Galerie Bailly Contemporain – Daniela Edburg et autres

Toujours en novembre 2011, et ce sera le dernier billet pour ce revival d’un samedi d’hiver, rapide visite à la Galerie Bailly Contemporain, voisine de Hug et de Seine 51. Les travaux présentés ne ceux pas d’artistes de la galerie et une bonne partie de l’étage était occupé par un petit assortiment de petites photos de tout un tas d’auteurs.

On reste dans les habitudes de la maison (un peu blingbling, diasec de grand format, des couleurs qui pètent) avec Daniela Edburg mais l’originalité et l’humour grinçant en plus: ces fringues improbables et les personnes vaguement hallucinées qui les tricotent ne manquent pas de charme (et d’intriguer aussi). Du coup, en allant sur son site web, je me suis rendu compte que je connaissais son travail et en particulier la série des « death by » (et tout spécialement death par bananas). Ce n’es tpas de la grande philosophie mais c’est amusant et ça fait r&fléchir (pour celui qui le souhaite), bref c’est de la bonne photo et c’est esthétique en plus.

Pour le reste, comme je le mentionnais il s’agissait d’une sort de pot-pourri (pas cher) sans trop de prétention mais pas inintéressant pour autant et, là-encore souvent teinté d’humour. Avec Paola Guigou on revient à l’époque Renaissance avec de petits portraits (350 EUR) mais le site web ne confirme pas la bonne impression. On pouvait voir aussi Franck Juery (très bon site – et photographies – même si les séries sont un peu courtes, plein de nostalgie et de simplicité), Kristina Kostadinova, Jae Ko et Formento+Formento (des jolies filles dans une ambiance cinéma, style « mode » ça marche toujours – 650 EUR).

On pouvait voir aussi de brefs extraits des travaux de Kim Holtermand, Lisa Klappe (dont le site est aussi élégant que malcommode), Peter von Felbert, Antti Viitala, Jason Koxvold (dont les rigoureux paysages sur son site web valent la peine d’être vus), Rinze van Brug (qui a photographié Obama et Eniko Mihalik, mais pas ensemble ;-) et enfin Andrea Garuti. La plupart oeuvrent dans la mode ou la publicité mais pas tous et, dans tous les cas, leur site web vaut le coup d’œil, l’expo n’étant qu’un apéritif.

Galerie Bailly contemporain – Sabine Pigalle – Protectors

La Galerie Bailly contemporain s’est installée depuis peu rue de Seine (au 38) et reste ici aussi. Jusqu’au 26 juin, elle présente une série que je ne connaissais pas de Sabine Pigalle (son site ici), et qui s’appelle Protectors.

Comme dans les autres séries de la photographe, on reconnait un style Sabine Pigalle: une photographie léchée, propre et nette, des modèles au teint mat et clair voire presque blanc, des lèvres pulpeuses rehaussées de rouge, un grand dépouillement, un style que l’on pourrait qualifier de japonisant, très séduisant, quoi qu’un peu froid.

La série repose sur la ré-interprétation des saints des métiers, un magnifique prétexte à des compositions presque géométriques et abstraites tant les corps sont, lissés, idéalisés, et la composition structurée.

Les tirages de grand format sous diasec et l’éclairage choisi mettent en valeur ces pièces que j’imagine d’un prix coquet (diasec + grand format = cher). Ailleurs dans la galerie, de plus petits formats, en grand nombre, sont sagement alignés. Une notice plastifiée commente chaque image, une attention qu’on trouve rarement en galerie. On remarquera aussi que la photographe porte un regard fort construit sur son propre travail, à en lire son commentaire en ligne sur le site de la galerie, ce n’est pas si fréquent non plus de trouver un photographe capable d’un tel exercice de distanciation et d’explication.

Voilà une photographie à la fois commerciale (décorative et esthétique) et rattachée à un fond culturel indéniable (les saints, le nu, les corporations médiévales, le portrait flamand) qui en élargit la portée. Nul doute que cela devrait se vendre.

L’illustration ci-dessous provient du site de la galerie.