Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cinq galeries commerciales

Nous approchons de la fin de la série d’articles consacrée à Noorderlicht 2009, festival de photographie qui s’est achevé à Groningen en octobre. On a évoqué ici de nombreux lieux d’exposition les plus divers mais plusieurs galeries (d’art) étaient aussi associées au festival.

Sign (ici)est une petite galerie qui ne fait pas que de la photo où vous serez bien accueillis (en anglais). On pouvait voir une courte série de photos de Brigida Mendes, toutes sur le même modèle: ciel bleu, bestioles miniatures ou statuettes marrantes (une paysanne qui picole, un petit garçon qui pousse sa crotte), dans un décor de pacotille: (terre nue et bâche en plastique figurant l’eau). L’humour ça me plait bien. Par contre, je n’ai pas vu le travail de Philippe van Wolputte qui était annoncé.

Fotogalerie Lichtzone (ici, site bien illustré mais en néerlandais) est comme son nom l’indique une galerie dédiée à la photographie. En l’espèce, il s’agissait de paysages, plutôt classiques: paysages a la frontière de l’eau et du ciel pour Rein Paalman (water & reflections – 300 a 800 euros) et paysages avec un magnifique horizon (the empty land).

La Galerie Sand (ici, site web excellent bien qu’en néerlandais uniquement), presque en face de la précédente, abandonne le parquet en rez-de-chaussée pour un espace contemporain sur deux niveaux avec deux gamines décoratives et la propriétaire pour faire l’accueil (à la parisienne, dans le plus mauvais sens du terme, un je-ne-sais-quoi d’insolence bourgeoise).  Il y a comme des pistolets en brindilles (Karel Fonteynepistoleros) mais surtout (en nombre) le travail d’étudiants des fotoacademies de Groningen et Rotterdam (du moins c’est ce que je croyais avoir compris car en fin de compte, les auteurs mentionnés ci-dessous ne sont plus étudiants , pour certains, depuis longtemps).

Étaient ainsi exposés: Katja Effting (ici), Robin de Puy (des portraits, ici), Sanne Thunissen (guerre de petits soldats, ici), Monja de Ridder (montage toile ancienne et photo actuelle du port), Marion van Damme (ici), Remco Muntz (ici), Xiao Xiao, Petra van der Veer (ici) et Milan Gies (ici). J’ai indiqué leur site web (s’il existe) qui la plupart du temps vaut le coup d’oeil.

Enfin, vous trouverez sur le site de la galerie un photographe qui n’était pas exposé mais dont le travail me plait bien, David Stewart (son site ici).

La Galerie noord (site ici) est fort modeste et montrait 4 auteurs. Maureen van Haaster (ici) exposait une impression sur vinyle, une fleur et des surimpressions circulaires (250 euros). Sur son site web vous verrez de belles fleurs qui semblent être sa spécialité.  Piera Campo montrait 3 grands formats dans des tons rouilles (pied d’enfant, paysage, petits pieds au dessus de l’eau) à 970 euros chacun. Dorien Dolsma (ici) montrait des petits formats carré (350 euros): une fille aux fesses rouges, un chien sur un canape dehors, un cheval, etc. Elise te Pas montrait petits noir et blanc où des ouvertures laissent apparaitre une image sans rapport (150 euros). Ce n’est pas mal fait.

La dernière galerie était extrêmement loin du centre (4 km à pied pour y aller !) et difficile à trouver en bordure d’une grande route et d’un canal. Il s’agit de Galerie  Paviljoen Van Starkenborgh (site web ici).

Je passe sur Hans Sas (ici) dont l’ensemble très divers n’ pas suscité chez moi de grande réaction.  Corinne Hörmann (ici) montrait, pour sa part, papa tu anuka, une série de magnifiques paysages littoraux pris au raz de l’eau en Nouvelle Zélande (1 650 eur).

Arnoud Bakker (ici) montrait des tirages grandeur nature de femmes debout avec des traces de perforation de film des deux cotes, des tirages plus petits colles par deux et encadres, des portraits féminins très sombres  et des paysages. Ce n’est pas très convainquant contrairement à son livre qui était également exposé. Son site est très bien réalisé et permet de mieux se figurer son travail (ci-dessous).


Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Noorderlicht Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009 et tout près encore de l’église de Aa, à la Noorderlicht Fotogalerie. Cette exposition fait partie du programme officiel et se déroule en un lieu semblable à une galerie des plus classique. Elle s’intitule Multivocal Histories et a pour curateur Bas Vroege, directeur de Paradox.

On peut y acheter aussi des ouvrages de photographie ainsi que le catalogue de Noorderlicht 2009.

Taco Hidde Bakker (son site web ici) montrait un projet (Grozny Memories) concernant la ville de Grozny, détruite par la guerre. Il s’agit d’affiches résultant d’agrandissements pixelisés de photos couleurs des années 50 doublées d’un texte. Andrea Stultiens (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montrait un travail également assez conceptuel (uganda, the kaddu Wasswa archive) avec des photos du personnage, de ses photos et aussi des facs similés de ses écrits. Pour ma part, la portée de ce travail qui m’a semblé documentaire et de peu d’intérêt, m’a échappée.

Julian Germain avait choisi de montrer le déclin de la ville sidérurgique britannique de Consett (série steelworks visible ici sur son site web). Comme Taco Hidde Bakker et Andrea Stultiens, l’artiste utilise ses photos mais aussi des photos banales tirées de la presse (locale) ou de ses archives familiales. Certains cadres sont en acier en hommage au passé siderurgique de la ville et c’est presque ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce travail.

Avec Anastasia Khoroshilova (série out of context) on reste dans une approche conceptuelle de la photographie mais il me semble plus facile d’adhérer au projet. On pourra lire l’excellent article d’Olivier Vargin ici qui ne porte pas sur la série exposée (bien que réalisée en 2005, 3 ans avant l’article en question) dont les commentaires restent d’actualité. Le site d’Anastasia est également très bien fait (ici) avec quelques illustrations de la série vue à Groningen. L’exposition était plutôt saisissante puisque se tenant dans un… couloir de la galerie: sur un mur, des enfants survivants  de Beslan en soin en Allemagne en tenue de détente sur fonds de Bavière, sur l’autre mur, lui faisant face, une galerie de portraits issus du mémorial de Beslan. Assez dérangeant. Pour ceux qui auraient oubliés la tragédie, un rappel ici.

Deux autres artistes avaient retenu quant à eux d’autres supports que l’imprimé. Florian Schwarz a ainsi retenu la projection en triptyque de photos de la Russie actuelle en noir et blanc dans le genre granuleux, à la « recherche » de son grand-père dont il a découvert qu’il fut prisonnier en Russie pendant la 2de guerre mondiale. (série WOHINUNDZURÜCK visible ici sur le site de l’artiste). Tim Hetherington (série sleeping soldiers) montrait un travail que j’avais déjà vu je ne sais où mais cette fois en triptyque avec une vidéo montrant un peloton de soldats morts de trouille. C’est pas mal du tout à regarder (et c’est visible en ligne sur son site ici) !

Voilà pour le rez de chaussée.

Au sous-sol, plongé dans la pénombre on pouvait voir les travaux de Vojta Dukat et Ales Vasicek. Le 1er a filmé le départ des russes de  tchequie (91) et l’autre à dénicher des documents et réalisé des photos postérieures à l’événement. L’exposition montre donc des photos et des films mais aussi des objets (fanion des jeunes communistes, etc). Les auteurs étant mécontents du catalogue, il était possible d’apposer des tampons sur les pages litigieuses pour « recadrer leur propos ». Du coup, je me demande bien comment sont traités les ventes de catalogue par correspondance: le festival tamponne les pages ?

Quoi qu’il en soit, cette exposition était fort bien faite et du même niveau (relevé) que celle de l’église de Aa.