Samedi 22 mai 2010 – Que de ratés :(

il y a des jours comme ça… Hier samedi, profitant du beau temps et muni de mon bel agenda des expositions photos réalisé par Le Photoculteur je me suis cassé le nez chez Magda Danysz car j’avais noté que l’expo durait jusqu’au 22 alors que ce n’était jusqu’au 15. Arrivé chez Polka j’ai oublié de visiter le sous-sol. Chez Anne Barrault je m’étais aussi trompé d’expo, de même que chez Christophe Gaillard (eh oui, Naar c’est pas chez lui, c’est chez Olivier Robert).

Il est temps de prendre des vacances.

Pour couronner le tout, la galerie VivoEquidem était fermée mais là c’est leur faute car nulle part ne figurent les jours et horaires d’ouverture, ni sur le site web ni sur la porte de la galerie. C’est pas très sérieux.

bref.

Galerie Magda Danysz – Erwin Olaf – Dusk et autres séries

La Galerie Magda Danysz (78 rue Amelot et ici) présente une nouvelle fois, en partenariat avec FlatLand Gallery (site ici), le travail de Erwin Olaf. Vous pouvez faire un saut sur le site en tout point remarquable du photographe qui y présente en grand format sa production (ici).

Bien que la communication de la galerie (par mail) porte surtout sur Dusk, la dernière série d’Erwin Olaf, il y a très peu de pièces de cette série (deux, me semble-t-il). Le style est très original puisque ces photos sont entre le gris et le noir et portent de manière allusive sur l’esclavage (aux États-Unis) avec des mises en scènes renvoyant à cette période par les costumes, les intérieurs, les poses et la contenance des personnages.

 

L’accrochage ne montre pas de reflets parasites ce qui est remarquable (vu qu’il s’agit de teintes sombres) et les cartels sont enrichis de commentaires bienvenus, en anglais et en français. Dommage en revanche que ces derniers soient ornés de fautes d’orthographe.

L’autre série à découvrir c’est Laboral escena et c’est celle-ci qui est mise en avant sur le site de la galerie. Il s’agit de reprises de tableau classiques espagnols comme l’Apolonia de Zurbaran (même le site d’Olaf comporte une erreur en indiquant ZUBARAN). Cette série échappe au diasec et au format géant chers à Olaf.

 

C’est très esthétique et propre mais je ne vois pas bien l’intérêt d’une copie servile. Dans un genre voisin, et on ne quittera pas les Flandres, je préfère les travaux où une ré-interprétation des classiques est effectuée par le photographe comme le travail de Carla Van de Puttelaar (site ici) dont la dernière série évoque Cranach (billet ici) ou le travail de Hendrik Kerstens (illustration ci-dessous tirée de son site, ici).

D’autres séries sont aussi présentées ce qui en fin de compte constitue un survol du travail d’Olaf, dommage ne pas avoir consacré tout l’espace à Dusk par exemple. On peut ainsi voir ou revoir, Mature, Paradise the club et aussi Separation. Mature met en scènes des femmes âgées dans des tenues de pin-up voire de prostituées, Paradise the club montre des scènes de débauches festives avec des clowns déjantés et Separation montre un enfant et sa mère (du moins peut-on le supposer) tout les deux en tenue SM (latex et tout).

C’est jusqu’au 10 octobre 2009 et cela vaut la peine d’être vu.

Galerie Magda Danysz – Ruud Van Empel

La Galerie Magda Danysz (ici et au 78 rue Amelot) , en partenariat avec avec la Flat Galerie, présente Ruud Van Empel jusqu’au 18 avril.

Les photo présentées couvrent trois types de travaux dont ceux qui ont fait la célébrité du photographe à savoir des images un peu sur-réalistes d’enfants noirs comme plaqués dans une luxuriance verte de végétaux, souvent dans un univers aquatique et parfois au mépris des règles d’échelle. Ces travaux étaient complétés de la série « dawn » qui présente à la fois des petites filles noires et des petites filles blanches, toujours insérées dans un décor de verdure. L’ensemble des illustrations ci-dessous provient du site web de la galerie, qui en contient de nombreuses autres.

La principale surprise vient d’une série en rupture totale avec ce qui fait le fond de commerce du photographe : des natures mortes de format réduit dans des tonalités un peu passées, évoquant des souvenirs (titre de la série d’ailleurs).

Une autre image m’a franchement étonnée par sa ressemblance avec le travail de Loretta Lux (ici) mais qui s’avère bel et bien être de Ruud Van Empel.

Mois de la photographie à Paris – 10 – Galerie Magda Danysz – Mireille Loup

Pour le Mois de la photo, la galerie Magda Danysz a retenu Mireille Loup (ici).

Mireille Loup montre de grandes photos en couleur dans une ambiance feutrée, souvent à la nuit tombante, qui évoquent l’univers des contes mais ici, pas de princesses ni de grand méchant loup : le plus souvent un enfant, seul généralement, occupé à on ne sait quoi.

L’étrangeté et le caractère un peu inquiétant de ses photographies vient de ce curieux mélange : c’est « kawaï » vu de loin mais la mise en scène improbable amène à s’interroger. Cela m’a fait penser au travail de Polixeni Papapetrou (ici), en Australie, dont les photos sont également « mignonnes » et en format carré mais où, à  y regarder de plus près, les enfants sont perdus : il s’agit en fait d’une évocation des disparations d’enfants dans le bush australien au XIXème siècle (qui ont marqué les esprits).

A gauche, le travail de Polixeni (By the Yarra 1857, #4, 2006) et, à droite, celui de Mireille (Nocturnes ou les garçons perdus #19).

C’était jusqu’au 6 décembre mais si vous êtes intéressés, la galerie se fera un plaisir de vous renseigner et les sites des artistes et de la galerie sont très complets.

Mois de la photographie à Paris – 5 – La Générale en Manufacture (fin)

Nous voilà de retour à La Générale en Manufacture (dont j’ai parlée déjà ici et ) pour voir “Laisser filer et retenir” (ici). Cette exposition se déroulait au sous-sol de La Générale dans un lieu aussi lugubre que frisquet et s’est terminée le 1er décembre. Elle faisait partie du Mois off.

Il y avait des vidéos mais je ne parlerai que des photos.

Karine Portal nous montre des gens, souvent des jeunes et des enfants, dans un parc, dans une série baptisée « Les contemplations ». Les plans, éloignés, alternent les groupes dans des grottes et près de fontaines et des individus isolés dans un espace ouvert. Le sujet, très banal et photographié sans effet, fait penser à des photos d’amateur, des souvenirs d’une après-midi au parc mais l’éloignement au sujet donne un sentiment mitigé : voyeurisme ? Son site en flash () ne permet pas de montrer des images ici. Dommage.

Elise Pailloncy (ici) et le chorégraphe Eric Minh Tuong Castaing nous donne à voir des jeunes gens à capuches, enfumés.

Quand on voit des jeunes à capuches on pense à Bourouissa (à l’espace Baudouin par exemple, ici) mais ce n’est pas ça. Quand on voit la photo quasi blanche on pense à d’autres artistes qui ont eu recours à cet artifice, pas besoin de remonter à Malevitch (avec son magnifique carré blanc sur fond blanc), il suffit de voir Mireille Loup (avec son carré des anges) qui expose en ce moment même chez Magda Danysz. Mais tout cela n’est guère convainquant de prime abord. La notice précise « (…) la composante chorégraphique se trouve inscrite dans un rapport au territoire. Ces photographies se situent entre narration et appropriation critique d’un territoire, entre réalité et fantastique, et dépassent ainsi le cadre de la performance ». Alors là, évidemment, c’est tout de suite plus clair. Non ?

Tami Notsani montre des petits formats carré couleur. Une vieille dame, un mur, des robes de chambres. La série s’appelle « Grand-mère » a été réalisée au long cours, de 2000 à 2008. De petits rien qui suggèrent plus qu’il ne montrent, la fin d’une vie. Ce travail m’a fait penser à celui de Anne Le Hénaff (série « Les Beautés du Val d’AJol ») que j’avais vu lors de lors de l’exposition « Dix-7 en Zéro-7 » (exposition des diplômés 2007 avec les félicitations du jury de L’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris). Son site est ici et, hélas en flash, ne permet pas de montrer les images ici. Il en est de même pour le site de Tami Notsami, ici, qui est en plus un cas d’école de navigation incompréhensible.

Sylvain Gouraud (que j’ai évoqué ici) montre des femmes dont on ne voit pas le visage : il épuise d’ailleurs le genre avec des visages tournés, des visages dans la pénombre,  des visages pixélisés, des visages cachés par la main, etc. Ce travail (série « Armelle » – mais est-ce bien la même fille partout ?) m’a semblé intéressant et aurait eu sa place au septembre de la photo à Lyon consacré à l’identité (j’ai fait plein d’articles là-dessus ici).