En bref – Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Coffee Socks

Le Coffee Socks qui présente  cette année, le travail de Julien Taylor, un cube avec une photo de moto sur 4 faces, une vue de New York constituée de nombreuses cartes postales « i love NY » et un grand tirage que j’avais déjà vu à Paris (billet ici où je m’étonnais par ailleurs du prix demandé). Dans les autres pièces on retrouve Julien avec des pièces déjà vues soit à Paris (cf. ci-dessus) soit à Arles l’an dernier (série box-trotters – billet ici). Il y avait me semble-t-il une nouveauté avec une photo aux contours découpés évoquant la FIAC.

Dans les salles suivantes on trouvait le travail burlesque et coloré de Olivia Lavergne et les jolies filles de Alex Tibaldo, partagées entre beauté et « rôle social » (un poncif mais c’est joli – série in my emotion).

Rencontres d’Arles – Le meilleur du Off – Fêtart

Aux Rencontres d’Arles, il y a le programme officiel et celui qui l’est moins, le Off. J’ai déjà dit à quel point le Off était décevant, essentiellement du fait de la présence d’acteurs qui profitent de l’évènement pour tenter de se faire connaître alors que leurs talents photographiques sont limités ou inexistants.

Il n’empêche que quelques expositions valaient la peine, j’en ai déjà parlé aussi, dans un cadre collectif: on pourra citer les expositions se déroulant dans des hôtels, la Galerie de poche, l’Atelier Archipel ou Arts galerie 13.

Mais certains lieux ou acteurs méritent un article à part entière, c’est le cas de Fêtart, notamment.

L’an passé coffeesocks (17 rue jouvene) montrait pas mal d’auteurs de Fêtart (billet ici) mais cette année il n’y avait « que »  Xavier Benony (avec ses amusantes « manganettes » en voyage à Rome à 178 ou 440 euros selon les cas – son site ici) et Dorothée Smith (série löyly – site ici) pour une série montrée en sous-sol, plus intellectuelle peut-être (le titre signifie en finnois nom  de la vapeur se dégageant dans le sauna quand on jette l’eau sur les pierres…), tout en nuance de blancs, si j’ose dire.

Pour voir Fêtart il fallait donc aller au Hall Jean et Pons de Dieu (rue du 4 septembre) où se tenait aussi le Festival international  de l’image environnementale (en fait 11 grands panneaux en rez de chaussée trop proches pour les voir correctement, dommage). A l’étage on découvrait donc des artistes montrés par Fêtart, à savoir Fréderic Delangle (paysages de nuit – série nyctalope), Julien Taylor (série box-trotters) et Alain Cornu (série des réflexions, le grand classique de la photo du reflet dans la fenêtre). Assez bizarrement, les deux premiers auteurs sont déjà connus: Frédéric Delangle a été exposé récemment au Casino Luxembourg (billet ici) et chez Philippe Chaume à Paris, Julien Taylor a été vu chez Célal (billet ici) et chez Frédéric Moisan (billet ici) à Paris aussi. Je ne reviens donc pas sur leur travail.

Fêtart était aussi visible au 14 rue de la liberté avec Marie Maurel (série l’estran), Cécile Decorniquet et Guillaume Amat (série nébuleuse). Là-encore, même constat, ce sont des photos à mon goût, plutôt inspirées et pas trop prise de tête (i.e. conceptuelles) mais en revanche on repassera pour le côté « découverte » car les portraits ronds d’enfants de Cécile Decorniquet ont déjà été exposés à Paris (j’avais même raté cela – billet ici) de même que Guillaume Amat (billet ici). Seule Marie Maurel était une « petite nouvelle » (son site enneigé ici) avec une série pleine de sensibilité et de douceur, tout comme son blog, que je conseille vivement. Manque de chance je n’ai pas trouvé sa série estran.

Comme je n’avais pas illustré le travail de Cécile Decorniquet (son site en co-location ici), le moment est venu de réparer cette injustice grâce au site de Fêtart qui comprend tout un tas de renseignements (bio express et site web de l’auteur ainsi que de belles illustrations). Il ya un petit air de Loretta Lux, non ?

Bref, Fêtart, c’est toujours aussi bien et cela sauve un peu le Off.

Rencontres de la photographie d’Arles – Le Coffee Socks

Aux Rencontres d’Arles, il y a le programme et les lieux officiels qui font, hélas, la part belle aux artistes et photographes confirmés même s’il y a parfois dans le programme des échappées vers plus de fraîcheur et de jeunesse. Paradoxalement, ce sont les espaces privés financés par des entreprises qui semblent faire le plus d’efforts en direction des jeunes: SFR dont j’ai parlé ici et la FNAC dont j’ai parlé . En marge de l’officiel et alors même que j’ai raté le « off » (qui se tient, je crois, la 1ère semaine), il restait néanmoins un lieu à voir : le Coffee Socks, un lieu de vie salon de thé laverie associatif comme dit leur site (hop!) Romain Boutillier nous montre les aventures de Rosine, son robot en plastique qu’il photographie dans les situations les plus variées. Le truc est un peu éculé et ça m’a fait penser aux types qui avaient enlevé un nain de jardin avant de le restituer photographié dans de nombreuses villes du monde entier. C’est rigolo et les couleurs pètent, mais bon. Ces photos sont aussi .

Magali Joannon (dont le site est ) nous présente un extrait de sa série « Haute saison » avec des caravanes. Il y a un je ne sais quoi de nostalgique dans ce travail et je n’avais pas encore vu de caravanes au centre d’un travail photographique. j’avais plutôt en mémoire en voyant cela un travail sur les cités balnéaires en basse saison dont l’auteur m’échappe (si ça parle à quelqu’un ?). La photo ci-dessous vient du site ici.

Pomme Célarié (ça ne s’invente pas, j’ignore si elle parente avec Clémentine) nous montre un peu de la vie collective de jeunes enfants en Mongolie. La série était un peu courte (il n’y avait que 4 photos) pour se faire une idée du travail, c’est dommage. Évidemment, la vie collective peut faire penser au Komunalka de Huguier dont j’ai parlé ici, travail où l’on voit aussi des brosses à dents (ce truc qu’on ne partage pas justement…) mais Pomme ne montre pas de nus contrairement à Huguier. Le photo ci-dessous vient de . Pomme appartient au collectif La Générale (non, ce n’est pas une banque) et a son site ici où vous pouvez découvrir d’autre photos et puis aussi La Générale, si par hasard vous ne connaissez pas.

Audrey Laurent se livre à un travail personnel sur les photos de sa famille (qui lui ont été données) qu’elle rephotographie. Un travail surprenant et intéressant dans sa démarche qui ne montre pas encore (?) son plein potentiel. Là-aussi, des tirages plus grands, un encadrement adapté et plus d’œuvres en un même lieu donnerait plus de « poids » au travail réalisé. Cela viendra peut-être aussi, au-delà des conditions matérielles d’exposition et de tirage, de l’œuvre accomplie elle-même : Audrey poursuit en effet son travail vers d’autres supports (écrits, sonores, etc). Certaines photos sont visibles ici (mais cela ne donne pas grand chose à l’écran).

Magda Hueckel nous livre des « autoportraits ». Hélas placés dans l’obscurité et, là-aussi, dans un format réduit, son travail était difficile à déceler. C’est donc une redécouverte que le voir sur le web (paradoxal, non?) ici (en anglais). Magda est une jeune femme a priori en bonne santé et ces auto-portraits nous la montre vieillie d’où le titre de la série (« obsessive self-portraits ») : cela donne à réfléchir sur elle et ses préoccupation bien sûr mais aussi sur nous-même. Habituellement on nous donne à voir de jolies filles, des vieillards en patriarches et, à l’autre extrémité, et plus rarement, des malades et des déments. On voit rarement des gens seulement âgés.

En écho, elle a fait aussi des « calmed self-portraits » (non vus chez Coffee Socks). Je vous livre un extrait de chaque série ci-dessous. Pour en voir plus, allez sur son site perso ici (en anglais et en polonais).


Margherita Crocco nous montre de troublantes photos de Chandiragh, en Inde. Il s’en dégage, avec peu de moyens, une impression étrange. Plus d’œuvres ici.

Vous aurez remarqué que ces travaux m’ont plu en dépit des moyens limités mis en œuvre pour l’exposition. La plupart des liens pointent chez fetart.org, une galerie en ligne destinée à la promotion de jeunes artistes.

L’exposition est finie depuis fin août et lors de ma visite, seuls les artistes ci-dessus étaient visibles.