En bref – Maison européenne de la photographie – On the road

La Maison européenne de la photographie (MEP pour les intimes) poursuit son accrochage actuel jusqu’au 4 avril 2010 (déjà évoqué ici et ) avec toutefois une légère évolution: la disparition de Sarah Moon (le 7 mars) au profit de On the road (depuis le 17 mars).

Je me suis donc pointé hier pour jeter un œil vite fait (ma première motivation étant en fait de passer aux toilettes mais il ne faut pas le répéter). J’ai été surpris de constater qu’une foule compacte faisait la queue, une fois encore: cet accrochage battra certainement un record !

Concernant on the road, il s’agit comme on s’en doutera d’une exposition thématique permettant à la MEP d’exhiber quelques pièces issues de sa collection, la plupart du temps des grands noms, avec pas plus d’une photo par auteur (sauf exception). Cet expo, suggérée par BMW, ne mérite pas à elle seule de passer à la MEP mais permet de se familiariser simplement,  l’occasion d’un thème grand public, avec les grands auteurs. Comme il s’agit de « classiques » donc de photographes un peu anciens, ce sera aussi l’occasion de faire un saut dans la passé qui pourra intéresser plusieurs générations, y compris les enfants et les grands-parents, à égalité (image ci-dessous tirée du site de la MEP, ici).

Je rappelle que le week-end prochain est le dernier pour profiter de l’accrochage actuel !

Galerie Laurent Godin – Gonzalo LEBRIJA

Hier, dans la tournée des galeries, après Baudoin Lebon, ce fut au tour de Laurent Godin. Ce dernier nous montre le travail de Gonzalo Lebrija intitulé « R75/5 TOASTER ».  La R75/5 dite aussi « toaster » est une moto BMW dont les flancs chromés évoquent ceux d’un grille-pain d’où son surnom. Et Gonzalo a l’idée de faire des photos des reflets dans le chrome. Il n’est pas le seul ni, je pense le premier, à avoir eu l’idée. La photo ci-dessous illustre le principe avec une sorte de mise en abime.

Les photos de Gonzalo présentent, en soi, un intérêt limité : des images de paysages désertiques, plus ou moins déformés par la courbure du miroir. Il y a une photo où le photographe est piégé par son reflet. Non, là où Gonzalo fait fort c’est parce qu’il applique une procédure répétitive sans se détourner. Ainsi, au fil de son voyage à moto en Basse-Californie, il fait toujours la photo du reflet puis de photo de la moto, à part, inscrite dans le paysage si bien que l’on voit deux fois la même chose (le paysage) avec deux optiques différentes.  La 1ère est en couleur et la 2ème en noir et blanc, de taille réduite. Ensuite, ces deux photos sont assemblées sur un même cadre, la grande en haut et la petite en bas, séparées par un carré noir où figurent en blanc les coordonnées, température et altitude du lieu. L’exemple ci-dessous est tiré du site paris-art.com et illustre le propos.

L’accrochage resserré, formant une ligne au mur évoque aussi, évidemment, la route.  Ceci dit, une fois passées la compréhension de la procédure et la vision des 1ères œuvres, l’intérêt s’émousse vite et chaque œuvre paraît, individuellement, bien terne, à mon goût. Finalement, Gonzalo est moins un photographe qu’un artiste et son travail me semble plus une installation qu’une suite de photos. Il y aurait du son et une vidéo ou la moto elle-même ou une sculpture en miroirs, cela aurait sûrement été plus convainquant. Peut-être, néanmoins, quelques photos ont de l’intérêt : celles où la déformation de l’image par le miroir du chrome évoque la déformation de l’image par la chaleur, par exemple, mais il n’est pas certain que cela soit fait exprès et, à part une ou deux photos de ce type, décidément, il n’y a pas grand chose à voir. En fait, si l’on voit bien la démarche comme un tout, on ne perçoit pas vraiment ce qui a motivé CETTE photo plutôt que telle autre. Enfin moi je n’ai pas perçu en tout cas.

Si vous voulez vous ennuyer un peu, c’est jusqu’au 4 octobre.