Circulation(s)

Avec quelques mois de retard, un long retour sur Circulation(s) 2014 où j’ai eu droit cette année à une visite guidée au 104 et où je suis retourné pour écouter une table-ronde. J’avais aussi « kickstarté » le catalogue. Le lieu, pour commencer, est plus animé et la circulation plus facile qu’à Bagatelle où se tenaient les éditions passées. Il est aussi possible de s’y restaurer et de passer une tête dans une librairie, par exemple. C’était un bon cru.

Abram Uroš (sexy east), Anthony Todd (sun city poms, de vieilles pom pom girls), Brambilla Anna-Lisa (autisme), Calligaro Sandra (Afghan Dream, des afghans « normaux »). Sandra partage sa vie entre France et Afganisthan et rapporte ici des images d’une « classe moyenne supérieure » qu’elle a côtoyé dans des magasins qu’elle croyait initialement réservé de fait aux expatriés. Elle s’emploie à montrer leur « normalité » et les craintes qui pèsent sur cette potentielle élite de demain, à l’aube du retrait économique et militaire des Etats-Unis, engagée dans un compte à rebours angoissant.  Chernyshova Elena (Jours De Nuit, Nuits De Jour, Norilsk), Dal Mas Aurore (Figures, autoportraits de dos). Le travail d’Aurore, économe de moyens, est réalisé avec son propre corps nous dit-elle, à l’aveugle d’une certaine manière, et l’on est surpris d’y découvrir des plastiques toujours « sculpturales » mais si diverses qu’elles semblent issues de modèles différents. Dinato Martina (magia fotografia, photos retouchées). Martina expliquait en italien (retraduit en anglais ;) côte à côté la photo vernaculaire d’origine (mariage, communion, etc) et sa version retouchée avec le texte de la demande. Etonnants petits formats et curieuses demandes. Dzienis Przemek ( I Can’t Speak, I’m Sorry, corps gênés) expliquait que sa série était volontairement très minimaliste, illustrant un concept (comme la gravité) ou simplement montrant l’embarras et l’inconfort des corps. Fert Bruno (Les Absents, palestiniens absents d’Israël) indiquait qu’il était peu satisfait de ses photos du conflit Israelo-palestinien, il s’est donc engagé dans un travail plus « cérébral » à la recherche des traces des palestiniens chassés en 1948. Il en ramène des image à la plastique irréprochable, parfois étonnante comme cette ruine cernée d’un clôture au milieu d’un champ. Gatti Massimiliano (Lampedusa or the extended desert, reliques de migrants) expliquait avoir réalisé des dizaines de photos en lumière naturelle d’objets trouvés sur les lieux où les migrants sont en transit, en les suspendant ce qui leur donne l’air de flotter. Il précisait aussi que ses tirages originaux « flottent » aussi dans le cadre afin de leur garder un aspect vivant. Gaudrillot-Roy Zacharie (Façades, des façades sans bâtiments), Gouriou Vincent (Singularités, portraits clairs) dont je voyais le travail (que je connais) pour la 1ère fois « en vrai ». Granjon Sylvain  (Les Zidiomatiks, expressions littérales) expliquait rapidement son travail qui en fait n’en a pas besoin: il s’agit simplement d’illustrer par une photo une expression française (comme « Dormir sur ses deux oreilles »). Hudelot Marie (Héritage, portraits croisés) expliquait en mots simples l’objet de son travail tiré en recto verso sur de grandes bâches suspendues dans le hall d’accueil, des portraits inspirés au visage invisible, sous tendu par par ses origines françaises et algériennes tournant autour du combat et de la féminité avec un traitement sensible et léché, de l’inspiration, de l’originalité et une palette saisissante, un des travaux les plus convainquants du 104 et une découverte. Hueckel Magda (ANIMA. Images From Africa, animaux crevés) expliquait l’origine de ses photos par les rituels, ces photos de cadavres d’animaux ne sont pas des photos pour tous les yeux (même si le noir et blanc met de la distance). Je connaissais son travail plus sage vu à Arles il y a bien longtemps (ici). J. Dean Victoria (The Fortified Coastline). Jonderko Karolina (Lost) témoignait des disparitions en Pologne avec photos d’identité d’autant plus effacées que la disparition est ancienne et photo des chambres souvent laissées en l’état. De Karolina je connaissais deux autres séries, Self-portrait with my Mother et If I lay here. Kane Aisling ( Virgin Territory, intérieurs irlandais). Kauppi Andreas (Strange Days). Liebaert Pierre (Macquenoise, huis clos rural) a précisé qu’il a rencontré par hasard le fils et qu’il a fallu du temps pour qu’il découvre la ferme où il vit seul avec sa mère, à 40 ans. C’est un travail étalé sur plusieurs années dont un bref extrait est exposé. Longly Katherine (Abroad Is Too Far, copie d’Europe) expliquait que ces villages/villes calqués sur ceux d’Europe sont laissés aux mains de spéculateurs, parfois privé de route d’accès décente et sans aucune infrastructure publique ils sont finalement vides et se dégradent sans même avoir été habités. Tout au plus servent-il de cadre à des photos de mariage… Lugassy Samuel (Gymnast & Wrestler, sportifs bulgares égarés). Passons plus vite sur Lupi Luca (panorama factice de bord de fleuve ou de mer),Mccullough Jan, Meyer Marcel, Nyholm Erica, Olivet Lucas et Orlowski Gabriel (qui indiquait que sa série, consacrée à « la vie des jeunes », se passait de commentaire, ce qui n’est pas faux).

Plasencia Rubén évoquait sa série consacrée aux aveugles, un vieux sujet tandis que Plauchut Virginie montrait une image pudique au regard d’une phrase extraite d’un récit d’inceste. Poliakova Marina expliquait dans un anglais à l’accent ukrainien que personne ne ferait habituellement poser les hommes comme des femmes et surtout pas en Ukrzaine: c’est ce qu’elle a fait et on voit mieux le ridicule de la situation et ce qui est aussi finalement « imposé » à certaines femmes. Je n’ai aucun souvenir d’avoir vu le travail de PUT PUT.

A parti d’ici j’ai remis les prénoms et noms dans l’ordre, histoire de changer.

Julie Rochereau présentait une brève série sur les sites nucléaires, à peine esquissés, avec les nuages de vapeur d’eau des tours de refroidissement, comme une menace obscure. Une sorte d’écho aux fluffy clouds de Jürgen Nefzger (vieux billet ici) ?

Thomas Rousset  montrait des photos énigmatiques, peut-être est-ce le même qui présentait son travail au WIP à Arles en 2009 (billet un peu énervé, j’étais moins âgé ;) ici). Avec Delphine Schacher (un site Tumblr seulement ?)on revient à du plus facile avec de toutes jeunes filles vêtues de robes de fête prêtées par l’auteure pour l’occasion. J’ai revu cette série en bonne place il y a deux jours à Arles. Delphine vient de finir ses études à l’Ecole de Photographie de Vevey et j’ai déjà acheté un travail à une de ses camarades d’école: je me demande si je ne vais pas récidiver.

Ulrike Schmitz évoque le déplacement forcé de sa famille (allemande) en Union soviétique en 1946. Christiane Seiffert se représente mimant des objets avec son propre corps et une certaine économie de moyens…  Avec Jean-François Spricigo on remonte quelques marches. Le personnage n’est pas très souriant, c’est le moindre que l’on puisse dire, le débit est rapide, les idées nettes, le ton presque professoral mais à l’entendre, car il présentait son travail, on comprend vite que Jean-François a réfléchi à son art, que son travail n’est pas gratuit, qu’il est allé plus profond que bien d’autres (la plupart ?) de ses collègues. Du coup, l’avis qui était le mien il y a quelques années (en 2009, ici) mérite d’être nuancé. Il n’en reste pas moins qu’un travail d’édition, sans doute, serait plus adapté que des tirages accrochés aux murs.

Je passe sur Sputnik (Moritz Krauth) que j’avais déjà vu à Lille (ici) et Clément Val. Zoé Van Der Haegen présentait sa série Battlefield consacrée à l’incongru dans le paysage (disons-le comme ça, faute de mieux), aux petites associations visuelles étranges. Marlous Van Der Sloot n’est pas une découverte, on a déjà vu son travail, à Photoespaña notamment on l’a revu à Arles cette année mais ça manque un peu d’explications.

Je passe sur les parapluies de Matej Andraž Vogrincic vus à ArtBrussels en 2010 sur le stand de la Škuc Gallery pour terminer, dans l’ordre alphabétique, avec Marc Wendelski et les protestataires allemands en lutte contre la destruction d’une forêt.

On leur souhaite plein de succès pour la prochaine édition.

MEP – Programme printanier 2013

Le programme printanier de la MEP s’achevait le 7 avril avec une programmation dans la foulée de celle de l’hiver 2012, à savoir qui nous réconcilie avec la MEP.

On passera vite fait sur La Vitrine avec un Photomaton, Valerie Archeno (Prix SFR) dont le site web (et le travail) vaut 100 fois mieux que ce qui était montré à la MEP et le magazine Images (décidémment très envahissant) puisque tout le sous-sol lui était consacré.

Ce sous-sol était le prétexte à une exposition « sans sujet », accumulant néanmoins de bons auteurs, parfois un peu passés de mode: Dugiez, Clark et Pougnaud (qui n’ont même pas été évoqués à l’occasion de l’expo Hopper), Peyret, Skladman (fameuse série little adults), Sorochinski (série vue à Circulations), Vee Speers (le déjà vu anniversaire, en mosaïque de petits formats), Loretta Lux (qu’on ne présente plus mais qu’on ne voit plus), Yang Yi (avec sa série uprooted de chinois sous l’eau, déja vue maintes fois), Tezenas (ruelles pékinoises, auteur vu plein de fois dont ici), Delangle (Inde, déjà vu aussi par ici notamment), Gueneau, Vionnet, Rivière, Amar, Gargadennec et Tourneboeuf (qu’on ne présente plus non plus, vu ici par exemple).

Je saute l’épisode consacré aux inquiétudes de body-builder vieillissant de Martial Charrier (le titre état d’urgence était très adapté: il y avait urgence à passer vite) et range dans la même catégorie l’exposition de Diana Michener. Dans l’un comme dans l’autre cas, l’absence de tout visiteur alors qu’on se pressait par ailleurs, si elle ne prouve rien sur la valeur de l’expo (et encore moins sur le travail réalisé), montrait au moins un profond désintérêt.

On en vient finalement à la pièce maitresse qu’était l’exposition consacrée au travail de Joel Meyerowitz et c’est à ce moment-là aussi que, par contraste, les autres auteurs retombent lourdement à leur place. Le mieux pour un tel auteur c’est de regarder et, pourquoi pas, d’acheter un bon livre pour garder une trace.

Au final, une année 2013 qui commençait bien en 2013. L’essai sera-t-il confirmé pour la suite ?

Centre Culturel Suisse (CCS) – Body Language (décembre 2012)

Le CCS présentait en décembre dernier des oeuvres de la collection du Fotomuseum Winterthur sur le thème du corps. Le CCS, dont l’accès est gratuit et qui est ouvert le dimanche, propose de temps en temps des expositions photographiques. La dernière fois que j’y étais allé, c’était en 2009, notamment pour le mois de la photo (ici).

D’après le programme, j’ai raté Anne de Vries, Valie Export, Robert Morris et Rockmaster K et c’est bien dommage car je ne connaissais que Valie Export. Parmi les autres célébrités, on avait Nobuyoshi Araki, Richard Avedon, Annelies Štrba, Nan Goldin (avec un grand format couleur, ce qui est inhabituel) et Peter Hujar.

Pour le reste, on pouvait voir ou revoir les auto-portraits de Laurie Anderson (déjà vu à Madrid – ici), les gestes tendres de Igor Savchenko (déjà vu ici), les minuscules noirs et blancs d’une noire aguicheuse de Lorna Simpson (vue ici), les très petits formats noir et blancs bizarres de Walter Pfeiffer (déjà vu ici) et les performances corporelles de Vito Acconci (vu à Vienne le mois d’avant mais le billet n’est pas encore publié). Mais arrivé là on reste un peu embarrasé car aucun commentaire, notice ou cartel ne renseigne le visiteur, du coup la découverte des autres artistes se fait à l’aveuglette.

Paulina Olowska montrait un alphabet humain et Hannah Villiger des bouts de corps meles, Barry Le Va des mains et pieds en terre tandis que Ugo Rondinone couvrait un mur de portraits en couleur du même individu mais grimé en divers personnages (un peu comme Sherman finalement). Urs Lüthi exposait deux triptyques très sexualisés (nu, en peignoir et en intérieur) et André Gelpke le suivait dans cette veine avec des acteurs de peepshows à poil de même que Marianne Müller avec trois grand formats noir et blanc d’une même fille couchée à poil bougeant un peu. La suite reste du même acabit avec Ulrike Lienbacher dont les filles en pose de pin up mais habillées, sans la tête et en noir et blanc font sourire alors que Aneta Grzeszykowska & Jan Smaga font des acrobaties nues en appartement. On conclut avec Anetta Mona Chisa & Lucia Tkácová qui nous font voir deux filles habillées mimer du porno, un travail qui semble une décalque de celui de Edouard Levé (vu en Belgique – ici).

MEP – Hiver 2012-2013

La MEP j’en avais un peu assez depuis de nombreux trimestres et je craignais le pire pour la dernière exposition de 2012. Finalement, c’est le dernier accrochage du programme 2012 qui était le seul valable… On ne peut également que féliciter la MEP pour s’être enfin doté d’un site web décent (et même un peu mieux que ça).

Avant d’attaquer l’essentiel, trois hors d’oeuvres très inégaux étaient montrés. Je passe sur les auto-portraits sans intérêt d’une gamine pour évoquer rapidement Jean Luc Tartarin (grands formats de ciel, petits formats de chemin, une fleur, un cheval) et surtout Susan Paulsen avec une vision amusée en carré couleur du Sud des Etats-Unis, à Wilmot, un petit patelin, pour les éditions Steidl.

Le gros morceau occupait les autres niveaux avec un titre ambitieux et un contrat rempli: La photographie en France 1950-2000. L’exposition était excellente, avec une sélection intelligente, un commentaire pour chaque décennie et une frise au sol: enfin la MEP adoptait (un peu) une « muséographie » contemporaine.

Je ne ferais pas de name dropping à l’excès mais pour les 50′ on pourra citer: Dieuzaide (mon avenure avec la brai), Sudre, Ronis, Riboud (la Tour Eiffel), Doisneau (le baiser),Rizzo, Cartier-Bresson, Klein, Boubat, Clergue, Horvat. Pour les 60′ il s’agissait entre autres de Plossu, Sieff, Cauchetier, Koudelka ou Caron. Pour les 70’s on retrouvait parfois, comme dans chaque section, des photograpohes vus dans d’autres mais on retiendra: Journiac, Claass, Boltanski, Hamilton, Ionesco, Newton, Orlan, Goude,Faucon, Salgado, Depardon. Pour les 80’s c’était au tour de Peress, Freund (portrait de Miterand), Jonvelle (pour la pub « demain, j’enleve le bas »), Nori, De Fenoyl, Isserman, Faigenbaum,Mogarra, Rousse, Choquer et Pierre et Gilles. La dernière décennie représentée (90′) honorait Plossu, Moon, Tosani, Couturier, Rheims, Lambours et Belin.

J’ai commencé à visiter le nouvel accrochage qui dure jusqu’au 7 avril 2013, j’y reviendrai bientôt (ou plus tard).

Le Bal – CEUX QUI ARRIVENT (décembre 2012)

Alors que l’exposition d’Agata occupe Le Bal depuis le 24 janvier 2013, il est temps d’évoquer l’exposition précédente qui se terminait début janvier 2012 et que j’ai vue à mi-décembre 2012. C’était une bonne exposition, qui nous change des grands noms confirmés qui habitent usuellement le lieu. On pourra regretter une fois encore le caractère inadapté du lieu à l’exposition de photographie mais dans le cas d’artistes émergents, mieux vaut encore cela que rien du tout.

Dorothée Davoise montrait une Grèce vilaine en grands noir et blanc. Pierre Toussaint montrait Olaf le clodo, une série que j’avais déjà vue mais pas de manière exhaustive. Gilles Pourtier (déjà vu à Arles ici) et Anne-Claire Bro’ch montraient une série adolescente sympathique en petit format noir et blanc et couleur. Il y avait aussi Lola Hakimian avec un New York en couleur qui parvient à échapper aux clichés (vue à plusieurs reprises et la première fois à Arles en 2009 ici) et Johan Attia (déjà vu aussi à Arles notamment ici) qui présentait des trucs sous forme de doubles pages de livres, c’est pas mal ça comme idée. Mais Pauline Fargue fait mieux avec ses petits cahiers (par contre, elle n’a pas de site web).

Dans une veine documentaire, Vera Schöpe montrait la population au voisinage de mines en Bolivie, Mouna Saboni avait choisi les palestiniens (ça faisait longtemps aussi que je n’avais pas vu le sujet traité) et enfin Laetitia Donval, nous ramenait dans nos campagnes (bretonnes), ce qui ne fait pas de mal et que l’on voit moins sur les cimaises que les palestiniens (plus loin, plus politique, plus polémique). Normalement j’aurais du voir aussi le travail de Justine Pluvinage, mais bon, ça m’a échappé.

BNF – La photographie en 100 chefs-d’œuvre (décembre 2012)

En décembre dernier et alors que l’exposition s’est achevée il y a un mois exactement, je suis passé à la BNF pour aller voir La photographie en 100 chefs-d’œuvre. Il valait mieux, peut-être, acheter le livre (quoi que d’autres ouvrages consacrés à la photographie valent mieux, me semble-t-il). La plus récente des photographies datant de 1986, l’exposition avait un caractère essentiellement historique. L’exposition, payante, imposait un laborieux défilé au coude à coude avec une masse de visiteurs. Comme d’habitude en France, l’appareil critique était inexistant. Avec une photo par auteur seulement, le saupoudrage pratiqué ne présentait aucun intérêt ou presque.

RVB Books – Paul Kooiker

La semaine dernière, petite visite chez RVB Books (95, rue Julien Lacroix, c’est vers Belleville) pour y voir le travail de Paul Kooiker que j’avais découvert à Liège l’année passée avec sa série (qui est d’abord un livre), hunting and fishing. Manque de chance, les prix m’ont paru un peu abusifs (2750 € encadré pour cette série, bien plus pour d’autres série). C’était ma 1ère visite dans cette petite galerie qui vend aussi et surtout des livres, certains étaient sous vitrine comme justement hunting and fishing (double page ci-dessous) qui est épuisé, hélas. L’exposition s’est achevée hier. Cette galerie est à suivre.

Fondation d’entreprise Ricard – L’apparition des images

La semaine dernière se terminait l’exposition intitulée L’apparition des images à la Fondation d’entreprise Ricard (12 rue Boissy d’Anglas), c’était donc l’occasion de renouer avec Paris. L’exposition était modeste, accompagnée de livret explicatifs en noir et blanc et il était possible d’avoir une visite guidée. Le contenu, contemporain, était consacré davantage à la matière (la texture) photographique qu’à la photographie elle-même et pouvait rester assez obscure au 1er abord, plus proche de l’expérimentation physique ou technique que de la création artistique. Au programme:   Meris Angioletti, Eric Baudelaire, Dominique Blais, Juliana Borinski, Blanca Casas Brullet, Joseph Dadoune, Jacob Kassay, Lisa Oppenheim, Diogo Pimentão, Sébastien Rémy, Simon Starling.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 2 – La suite

Pour le 2ème jour à Vienne pour le mois de la photographie il n’y avait pas que le Kunst Haus Wien, même si c’était le point d’orgue. L’exposition qui se tenait à l’Hotel Altstadt / The Hall (Kirchengasse 41) valait aussi la peine, avec des séries très longues et un bel espace qui n’a d’ailleurs rien à voir avec un hôtel. Hélàs, de retour à la maison le bilan est plus mitigé car nombreux sont ceux qui n’ont pas de site en téta de marche et parmi ceux qui en disposent l’impression donnée n’est guère favorable, dommage. On commençait avec un long reportage coloré consacré au théatre chinois par Gerhard Falb  avant de passer aux très expérimententales « solargrafie » noir et blanc de Simone Gostl (des paysages vilains réalisés en exposition longue de plusieurs jours). Je passe aussi sur Judith Kaltenböck (portraits mélangeant un homme et des emballages) et Eva Unterwurzacher (photos de famille à la mer, dans le jardin, mais très floues) qui ne sont pas sans intérêt mais dépourvues de site web. Le travail de Alek Kawka échappe à la description tandis que Patricia Gapp affichait 5 grands portraits en couleur et trois boites avec un rouleau de photos éclairé et défilant (c’est original). Le parcours se terminait avec Heidrun Henke et ses portraits de nuits de gens éclairés par leur écran (le site consulté est indiqué), un sujet déjà exploité par d’autres (vu à Londres par exemple, ici).

Je passe sur l’exposition qui  se tenait sur Ausstellungsstraße 53 car je n’ai vu qu’un seul photographe alors que j’en attendais plusieurs et en plus il ne figurait pas sur le site web. Bref.  Du coup nous voila au Ragnarhof (Grundsteingasse 12), toujours aussi underground, dans une sorte de squat, tout près d’un ciné et d’un boite gay, de nuit il faut être un peu motivé. Je passe sur ceux et celles sans site web (Smaranda Elena Corbeanu, Jennifer Fetz et Claudia Rohrauer)pour évoquer Stefanie Honeder (très divers et du texte, beaucoup de texte…), Robert Bodnar  (un seul très grand format en diasec d’un paysage imaginaire de lac et montagne) et le plus facilement lisible travail de Sophie Tiller  avec 4 petites plantes bien vertes poussant au travers de vieux livres (ci-dessous en provenance de son site web :)

Le Bal – Paul Graham

Jusqu’au 9 décembre, Le Bal présente le travail de Paul Graham, dans la droite de ligne de sa série anglaise, après Chris Killip (billet ici). Pour 5 € l’entrée vous avez droit à un fascicule qui s’apparente à une sorte de magazine des activités (commerciales) du Bal plus qu’un à guide l’exposition. Pour la 1ère fois, à ma connaissance, Le Bal met en oeuvre la consultation de livres sous forme numérique danbs la petite salle dédiée habituellement à la projection, salles envahie de bobos à poussettes. Pour le reste, la salle au rez-de-chaussée montrait beyond caring, de grands formats couleurs accrochés serrés, la Grande-Bretagne de Thatcher vers 84, vue dans les salles d’attentes de l’ANPE locale, au ras des chaises. Au sous-sol, une série plus conceptuelle, The present, une forme de street photography consistant à faire deux ou trois photographies successivesd parfois sous deux angles, du même lieu; l’effet produit est singulier, presque hypnotique, parfois aussi amusant. Une belle idée d’exposition, réduite faute d’espace, au rôle d’amuse-gueule, comme souvent au Bal qui devrait déménager ou creuser une autre cave …

Dans quelques jours, l’ENSP prend le relai, du 14 décembre jusqu’au 6 janvier 2013 exactement, avec 8 jeunes artistes.