacon. Par ailleurs, si le musée est en travaux jusqu’en 2013 et que tout n’est donc pas visible, une magnifique exposition consacrée aux Romantiques s’y tient avec en tête Turner.

V&A – Réouverture de la galerie de photographie

Lors de mon dernier séjour à Londres, en octobre 2011 (je crois), le V&A renouvelait l’accrochage de la galerie de photographie qui rouvrait … deux jours après mon départ. Du coup, samedi dernier,  de passage à l’autre, il était temps de rattraper ce loupé. La galerie ne paie pas de mine, au fond d’un couloir, à l’étage qui abrite la bibliothèque (depuis le tunnel d’accès, c’est le 1er escalier au fond à droite). Le Telegraph a fait un excellent article très bien illustré et documenté qui reprend d’ailleurs une partie des textes présents sur place car dans les musées anglis il y a toujours d’intéressantes explications.

L’accrochage ne se lit pas en suivant le mur mais en passant d’un mur à l’autre, ce qui n’est commode (surtout si on ne s’en est pas rendu compte de suite…); il suit plus ou moins la chronologie mais propose néanmoins des thèmes au lieu d’un déroulement totalement linéaire. On commence par le thème  « discovery » avec des daguerréotypes, dont un de Monsieur de Ste croix qui passe pour l’un des plus anciens de Grande-Bretagne et le plus ancien du musée. Ensuite  se succèdent Claudet, Crawshay, Turner et Belitski, le travail de  ce dernier étant un don du Prince Albert en 1855 (le Albert du Victoria and Albert Museum justement) puis vient un cyanotype de Atkins. On remarque aussi les squelettes de Fenton (photographe du British Museum entre autres activités) datés de 1855, celui d’un humain et celui d’un grand singe présentant une morsure de lion bien visible. Ensuite il s’agit de Turner puis de Le Gray avec une saisissante photographie marine où un petit bateau semble perdu dans l’océan sous un ciel immense (the brig – 1856). Le musée a mis en ligne un excellent travail sur ce photographe français, une fois encore une belle leçon est donnée aux musées français (payants, élitistes, et pour tout dire un peu fainéants). On apprend dans cet article, entre autres choses, que plus de 800 tirages ont été vendus par Murray & Heath dans les deux mois qui ont suivis la commercialisation ce tirage ! Je passe rapidement sur Lady hawarden (1864) et Edward Fox (deux arbres destinés aux étudiants en Art – 1865) pour aborder Howlett et son très moderne portrait de l’ingénieur Brunel posant devant une chaine géante du navire transatlantique the great eastern (1857).

Dans la section « Documents, records and travel » on découvre des travaux anonymes (portraits d’indiens par exemple), l’Alhambra vue par Clifford, les petits métiers de la rue à Londres par Thomson (4 photos) et bien sûr Muybridge. La section suivante, Facts and focus, est un peu plus étoffée et oppose Straight photography et pictorialisme. On voit le travail de Benjamin Stone, d’Atget, une locomotive de Stieglitz et le portrait de Stieglitz par Heinrich Kuhn et aussi l’intérieur d’une cathédrale par Evans (1898) et une prostituée nue à Storyville (le quartier dévolu à cette activité pendant 20 ans jusqu’en 1917) à la Nouvelle-Orleans (1911). La brève section « In focus: Cartier-Bresson » montre 6 photos dont 6 photos dont 2 à Marseilles (sic) et le fameux « derrière la gare Saint Lazare »

La section « After the war:personal vision » laisse la place comme son nom l’indique à des auteurs plus récents qui sont malheureusement à peine survolés faute de place: Irving penn (en 1948), Max Scheler (instant de vie de Helena Rubinstein), Edgerton avec sa couronne de de goutes de lait (en couleur), Aaron Suskind, John Deakin (un portrait de Bacon), Bill Brandt (un nu déformé), Roger Mayne (street photography), Henri Callahan (4 photos de 1952, des mères et leur enfant, toutes petites dans le paysage), Seydou Keita, Frank, Frielander (autoportrait dans une vitrine) et Arbus (les jumelles).

La section « modernism » réunit WalkerEevans, Fred Zinnemann (New York), Curtis Moffat (pour sa célèbre libellule réalisée sans appareil), Man Ray (Llee Miller en maillot), El Lissitzky (autoportrait et montage), Marianne Breslauer et à nouveau Stieglitz.

Un autre « In focus » était consacré à Julia Margaret Cameron avec 9 tirages extraordinaires de naturel et de fraicheur dont on rappellera qu’elle fut exposée en 1865 au V&A pour l’unique fois de son vivant dans un musée.

Au milieu de la salle on découvrait des livres et des tirages aussi, de Fenton, de Murray (fabuleux triptyque du Taj Mahal de  1855), livres de Carrick et Kate e. Cough (collage notamment de cartes a jouer curieusement sur-réalistes dès 1870), des vues diverses de 1865 genre cartes postales de Francis Fith and co (une grosse compagnie spécialisée de l’époque), une photo de l’expedition Scott au pole par Ponting (un glacier percé), un ouvrage de Emerson (1886), Cecil Beaton montrant sa soeur en star (1928), Ansel adams (éblouissant paysage naturel américain de 1942) et pour finir quelques livres récents de Shomei Tomatsu (66), Kertesz (45) et Ed rusha (66).

C’est une salle de grande valeur, surtout pour la période primitive et les clichés de Cameron, qui vaut le déplacement rien que pour cela.