Instituto de Mexico – Umbrales – Seuils

C’était le dernier jour samedi dernier pour visiter l’exposition Umbrales/seuils à l‘Instituto de Mexico (119 rue vieille-du-temple). Ce n’est pas la première fois que je visite ce lieu et c’est toujours un grand plaisir que de découvrir des auteurs mexicains habituellement peu vus en Europe.

Livia Corona montrait la série déjà vue à Madrid (billet ici) cet été consacrée aux logements construits à la va-vite au Mexique.

Sector reforma présentait Javier Cardenas Tavizon (site ici) pour des portraits collectifs et individuels.

Gerardo Montiel Klint montrait des travaux particulièrement saisissants, outre la fillette photographiée comme un top model mais privée d’une jambe dévorée par un requin (« étude marine avec survivant d’une attaque de requin »). Ses « volutes de fumée » et autres « étude d’un paysage avec vomi » sont intrigants, intelligents et fort bien réalisés, dans toutes sortes de tailles et en tirage Giclée (ce qui n’est pas fréquent). Un travail vraiment remarquable et un accrochage très pertinent. Son site (ici) est consacré à son travail commercial et sa galerie montre peu d’images (ici).

Oswaldo Ruiz recourt lui a de grands diasec pour montrer des maisons désertées par leurs habitants suite à la sécheresse due à l’incurie du gouvernement local. Photographiées de nuit, avec des éclairages clairement visibles, ces maisons font penser à des insectes épinglés dans un cabinet d’entomologiste. Son site web est hélas presque inutilisable (ici).

Jose Luis Cuevas montrait des portraits rapprochés en noir et blanc de gens ordinaires en tirage aux « encres au carbone ». Ces portraits ont quelque chose de saisissants de vérité et de rudesse, sans artifice. Il ne faut pas le confondre avec le peintre muraliste homonyme. Son blog est ici.

Andres Carretero dans sa série « phénotypes » traitait le sujet des mexicains albinos, c’est un sujet assez bateau mais toujours intriguant. Son site ici montre sa série de manière très complète.

PhotoEspaña – Instituto Cervantes – 23 juillet 2009

A l’occasion de PhotoEspaña, qui s’est déroulé cet été, lInstituto Cervantes (Alcalá 49) exposait sur le thème de la résilience, jusqu’au 20 septembre dernier: 10 jeunes auteurs ont été sélectionnés parmi 342, reçus de toute l’Amérique latine.

Anna Cecilia Gonzalez Vigil (son site ici) montrait des portraits de victimes lors de la reconstruction qui a suivi un séisme à Lima (aout 2007-aout 2008). En fin de compte, les gens sont plutôt dans les décombres. Tomas Munita (site ici) montrait un reportage sur la récolte du guano au Pérou mais il a un peu forcé sur Photoshop. Ramiro Chavez (iste ici) se consacrait lui à des photos empreintes de nostalgie sur Miramar, une ville Argentine située dans une lagune. Oscar Fernando Gomez (je n’ai pas trouvé son site mais son portfolio est visible ici) montre ce qu’il voit dans la rue, un accident, un type qui glande,etc.

Je termine avec cinq auteurs qui à mon avis se détachaient du lot. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé le site de Mark Powell qui présentait des portraits sous formes de tirages en vrac sur la table.

Livia Corona (site ici) s’est focalisée sur l’habitat de masse: pendant le mandat de Fox, le Mexique a construit 2,4 millions d’habitations pour les pauvres, sans infrastructures, et par paquets de 20 000 a 80 000 maisons. Ce sont des images surprenantes, tant en plan large qu’en plans resserrés sur les habitants.

 

Nicola Okin Frioli (site ici) montrait des portraits couleurs géants de migrants qui ont raté leur coup au Mexique: amputés, blessés par balle ou couteau. Des drames personnels mais de nobles portraits sur fond noir.

 

Pavka Segura et Dante Busquets, avec leur série pioneeros nous offrent une visite vivante de Mexico avec des portraits et une visions originale. Un coin de l’expo reproduit un modeste intérieur mexicain avec un canapé ou on peut s’assoir pour regarder la télévision.

madrid - Istituto cervantes

Morfi Jimenez Mercado (son site ici, hélas en flash et avec du son en plus) exposait des portraits andins où il cherche à éviter le cote touriste de la couleur et le cote dramatique du noir et blanc. Du coup, ses couleurs sont peu saturées  et sa lumière christique produisent un effet saisissant.