MEP – Maison Européenne de la photographie – Programme 2010

J’ai reçu hier le programme des expositions 2010 à la MEP, en même temps que l’invitation (pour deux personnes ;o) au vernissage (le 2) du prochain accrochage qui s’étendra du 3 février au 4 avril.

Cette 1ère exposition 2010 à la MEP mettra à l’honneur Elliot Erwitt (personnal best), Philippe Bordas (l’Afrique héroïque), Luc Choquer (Les français), Sarah Moon (jusqu’au7 mars et nouvelle expo à partir du 16 mars) et Youssouf  Wachill.

La 2ème (14 avil – 13 juin) sera consacrée à Philippe Perrin, Mimmo Jodice, Antoine Poupel, Servulo Esmeraldo et Michael von Graffenried.

La 3ème (23 juin – 29 août) montrera Anna et Bernhard Blume, Aki Kuroda, Holger Trülzsch, le travail d’élève de l’ECAL et aussi une salle consacrée à la photographie contemporaine russe.

Pour la rentrée 2010 (8 septembre – 31 ocotbr), ce seront Fabien Chalon, Karl Lagerfeld, Tania & Vincent, Ernestine Ruben – Mi Jong Lee et Kimiko Yoshida.

Et l’année se terminera avec une exposition thématique dans le cadre du Mois de la Photo, baptisée « Extrêmes » (10 novembre 2010 – janvier 2011).

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Maison européenne de la photographie – partie 5 – Jacques Monory

Jacques Monory est exposé à la MEP jusqu’au 26 octobre 2008.

C’était le dernier jour pour voir son exposition qui valait le déplacement et que j’ai vue la semaine passée. Le travail de Monory est rangé dans la case « figuration narrative », ressortie des limbes au printemps dernier avec une exposition au Grand Palais (ici). Cette exposition collective était d’ailleurs bien mince et celle de la MEP, qui n’est certes qu’une monographie, montre bien mieux le travail de Monory.  Quel rapport entre Monory et la photo ? Simplement, Monory peint d’après des photographies. Ceci dit, il n’est pas le seul : le grand Gerhard Richter lui-même (voir ici) a créé de nombreuses toiles de la sorte et je passe sur les pratiques plus (voire beaucoup plus) anciennes ou « amateur » qui reposent sur la photo.

Alors si Monory est de retour je suppose que c’est lié à l’actualité de la précédente exposition elle-même liée aux « célébrations » de mai 68 (les acteurs de la figuration narrative étant actifs juste à ce moment-là). On reconnait facilement le travail de Monory même si on n’y connait rien : les tableaux sont souvent découpés en « cases », souvent monochromes (bleu essentiellement, parfois jaune), mêlant des vues colorées avec du noir et blanc. Les différentes cases sont parfois séparées par un mince ruban métallique réfléchissant et parfois aussi une zone en miroir peut orner le tableau.

L’ensemble est généralement d’un style très cinématographique et correspond bien aux thèmes traités (souvent policiers). Il y a une toile qui entretient un rapport particulier avec la photographie baptisée « spéciale numéro 57. A Nicéphore Niepce » (2007) qui est une vision révisée de la « first plate » à savoir ce que l’on considère généralement comme la première photographie de l’histoire (dont j’ai parlée dans un billet sur le musée de Châlon, ici).

 

 

Visite guidée du musée Niepce à Chalon – la fin – photo finlandaise

Dernier billet sur le Musée Niepce à Chalon sur Saône après le début, puis la suite, voici la fin, consacrée à la photo finlandaise. Cette exposition se déroule dans le cadre de 100% Finlande (ici) et il y a un article pas mal .

En résumé, au vu de ce qui est présenté, le finlandais ne paraît guère joyeux. Beaucoup de noir et blanc (je me demande même a posteriori s’il y avait des photos en couleur) à caractère plutôt « social » et « photoreportage« .Très peu de photographies « graphiques » à part le travail de Bert Caperlan qui ouvre l’exposition.  Au final, ce sont surtout des lieux et des personnages tristes, du désespoir suintant ou, au mieux, de la mélancolie glacée, qu’il nous est donné à voir. C’est assez désolant, entre tziganes pauvres (Mikko Savolainen), bateau abandonné pris par les glaces (Kristian Runeberg), migrants en Suède (Ben Kaila et Risto Vuorimies). J’ai rarement vu autant de solitude et d’abandon.  Ce n’est donc pas demain que j’achèterai des photos de PJ Lundsten,  Frederick Hackman, Trond Hedstrom, Pauli Huovila, Stagge Soderholm, Birger Lundsten, Martha Soderholm, Christian Runeberg, Ismo Holtto, Matti Saanio, Jorma Puranen et Ismo Kajander. Ce n’est que la fin de l’exposition que l’on a droit à des photos moins déprimantes : Aki Jaskari nous montre des scènes joyeuses du quotidien et Jukka Male nous livre des images pleines de tendresse prises dans un village polonais où la vie semble pourtant bien difficile.  Et avant de sortir, on revient au début de l’exposition d’une certaine manière avec des paysages très graphiques de Pentti Sammallahti (série archipelago).

C’est jusqu’au 28 septembre, à 2H30 de Paris seulement, l’entrée est gratuite et on mange bien en Bourgogne.

Visite guidée du musée Niepce à Chalon – la suite

Vendredi dernier je suis allé à Chalon sur Saône visiter le musée Niepce, consacré à la photographie. Voici la suite de l’article commencé ici.

Pénétrons donc, à l’étage, dans une belle salle avec, tout autour, des photos de paysans chinois réalisées par Bertrand Meunier (prix Niepce 2007) qui travaille chez Tendance Floue (son travail est ).  En principe, je n’aime pas les photoreportages à prétention « plasticienne » mais là, ce n’était pas mal comme je l’ai écrit déjà ici. Il y avait aussi un film en boucle sur le sort de ces paysans pauvres qui exercent le plus souvent un autre métier pour joindre les deux bouts.

Dans les salles suivantes on revenait  à l’Histoire avec, d’abord, le clou de la visite : le 1er appareil photo du monde. Cette boite en bois trouée, sans objectif, n’impressionne guère derrière sa vitrine.

La vie de Niepce et ses procédés sont mis en lumière, si j’ose dire, avec quelques babioles qui auraient un vague rapport avec sa vie (des lunettes, un bout de bois, etc) et surtout des explications sur l’héliographie (un procédé de reproduction des images avec du bitume de Judée) et le pyréolophore (une sorte de moteur). Hélas pour Niepce, son sens des affaires n’égalait pas son génie des inventions et, avec son frère devenu fou, il ne put rien concrétiser en monnaie sonnante et trébuchante.

Dans cette salle, on peut regarder aussi un excellent film qui à lui seul vaut le déplacement et qui dure 45 minutes, réalisé sous la houlette de Michel Frizot, sommité de la photographie (Directeur de recherche au CNRS et auteur d’ouvrages de référence dont une histoire de la photographie). Ce film est complet, didactique et aussi attrayant : un vrai bon travail de vulgarisation technique et historique. On y voit notamment la « first plate » (en gros, la première photographie), aujourd’hui au musée de l’Université d’Austin au Texas. Comme j’ai fait une modification dans Wikipédia, vous pouvez regarder mon petit ajout ici qui comprend un lien intéressant (en anglais).

A propos de Niepce, un site bien fait se trouve ici.

Ensuite, on voit quelques daguerréotypes et calotypes puis les premiers appareils utilisant des plaques (ou des rouleaux) au gélatino-bromure. La photo en couleur est traitée uniquement avec la revue « réalités ». Bof. La visite de la section historique se clôt avec des appareils de stéréoscopie anciens ce qui est plus original.

Avant de voir la salle consacrée à la photo finlandaise qui nous ramène aurez de chaussée, il y a une salle consacrée au portrait (visages contemporains). On peut ainsi voir une série de portraits de Thomas Ruff, qu’on ne présente plus, mais de petite taille. Je croyais qu’il n’avait fait que de grands formats pour avoir vu un portrait de plus de 2 mètres à Beaubourg (celui-là). On peut voir aussi deux portraits magistraux d’un vieux monsieur par Éric Poitevin (série gens d’Arbois).

Pour le reste, le plateau est moins prestigieux : on trouve Richard Dumas (de l’agence VU dont le travail est visible ),  Dirk Braeckman avec deux surprenants auto-portraits où l’image d’un autre visage est projeté sur le sien, une œuvre de Jean Luc Moulène (visible chez sa galériste : ici) et plusieurs portraits de célébrités par Jerôme Schlomoff (bof). On voit aussi des choses de Dan Peebles (son site est ), de drôles d’indiens par Gilles Saussier (représenté par la Galerie Zürcher à Paris et New York et ici aussi) et, plus intéressant à mon goût, des portraits de galiciens par Virxilio Vieitez. Ces portraits sont montés dans trois panneaux de 9 photos chacun : ce sont des visages sévères de paysans (suppose-t-on) aux habits frustes (il est représenté en France par l’agence VU et certains de ces travaux sont visibles ici).

La dernière partie de l’exposition est consacrée à la photographie finlandaise de l’après-guerre jusqu’aux années 80. J’ai noté les noms comme j’ai pu, n’étant pas très familier des noms finlandais, et j’ai renoncé aux diacritiques aussi (tant qu’à faire).

Visite guidée du musée Niepce à Chalon

Vendredi dernier je suis allé à Chalon sur Saône. En TGV, depuis Paris, il faut compter 2H30 avec parfois un trajet final (Dijon-Chalon) en TER. L’objectif ? Visiter le Musée Niepce. Depuis la gare, à pied, il faut environ 20 minutes, sans se presser, pour accéder au 28 quai des messageries où se trouve le lieu à visiter.

Comme chacun sait, Niepce (Nicéphore de son prénom) est l’inventeur de la photographie. Le musée, gratuit, présente en outre, en ce moment, un panorama de la photographie finlandaise de l’après guerre jusqu’aux années 80, et ce jusqu’au 28 septembre. Enfin, le musée montre aussi le travail de Bertrand Meunier, Prix Niepce 2008 (pour le gagnant 2007, pour pouvez voir ).

Le site du musée est bien fait (il est ) et vous donnera les lieux et horaires (qui varient selon la saison). En gros, le musée ouvre à 9H30, ferme vers 18H00 et reste portes closes entre 12H et 14H00.

J’ai un restaurant à vous conseiller, en passant, La Réale, place du Général de Gaulle, où le foie gras et le magret de canard fumé sont excellents sans compter les Saint-Jacques à la Nantaise et la tarte au ciron (compter 40 EUR). Il est dans le guide Michelin et dans le Petit Fûté aussi et, en outre, ce n’est pas bien loin du Musée, à pied.

Le Musée s’ouvre par quelques photos en couleur, très graphiques et composées, de bords de piscines par Franco Fontana, représenté à Paris par Baudoin Lebon.

Dans la 1ère salle au rez-de-chaussée se succèdent panneaux et vitrines. Je n’ai pas vu plus de deux visiteurs et pour l’essentiel j’avais le musée pour moi tout seul : je ne sais pas s’il s’en féliciter ou le déplorer. Égoïstement, en tout cas, j’ai pu bénéficier d’un calme absolu.

Cela commence donc avec des photos « au pochoir », des origines à nos jours. Vous savez, les pochoirs c’est ce qui permet de « découper » les photos de manière plus ou moins « artistiques » : cela se faisait beaucoup aux débuts de la photographie en France et cela continue dans les pays moins avancés de nos jours, avec un effet kitsch indéniable. Dans une vitrine sont présentés des appareils des années 70 dits « à pictogramme » car le viseur présente des dessins au lieu de grandeurs physiques qui imposaient « de s’y connaître ». Dans une autre, on voit des objectifs anciens dont un téléobjectif de 1910 : déjà des paparazzis, bien que ce soit anachronique ? (sur l’origine du terme: ici). Dans la salle on voit aussi une énorme (50 x 50) chambre d’atelier.

Dans un coin, presque égarées, quelques photos de Guillot, Gallier et surtout Rodtchenko, Doisneau et Weegee.

Toujours au rez-de-chaussée, un bric-à-brac un peu « cheap » : un panneau sur la revue « Mieux vivre » (vers 1940), des objets munis d’une photo comme des presse-papiers, une vitrine sur la photo d’identité, un panneau sur Pierre Boucher (?), des albums de famille, une vitrine sur le thème du mariage et une vingtaine de photos anciennes de Chalon. Bof.

Un peu plus original : la photographie parlante (pourvue de microsillons), un distributeur de pellicules des 50s, un pupitre de retouche et un panneau sur l’agence Sartony qui faisait des tirages photos immenses pour les décors de cinéma et qui a fermé en 2002.

Un panneau sur « la photo dans la photo » montre notamment, dans le lot épars, quelques pièces de Sarah Moon.

Passé l’escalier orné d’un grand format de Gérarld Petit (?) on quitte un univers vaguement poussiéreux pour des photos plus contemporaines et une présentation historique un peu plus relevée.

Dans le prochain billet on poursuit donc la visite.