A l’occasion de Photoespaña, le Museo reina Sofia

Après vous avoir bassiné pendant quelques semaines, et avec pas mal de retard, à propos de Photoespaña, voici venu le temps de conclure avec une visite du Museo reina Sofia (site ici). Evidemment, le musée n’est pas spécialement consacré à Photoespaña ni à la photographie mais il compte une collection de photos et présentait en sus une exposition dédiée dans le cadre de Photoespaña.

Le musée est connu pour ses Leger, Klee, Rothko, Kandinski, Klein, Cy Twombly, Magritte, Ernst, Miro, Tapies et bien sur Picasso avec le célébrissime Guernica dont Dora Mar a photographié les étapes d’élaboration.

Une multitude d’auteurs photographes et d’artistes utilisant ce medium sont également visibles au musée, pour la pluaprt entrée dans l’histoire de l’Art: Tacita Dean, Luis Perez-Minguez, Xavier Miserachs, le couple Becher, Marc Pataut, Raushenberg, Garcia-Alix, Mapplethorpe, Pablo Perez-Minguez, Juan Navarro Baldweg, David Wojnarowicz, Cindy Sherman, Philip-lorca DiCorcia,Charles clifford, Lewis Hines, Steichen, cameron, man ray, kertez, brassai, Hellen lewitt, Bill brandt.

Matthew Buckingham (site ici) exposait des photos de signes (le « smiley », le « a anarchiste », le « peace et love », etc) pourvus de textes explicatifs, un travail que j’ai trouvé intéressant bien que très « conceptuel ».

Le thème de la guerre civile est illustré par  agusti centelles, juan pando, et surtout alfonso sanchez portela et robert capa (dont la fameuse « mort du loyaliste », ci-dessous).

La salle 405 est consacrée aux néoréalistes espagnols et on voit les photographies de Carlos Perez Siquier, Gabriel Cuallado, Nicolas Muller, Leonardo Cantero, Fernando Gordillo, Francisco Contanon, Francisco Gomez, Francesc Catala Roca, Oriol Maspons, Joan Colom et Leonardo Cantero.

Enfin, la volet temporaire et dédié à la photographie dans le cadre de PhotoEspaña était animé par Walid Raad (atlas group 89-2004) dont le site temporaire se trouve ici . Il s’agissait d’un travail conceptuel là-encore, qui ne laisse pas indifférent mais songeur et s’appuie sur le Liban et la guerre qui y a sévit durant de nombreuses années. On pouvait ainsi voir 72 photos de presse alignées, 29 photo de variante de bleus qui révèlent une image latente (il s’agit de tirages réalisés à partir de négatifs trouvés dans les décombres d’un bâtiment – ici), des photos et des notes et plans ou chaque impact de balle est recouvert d’une pastille de couleur.


En bref – Galerie Anne de Villepoix – Sam Samore

La galerie Anne de Villepoix (ici et 43 rue de Montmorency) n’est pas dédié à la photographie mais à l’art contemporain. L’exposition du moment (jusqu’au 25 octobre) est une rétrospective consacrée à Sam Samore, qui utilise le médium photographique.

C’est assez morbide et inquiétant. A réserver aux amateurs d’art contemporain, vraiment.

Salon de Montrouge 2009

Le salon de Montrouge 2009 s’est tenu (à Montrouge) du 30 avril au 24 mai 2009. Pour faire à la fois plus classe et plus marginal, la scénographie était due à Matali Crasset (= classe) et l’exposition se tenait à « La Fabrique » (in french in ze text) dans une usine désaffectée (= marginal). En principe donc, les chevelus devaient apprécier, de même que les bobos. Ces derniers pouvaient même, de la sorte, mettre un pied dans une usine, une aventure courageuse (les lieux étaient tout de même sécurisés, comme pour un trekking en pays Dogon, rien à craindre finalement). Autre avantage, c’est gratuit (merci aux habitants de Montrouge et à leurs impôts). L’année dernière, le salon se tenait au théâtre, maintenant en travaux, a priori il n’y a pas de lien entre les deux événements, mais cela explique « La Fabrique ».

Ce que j’ai vu lors de ce Salon m’a moyennement plu. Ce n’est pas ArtBrussels. Quelques artistes montraient de la photo mais il s’agissait surtout de voir des peintures et des installations qui ne sont pas ma tasse de thé.

On peut regretter que les travaux présentés soient aussi peu contextualisés en dépit d’un effort avec des cartels informatifs (mal situés, on se demandait à quoi ils renvoyaient et le jargon ne manquait pas). On peut s’interroger aussi sur le choix, non des artistes (un seul photographe, vous allez vite comprendre, n’avait aucunement sa place) mais des oeuvres : certaines visibles sur le site des artistes paraissaient plus marquantes.

Arnaud de Gramont exposait deux diasec avec comme une fracture lumineuse dedans. C’était un peu abstrait. Renseignement pris, l’auteur est presque quinquagénaire alors que je pensais ce salon réservé aux jeunes artistes mais bon, comme on le voit aussi dans les Jeunes (!) Talents SFR (inscrit le 10 juin 2008 – ici)  tout est permis, non ? On le trouve aussi sur Wikipédia d’ailleurs mais je constate que c’est un certain pseudo Arnaud de Gramont (ici) qui est le créateur de la page le 7 avril 2008 et dont les seules interventions portent quasi exclusivement sur Arnaud de Gramont. Arnaud de Gramont s’intéresse donc passionnément à Arnaud de Gramont. Gageons qu’il ne soit pas le seul.

Les autres artistes photographes constituent tous des choix pertinents (imho) et comme je ne les connaissais pas, ce fut un plaisir de regarder et découvrir tout cela et ce d’autant qu’il me semble qu’ils sont tous en début de carrière.

Benjamin Hugard montrait des tirages de photos monochromes. J’ai fait des photos de ses photos monochromes mais en les revoyant je me suis dit, à quoi bon ? Par contre, son site montre des travaux vraiment pas mal et il faut le visiter, c’est ici.

Guillaume Viaud montrait des photos de son cube porté en sac à dos recouvert de miroirs qu’il promène dans les jardins. Je ne sais pas où est l’œuvre : le sac à dos, l’action de se promener avec, les photos ? Le cube est qualifié par un intellectuel, dans la notice, de « triste fétiche échoué ou prothèse déprogrammée, sans autre espoir auratique que celui d’être ressaisi à nouveau ». J’aime bien le « auratique » qui fait « j’ai lu Walter Benjamin et je suis culturé » (ici).

Je passe sur Gérald Deflandre qui n’a pas souhaité qu’une photo perso de son accrochage figure sur ce blog et, comme il est inconnu sur le web, ce sera donc tant pis pour vous si vous voulez voir un peu de son travail de portraitiste. Ceci dit il m’a fait observer également que le descriptif initial de ses travaux sur ce blog était erroné (je l’ai donc retiré) ce qui rejoint ma remarque ci-dessus concernant le caractère confus des cartels… D’un autre côté cela me rassure car je ne voyais pas le rapport entre ses portraits et le reste des travaux :)

Yasmina Benabderrahmane nous montre notamment une photo de tente effrayante (on dirait une araignée), c’est très glauque alors que cette jeune artiste a l’air bien sympa sur son blog (ici). Allez comprendre.

Yasmina-Benabderrahmane---M

David Mickael Clarke montrait comme des panneaux de signalisation routier faits à la main. Bof. Après avoir visité son site (ici), je découvre que l’œuvre s’appelle Playstation. Ben oui, les signes sont en fait ceux d’une manette de Playstation. Je dois me faire vieux :(

David-Mickael-Clarke---Mont

Deborah Farnault (site web ici) montre 5 photos d’un parking éclairé de nuit, faites depuis un immeuble. J’ai moyennement apprécié et ce d’autant que l’éclairage était minable mais son site web montre des travaux à mon sens plus intéressants.

Deborah-Farnault---Montroug

Ivan Argote montrait un gars déguisé (lui ?). La série est potache et le sujet rebattu mais son site web (ici) le sauve en montrant, comme pour Deborah Farnault, des travaux à mon sens plus intéressants et en tout cas une palette plus large de son œuvre (le site vaut vraiment le déplacement).

Ivan-Argote---Montrouge-200

Suzy Lelievre (28 ans) montrait des objets blancs pleins d’humour et son site web rudimentaire est bien sympathique et permet de télécharger son book. C’est à voir ! Voilà de la fraicheur et  de l’intelligence :)

Suzy-Lelievre---Montrouge-2

ArtBrussels – Guide pratique pour le touriste à Bruxelles

ArtBrussels (ici) s’est tenu fin avril (du 24 au 27), à Bruxelles comme on s’en doute. Bien qu’il s’agisse d’une foire d’art contemporain, et non d’une exposition photo, de nombreuses galeries exposaient de la photo. Avant d’aborder un parcours photo sur la foire, quelques informations pratiques.

La ville est desservie par le Thalys (TGV) depuis la gare du Nord à Paris en 1h20. Le jour de ma visite, il y avait aussi l’ancêtre du Thalys en gare.

Gare-du-Nord---mai-2009

Bruxelles est une ville agréable, de taille humaine, et les gens n’y courent pas partout comme des fous contrairement à Paris.  On y parle le français sans problème et, le plus souvent, sans accent très prononcé. On peut s’y déplacer en métro ou en tram. Les trams sont lents et il est difficile de savoir où l’on se trouve lors des arrêts : circuler en métro est donc plus simple mais attention à la confusion car certains terminus (comme Simonis) ont des noms qui se ressemblent, plusieurs lignes passent dans la même station et, cerise sur le gâteau, le métro est construit en boucle ce qui fait qu’un métro peut changer de numéro en cours de route. Un ticket pour la journée coûte 4 euros et il faut composter son billet dans le métro, comme à Paris,  contrairement au billet de train qui ne composte pas (si vous demandez au contrôleur, il y a des chances qu’il vous charrie un peu).

Le site des transports en communs de Bruxelles  (le STIB) est bien fait et se trouve ici.

La gare TGV de Bruxelles s’appelle Bruxelles-Midi (car elle au midi, i.e. au sud, de Bruxelles). Vous pouvez y faire des courses dans une supérette GB (Carrefour), je pense notamment  à des barres de céréales et à une bouteille d’eau, indispensables en promenade. Cela vous évitera de partir chargé depuis Paris.

Pour se rendre à ArtBrussels, depuis la gare, il suffit de prendre le métro direction la station Heyzel (où se trouve le stade du même nom). Si vous avez un PDA ou un smartphone, munissez-vous du logiciel Métro (ici) et de la carte des transports de Bruxelles ; cet outil est indispensable aussi ailleurs, comme à Paris. La station est à deux pas de l’Atomium et de parcs arborés ; la visite de l’Atomium  coûte 9 euros, ce qui m’a paru excessif, j’ai donc gardé mes sous.

Atomium---mai-2009

L’exposition se trouve en face de la sortie du Métro et l’entrée coûte 15 euros (on peut payer par carte). Vous serez également tamponné sur la main.

Sur le site, vous trouverez des toilettes gratuites et propres. Vous  trouverez aussi de quoi vous restaurer : je n’ai trouvé que des sandwiches (et les fameuses gaufres dont je me régale à chaque promenade à Bruxelles) mais il semble qu’une restauration plus classique existe.

La foire est très grande et il faut compter 4 à 6 heures de visite, surtout si vous discutez un peu et revenez voir plusieurs fois un stand. Sur la foire, l’anglais est conseillé car même si la plupart des galéristes sont polyglottes et se débrouillent en français, il y a des exceptions.

Et pour finir, il y a deux adresses gourmandes à ne pas rater : Dandoy (biscuits et gauffres, ici) que j’ai testé personnellement et Wittamer (chocolats et macarons, ici) que je n’ai pas testé mais qui est recommandé par tout le monde :)

Art Paris 2009 – 1ères impressions : amateurs de photographies, courez-y vite !

Le salon Art Paris se déroule en ce moment à Paris et jusqu’au 23 mars. L’entrée est à seulement 10 euros si vous vous inscrivez sur leur site (ici).

Ce salon ne revendique pas le prestige de la FIAC mais, pour autant, il n’y a pas que des galeries de seconde zone et, cette année, des galeries dédiées à la photographies étaient invitées.

Bien que fréquentant assidument les galeries et parcourant le web des heures entières à la recherche de (jeunes) photographes, j’ai vu des photos que je n’avais à ce jour pu contempler que sur mon écran de portable comme celles de Polixeni Papapetrou, par exemple, chez Wanted. j’ai aussi fait des découvertes de photographes dont le travail m’a plu et dont j’ignorais lamentablement l’existence comme Susanne Junker et Philippe Assalit chez Acte2Galerie, Sabine Dehnel chez Esther Woederhoff ou bien encore Claudine Doury chez Camera Obscura. Dans certains cas, c’est une série que j’apprécie mais je n’en avais entrevu qu’un fragment jusqu’à présent et j’ai pu en voir là des prolongements comme la série Hair de Herlinde Koelbl que j’avais découverte au Luxembourg à la Galerie Clairefontaine (mon billet ici) et dont j’avais acheté le livre éponyme.

J’ose à peine souligner que 10 euros pour voir 15 galeries de 1er plan spécialisées en photographie et plus d’une centaine d’autres qui présentent des peintures mais aussi des photographies, ce n’est pas ruineux. Songez un instant à l’exposition LaChapelle ou au prix d’un magazine comme Azart photo à 9,90 €. Evidemment, il y a de meilleurs magazines pour moins cher et l’entrée des galeries est gratuite mais aller de l’une à l’autre prend du temps et n’est pas gratuit en frais de déplacement.

Autant dire qu’une visite s’impose.

Galerie Loevenbruck – Alain Declercq

La Galerie Loevenbruck (40 rue de Seine et ici)  présentait jusqu’au 7 mars, le travail d’Alain Declerc.

Plusieurs types d’œuvres étaient présentées jusqu’à aujourd’hui dont, bien sûr, des photographies, mais d’un genre un peu particulier puisqu’il s’agit  de camera obscura (l’illustration ci-dessous est tiré du site de la galerie).

Comme on le voit, l’image apparaît circulaire mais surtout floue et mal éclairée. Non seulement la technologie de la camera obscura est archaïque et produit des résultats approximatifs mais encore l’artiste a-t-il choisi d’en faire une « hidden » (sic) camera obscura : une sorte de camera de surveillance qui, comme ses soeurs modernes, produit naturellement des images moches, mal cadrées, mal éclairées.  On devine toutefois vaguement une ville américaine vue au-ras du sol et, plus particulièrement un intrêt pour les sujets policiers : voitures de flics, centres pénitentiaires, etc. Accessoirement, on ne peut s’empêcher de penser en voyant cela à un trou de balle (au trou d’une balle, quoi) ou au canon d’une arme (on parle bien aussi de « fusil à images » après tout).

On retrouve là un des thèmes chers à l’artiste (une Amérique armée arrogante mais défaite) qui joue volontiers les succédanés de révolutionnaire avec, entre autre production, des travaux de dessin réalisées grâce à l’impact de balles (portrait d’un président américain, aigle américain, etc). Le personnage s’était aussi fait remarqué par d’autres actions tant et si bien qu’il avait été perquisitionné par la Police.

C’est ce que j’appelle de la provocation de salon : on se fait remarquer comme on peut et pour pas cher (le risque personnel est nul) et ce ne sera pas le 1er artiste à essayer de choquer le bourgeois, même si cela confine au grotesque par moment. Une sorte d’écho assourdi du Futurisme (en savoir plus : ici) peut-être, qui fête ses 100 ans cette année ?  Il ne manquerait plus qu’il soit subventionné par l’État américain et la boucle serait bouclée : a priori ce n’est pas le cas, l’honneur est sauf.

Du coup, à l’aune de ces « exploits » passés, multiformes (installations, film, photographies, etc), ces photos ne me semblent même pas pouvoir présenter un quelconque intérêt  au titre de « provocation artistique ». Dommage.

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer (ou pas).

Galerie Dominique FIAT – Objects Of A Revolution

La Galerie Dominique FIAT présentait jusqu’au 28 février une exposition collective baptisée « Objects Of A Revolution » incluant le travail du photographe Jackie Nickerson.

En pratique, il y avait deux photographies d’une femme africaine en tenue locale, l’une de face, l’autre de dos (5 500 euros pièce). L’artiste est représenté par la galerie Jack Shainman (ici).

Heureusement que j’étais dans le quartier car les expositions collectives qui rassemblent des travaux de peu de rapport, au compte-goutte, ne servent vraiment pas les artistes dont l’œuvre apparait appauvrie par le faible nombre de pièces présentes et le peu de cohérence de l’ensemble, ni ne servent le visiteur.

Maison européenne de la photographie – François Rousseau

Depuis quelques semaines, la MEP (Maison européenne de la photographie, à Paris) a renouvelé son accrochage. Des cartes postales à la peinture sur photographie en passant par la vidéo, on voit un peu tous les supports et de Fiorio et Minot-Gormezano à Rousseau, on fait le grand écart dans les styles.

ici, il ne s’agit pas de jean-Jacques mais de François Rousseau, photographe de mode et de publicité qui avait réalisé en 2004 le livre et le calendrier Les Dieux du stade, vous sous souvenez ? C’étaient des rugbymen nus.

Cette fois, le travail de François Rousseau s’appuie sur le roman de Patrick Grainville (Goncourt 1976), l’Atelier du peintre (publié en 1988), dont il donne ici une version photographique des épisodes clés. L’histoire, nous dit le prospectus, se déroule à Los Angeles où se croisent dans l’Atelier du peintre, une population diverse de modèles, anciens délinquants ; au sein de l’Atelier vit une communauté où hommes et femmes vivent chacun de leur côté ; quant au Maitre, il cherche à reproduire le tableau de Van Eyck, les Epoux Arnolfini ,en faisant poser ses élève, en vain.

Beau prétexte que voilà pour montrer des corps magnifiques, féminins et masculins, noirs et blancs, jeunes et moins jeunes et il faut bien avouer que ces immenses panneaux photographiques réalisés à la chambre 20×25, post-traités et montés sous diasec font de l’effet et que les modèles sont, bien entendus, des perfections de corps humains, musclés et charpentés pour les hommes, fins et déliés pour les femmes. On en oublie presque la mise en scène.

L’exposition montre ainsi deux grandes fresques, tout en largeur, une masculine et une féminine, autour d’une scène centrale représentant un couple se tenant par la la main composé d’une femme blanche nue enceinte et d’un homme noir en costume avec en fond un miroir. Cette scène, c’est bien évidemment une libre interprétation des Époux Arnolfini de Van Eyck (1434), tableau visible à la National Gallery à Londres. A ce propos, je vous conseille le Musée Groeninge, à Bruges, où vous pourrez voir des primitifs flamands de toute beauté (il réouvre dans un mois, le 26 mars 2009 – fin de la parenthèse).

Vous voyez ci-dessous les deux œuvres.

Les deux fresques présentes avec ce panneau central forment une sorte de retable contemporain. Vous voyez ci-dessous, d’une part, une photo de l’ouvrage de François Rousseau (merci à lui de me l’avoir envoyée :) et, d’autre part, en dessous, une photo prise sur place lors de l’exposition.

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Au-delà ce bref extrait, d’autres photos vous attendent, toutes très impressionnantes.

Ce travail photographique est complété par une musique, une vidéo et un texte de Patrick Grainville : l’ensemble de ces éléments fait, bien entendu, l’objet d’un coffret (180 ou 800 euros selon le cas). Il est possible de s’adresser à l’auteur directement depuis son site web pour disposer d’extraits de son ouvrage (c’est par ici).

Je vous livre juste, pour finir, une vue partielle d’une autre de ses photographies (merci encore à François Rousseau de me l’avoir envoyée :) et vous invite à visiter la MEP mais aussi la galerie Pierre-Alain Challier (ici et 8, rue Debelleyme à Paris dans la vraie vie) qui l’expose jusqu’au 7 mars 2009.

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Il ne vous reste plus qu’à casser votre tirelire (moi, j’ai eu mon bonus :)

Jeu de paume – Site de la Concorde – Sophie Ristelhueber

Le jeu de Paume, sur le site Concorde, ce n’est pas seulement Robert Frank, c’est aussi Sophie Ristelhueber (ici), avec une exposition située à l’étage.

Son travail  tranche avec celui de Frank. D’un côté, on a un photographe, de l’autre, on a une artiste qui utilise la photographie à travers une large palette de formats et de techniques et recourt également à d’autres pratiques que la photographie (vidéo et même broderie). Ici, il ne s’agit pas de seulement de montrer ou de témoigner mais de faire réfléchir le regardeur, de le déranger aussi. Pour le coup, si Robert Frank a dérangé en 1958 et ne dérange plus en 2009, Sophie Ristelhueber lui a succédé.

A cet égard, l’impressionnante photo, souvent reproduite, du dos couturé d’une femme, ne donne pas une vision très exacte du contenu de l’exposition. Plutôt racoleuse, cette image pourrait laisser penser que l’exposition est consacrée aux corps en prise  à la souffrance ou à la maladie.

Il n’en est rien. Ce dos, de format gigantesque, fait face à une véritable avalanche de tout petits formats en noir et blanc sur un motif récurrent de façades mitraillées, d’immeubles effondrés ou éventrés, tous photographiés à Beyrouth, victime de guerre (illustrations ci-dessous, échelles différentes). Et, plus loin, en réponse à ce jeune dos féminin et anonyme, un visage d’homme âgé avec cicatrice : un visage mais lui aussi anonyme. En bref, l’artiste fait réagir sur le thème de la cicatrice, de la blessure, quel que soit son territoire, corporel ou géographique.

Ailleurs, dans la plus grande des salles, que l’on découvre d’entrée, le visiteur était déjà préparé par une suite monumentale de photographies formant un damier, ou un patchwork, couvrant un mur et le retour d’un second, accrochée en hauteur. Les images sont toutes des carrés montrant des paysages doublement désertiques : des déserts (de sables) vides de présence humaine. Ces déserts sont criblés d’impacts et vus à des altitudes multiples, depuis le ras du sol jusqu’à des vues aériennes : l’homme est absent mais sa trace est présente, celle de la guerre.

Ces travaux sont impressionnants et l’ampleur des salles qui ménage des vides empêche le regard de trouver un quelconque réconfort.

Pour le reste, vidéo un peu hors sujet, et autre travaux (broderie par exemple) un peu riquiqui égarés dans les salles m’ont moins convaincu, de même que les diptyques (illustration ci-dessous) mettant côte à cote des images noir et blanc d’archive de l’artiste et une vue moderne des lieux en couleurs. Un commentaire savant se trouve sur le site de la Société française de photographie, ici.

Vous pouvez allez voir jusqu’au 22 mars 2009.