Galerie Vu’ – Anne Lise Broyer

La Galerie Vu’ (2 rue Jules-cousin et ici) fait partie des galeries que tout amateur de photographies se doit de visiter.

Voilà une galerie qui ne prétend pas faire de l’Art, dans les quartiers bobos ou aristos mais qui, en fin de compte, à mon humble avis, compte dans ses rangs plus que de « simples » photographes (ce qui n’est déjà pas si mal) mais aussi  de véritables auteurs, voire, peut-être des artistes. C’est le cas de Anne Lise Broyer, objet d’une exposition de grande ampleur couvrant la période 1996-2009. On pourrait citer aussi Denis Darzacq ou Léa Crespi.

Il faut ajouter que cette exposition ne fait pas dans le minuscule, le minimaliste, l’étriqué des mains et du front: le travail présenté ne se résume pas à quelque concept fumeux synthétisé dans une production anémique. L’exposition de Anne-Lise Broyer se déploie avec une abondance de travaux, autour de trois thématiques, avec sensibilité et finesse. Dit autrement, ici, on se moque pas du monde, il y vraiment du travail.

Néanmoins, cette exposition s’inscrivant plus dans le registre du cérébral et de la sensibilité, il est difficile d’en restituer ici, même avec quelques images, la tonalité. Sachez que les photographies étaient l’objet d’une scénographie soignée, avec des petits dessins sur les murs, des phrases lancées ici et là, des citations, parfois formant un récit, une sorte de long un fil rouge, parfois couvrant presque un mur, parfois juste pour souligner une image.

Toutes ces image sont banales (des visage, des intérieurs désertés, des sous-bois, des tableaux, etc), souvent très petites, en noir et blanc, parfois comme perdues dans un grand fond blanc mais l’ensemble forme une présentation intelligente et construite. Du coup, en passant, je me demande si cela aurait du sens d’acquérir juste une photo, cela perdrait sûrement beaucoup de sa force. Le livre est sans doute le support qui se prête mieux à l’exercice.

Donc, le mieux à faire, si vous avez raté l’exposition (qui s’achevait semble-t-il hier), c’est sans doute de feuilleter, voire d’acheter, un des nombreux livres de l’auteur et notamment Au roi du bois chapitre 2 (dont Photosapiens livre quelques clé ici) et  Le ciel gris s’élevant paraissait plus grand qui servaient de support à l’expo. Pour le reste vous pourrez écouter Le Courage des oiseaux et la chanson bleue et lire l’article de Etienne Helmer dans Paris-Art (ici) puisque ces deux chansons servaient également de prétexte à l’expo.

Galerie Vu’ – Exposition très collective – derniers week-ends pour voir

La Galerie Vu’ (2 rue Jules Cousin et ici) je l’ai visitée bien souvent et j’en déjà parlé lors du Mois de la photo à Paris, en décembre dernier (ici). Il s’agit là de vous encourager à aller voir l’exposition (très) collective qui s’y déroule jusqu’au 18 avril, ce qui vous laisse encore seulement deux week-ends.

Je ne vais pas raconter ce qu’il y a à y voir vu que ce sont près de 30 auteurs photographes qui y sont présentés. J’ai relevé Engstrom, Botman, Ackerman, Castore, Terré, Broyer, Comment, Forsslund, Schuh, Dumas, Sriwanichpoom, Bizos, Stromholm, Tunbjork, Darzacq, Castro-prieto, Leblanc, Crespi, Bas, Blenkinsop, Silverthorne, Munoz, Zuili, Faucon, Wurstemberger, Pernot et Picard. Il semble que j’en ai oublié au vu de la liste sur le site de VU’ (ici).

Ce n’est pas tous les jours que vous aurez l’occasion de voir un tel nombre de photographes et de photographies dans des styles aussi variés et pour un coût de zéro euro.

Il y a dans le lot un certain nombre de photographes dont j’ai déjà parlé comme Tunbjork ainsi que Comment et Broyer (dans le billet déjà cité),  Darzacq (ici, les chutes, chez Les Filles du Calvaire),  Crespi et Silverthorne (ici – à Arles en 2008).

Courez-y vite.

Mois de la photographie à Paris – 19 – Galerie VU’ – Lars Tunbjork et une surprise pas chère (en bas du billet)

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie VU’ (ici) montre jusqu’au 25 janvier 2009 des photographies de Lars Tunbjörk sous le titre Vinter (« hiver » en suédois et en danois, du proto-germanique *wentruz qui a donné « winter » en ancien frison, néerlandais et anglais – ici c’est un blog pour se culturer, je rappelle).

Cette exposition m’a bien plu.

Contrairement à ceux qui s’attendaient à une vision de la Scandinavie stéréotypée, propre, design, écologique et blonde,  je m’attendais pour ma part à une vision underground et désespérée, triste à pleurer, du genre de l’expsotion consacrée à la  Finlande telle que l’avais découverte à Châlon (ici). Contrairement à certains idées reçues, il y a des pauvres en Scandinavie et l’acoolisme y fait des ravages, surtout chez les jeunes (les nuits sont longues).

Ce n’est certes pas la joie qui sourd de ces photographies mais ce n’est pas non plus le désespoir. Certes, on voit de la neige sale, des jeunes gens moches, de vilains intérieurs banaux, de la neige qui tombe, et la nuit aussi.  C’est peut être la rareté des visages qui évite de sombrer. C’est peut-être aussi une sorte d’humour finalement, un léger décalage qui nous montre une réalité certes pas terrible mais si humaine et finalement si proche.

Bref, allez-y, cela vaut le coup. Comme la Galerie VU’ s’obstine à mettre des tag VU’ sur ses photos en ligne, je n’illustrerai pas ce billet (sinon, vous pouvez voir ). Et toc.

Et maintenant la suprise. C’est bientôt Noël (c’est pas la suprise ça, c’est le teaser).

Jeudi dernier, la Galerie a fait une vente de photos et il en reste à acheter (par exemple de Anne-Lise Broyer et Nicolas Comment, déjà vus dans Photos Nouvelles – le site de Nicolas, par ) : cela se trouve dans un coin de la galerie (ce n’est pas très grand) et il y a là tout un tas de photos (pas très grandes) et pas bien chères (les photos ne sont pas très grandes, je sais je radote). Comptez quelques centaines d’euros et, pour votre cadeau, vous aurez mieux qu’une photocopie couleur à 200 exemplaires made in Lumas ou Yellow Corner. Voilà c’est dit.