Rencontres d’Arles – Ateliers – Nan Goldin – The ballad of sexual dependency

La première fois que je suis allé aux Ateliers à Arles cette année,  j’ai raté le « cinéma » où est projeté The ballad of sexual dependency et pour cause: en fait de « cinéma », le local de projection est modeste (quelques chaises pour 20 personnes maxi peut-être) et se trouve juste en bas des escaliers à droite et pas très bien indiqué si bien qu’on passe à côté sans le voir.

Ce serait pourtant dommage de rater ça.

Nan Goldin en 45 minutes de diapo, ça fait beaucoup d’images a raison de 3 secondes chacune. La musique est bien faite (on reconnait Petula Clark et son Downtown et les Jimmy Sommerville) et elle souligne chaque changement de thématique. En effet, cette balade est structurée en sujets qui se succèdent: gays, lesbiennes, enfants, maternité, hommes armés, femmes armeés, femmes violentées, hommes musclés, etc. Tout n’est pas d’égal valeur mais on ne peut pas rester indifférent à ce regard, fortement sexualisé et souvent violent.

J’en profite pour rappeler que la projection n’est pas « tout public » en dépit de l’absence d’avertissement le jour de ma visite.

C’est visible jusqu’au 13 septembre 2009.

Rencontres de la photographie d’Arles – Grande Halle

Alors que les Rencontres de la photographie d’Arles sont désormais achevées depuis lundi dernier, je vous invite à terminer notre visite du site des Ateliers.

Nous avons vu successivement l’Atelier de maintenance et celui des forges, puis l’Atelier de mécanique et  le Magasin électrique. Nous voici maintenant à la Grande Halle.

Le principe dans cette halle, c’est de donner carte blanche à des curators qui ont invités des photographes.

Ainsi, Caroline Issa & Masoud Golsorkhi montrent Jamie Isaia qui fait des autoportraits (bof), Danilo Giulaniqui fait des photos de mode (bof) et Cameron Smith. Ce dernier ne verse pas dans le nombrilisme intellectualisant de Isaia ni dans la photo de mode plate de Giulani : il m’a semblé qu’il a quelque chose que les autres n’ont pas. La fraîcheur peut-être (il avait 21 ans quand il a fait ses photos pour Tank) ? Son site perso est .

Ci-dessous deux photos de Smith exposées à Arles mais telle que parues dans Tank (avec la légende donc).

Elisabeth Biondi a retenu  Debbie Fleming Caffery (des photos noir et blanc énigmatiques dans un bordel mexicain), Pieter Hugo(ses dresseurs de hyènes) et Ethan Levitas (dans le métro de New York).

Les deux derniers méritent qu’on s’y arrête.

Je connaissais le travail d’Hugo pour l’avoir vu sur le site web de sa galerie (Yossi Milo à New York) mais en vrai c’est incomparable. Maintenant il faudra voir s’il tient la distance car son travail repose sur la qualité du sujet de reportage : sa série sur les cueilleurs de miel parait du coup bien fade (si j’ose dire) alors que d’autres, visibles sur son site, sont d’une puissance exceptionnelle.

Mon préféré reste Levitas : ses voitures de métro photographiées de profil dévoilent toujours des visages et des postures ou des tags dont l’association est créative, original et amusante. La réalisation est parfaite. Filez sur son site : .

Nathalie Ours a sélectionnéJerry Schatzberg (des photos noir et blanc de stars des temps passés), Nigel Shafran (et ses photos du quotidien qui n’auraient pas du quitter Flickr) et Stephanie Schneider. Cette dernière mérite qu’on s’y attarde. J’avais déjà vu son travail sur le web sur le site de sa galerie et il en a été question en mai 2008 sur Arte (Schneider est allemande). Le projet présenté va bien au-delà de la photo : Schneider peint et fait des films également. Toutefois, l’exposition était un peu superficielle malgré un effort de pédagogie et il était difficile d’appréhender son travail comme un tout. On était condamné à regarder ses grands polaroïds (périmés, ce qui explique les couleurs) sans avoir les clés de lecture. Néanmoins, même en lecture rapide, on ne peut rester insensible aux effets produits.

Carla Sozzani fait découvrir Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Marla Rutherford montre une série assez « sex » et « fetish ». Une série colorée, un peu années soixante aussi. Le sujet m’a fait penser à une version glamour du récent travail d’Erwin Olaf (série separation) bien qu’en fin de compte il n’y a aucun rapport entre de jolies images « fetish » et le travail dérangeant d’Olaf, sensiblement plus profond. Ceci dit les jolies images c’est bien aussi. Son site est et l’image dessous en provient (regarder bien la tête du modèle).

Martina Sauter présente un travail étonnant. Chaque œuvre est composée de deux photos qui se chevauchent légèrement chaque fois pour composer,de loin, une image unique. L’effet est saisissant avec des portes, par exemple, et en plus les deux photos ne sont pas de même nature : l’une est nette et l’autre volontairement pixellisée. Tout cela contribue a créer une histoire sous nos yeux, une sorte de suspens entre les deux images. Vraiment étonnant car ce n’est pas seulement l’image qui nous est donnée à voir mais aussi un objet : pour preuve, sur un écran cela ne donne rien et je ne poste donc pas d’illustration de son travail.

Angela Strassheim instille le doute dans certaines de ses photos (serie pause). Tout à l’air normal mais quelque chose se passe. Un regard, et une inquiétude transparait. D’autres images, proprettes, aux tons acidulés, renvoient à son parcours personnel et spirituel (serie left behind). Elle est représentée par la galerie Marvelli dont l’illustration ci-dessous est extraite.

Le dernier curateur invité est Luis Venegas qui montre les travaux de David Urbano, Leila Mendez et Daniel Riera.  Je n’ai pas été convaincu par les paysages du premier, les photos dignes de Flick de la deuxième et le manque de fil conducteur du troisième.

Les artistes que je retiendrai donc dans cette halle sont : Cameron Smith, Ethan Levitas, Stephanie Schneider, Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Rencontres de la photographie d’Arles – Le Magasin Electrique

A l’occasion des rencontres de la photographie d’Arles, qui se sont achevées hier, lundi 15 septembre, et après l’Atelier de maintenance et celui des forges, puis l’Atelier de mécanique, je vous propose de passer au Magasin électrique.

J’ai déjà parlé brièvement du travail de Alt qui ouvre l’exposition. Ensuite, vous auriez pu voir des photos (nombreuses, presque trop, on saturait un peu) de Mimmo Jodice en noir et blanc centrées sur les richesses artistiques et notamment architecturales de l’Italie. Bof. Paul Facchettii présentait quant à lui essentiellement des portraits en noir et blanc de célébrités du passé qui ne diraient pas grand chose à des trentenaires. Tout cela m’a semblé des photos de vieux, sans vouloir être insolent : de la photo de morts ou de choses inanimées.

Avec Paolo Pellegrin, on passe chez Magnum et ça déménage davantage mais c’est juste ce que je n’aime pas non plus : de la photo de reportage transformée en tableaux géants. J’en ai assez des guerres en grand format et, avec Pellegrin, ce ne sont que des guerres. Les images sont expressives, frappantes : c’est un bon faiseur ce Pellegrin mais bon, pourquoi accrocher cela sur les murs ?

J’ai donc été déçu et c’est Alt qui sauve peut-être les meubles. Par contre, comme j’ai le gros livre de Magnum, je trouve que c’est un support plus adapté pour Pellegrin et ses camarades photoreporters que le grand format sur un mur. Vous trouverez ci-dessous une photo du livre livrant une image terrible d’ailleurs présentée à Arles. Vous pouvez aussi achetez le livre, tant qu’à faire.