Rencontres d’Arles – Bref bilan

Mon souhait c’était de ne rien rater et notamment du Off et ma crainte c’était d’être submergé par la foule. En pratique, il n’y avait pas foule, à vrai dire, pas plus que l’an dernier en dehors de la semaine d’ouverture, ce qui m’a surpris (et même un peu inquiété: si en période d’ouverture les sites sont aussi déserts qu’en fin de période, cela commence mal).

Concernant le Off, le bilan est mitigé. Le dépliant officiel annonce pleins de choses mais il manque les horaires et ceux-ci ne sont pas toujours respecté (en gros, avant 11 h, point de salut). Il annonce même une exposition « rue de Roure » (?) que Googlemaps sur mon mobile n’a pas trouvé (!). Par ailleurs, tout un tas d’expositions Off ne figurent pas sur le dépliant. Enfin, le niveau du Off est disparate et en moyenne globalement médiocre du fait d’expositions frisant la nullité, même si certaines pépites existent (mais il faudra du flair pour les trouver, y compris en dehors du programme Off figurant sur le dépliant officiel). D’ailleurs, j’ai constaté une prolifération d’expositions qui relèvent de l’opportunisme commercial, pour ne pas dire du parasitisme de la marque « Rencontres d’Arles » c’est à dire montrer de la merde en profitant des gogos attiré par la marque. Cela fait immanquablement penser aux « artistes » de Montmartre et de Saint Germains des Prés, pièges parisiens à touristes bien connus. De ce fait, je pense être plus sélectif et raccourcir ma durée de visite l’an prochain.

Concernant le programme officiel, la bonne nouvelle c’est le côté pratique. En effet, toutes les expositions sont ouvertes tous les jours de 10 à 19 heures ce qui est clair et net. L’autre bonne nouvelle c’est que certains lieux de 2008 n’ont pas été reconduits comme l’Eglise Saint Blaise (en travaux), le stade ou encore la Bourse du Travail utilisé par l’Ensp en 2008 ou le Museon Arlaten. Du coup, les expositions officielles sont plus concentrées (ceci dit cette année le Méjan a été ajouté à la liste). La moins bonne nouvelle c’est peut-être qu’il y avait peut-être moins de choses à montrer :  Saint-Trophime était bien moins rempli que l’an dernier (peu de salles exploitées) et l’Espace Van Gogh, comme l’an dernier du reste, était très « aéré » (et de peu d’intérêt).

Plus sur le fond maintenant, le programme officiel présente deux caractéristiques: il est dépressif et branché cul (désolé) sans doute l’influence de Nan Goldin, sa marraine qui tranche singulièrement après Christian Lacroix.

Cette dernière m’a-t-on dit, a séché une conférence figurant au programme officiel, ne se sentant pas bien, et s’accotait un peu partout lors de la visite en sa présence, manifestement pas au meilleur de sa forme. Ce qui est présenté est globalement laid et déprimant et est en rupture avec l’an passé (ceci dit c’est le thème de l’année: 40 ans de ruptures): ce ne sont que tristesse, mornes lieux, drogués, etc. Les respirations de bonheur et de fraîcheur sont, hélas, peu nombreuses et certains visiteurs s’en plaignaient ouvertement. Ce n’est peut-être pas une réflexion d’intellectuel mais le Festival n’est-il pas ouvert à tous ?

Quant au cul, il est partout: entre les enculages de d’Agata et les branlettes de Nan Goldin, la palette est vaste et, à la longue, c’est non seulement pénible, c’est pitoyable comme vision de la photographie. On peut par ailleurs s’étonner que la seule mise en garde (timide d’ailleurs) au public porte sur une salle montrant une césarienne alors que de très nombreuses oeuvres devraient être clairement déconseillées aux moins de 12 ans. Aux Transphotographique de Lille, des pièces bien moins perturbantes avaient été regroupées et isolées derrière un rideau avec une mise en garde très claire:  c’est une bonne pratique me semble-t-il pour une exposition « bon enfant » et « grand public » (on n’est pas dans une soirée privée entre « VIP de l’Art », rompus à toutes les visions et tous les excès).

On reviendra sur tout cela dans une longue suite d’articles.

Visite guidée du musée Niepce à Chalon – la fin – photo finlandaise

Dernier billet sur le Musée Niepce à Chalon sur Saône après le début, puis la suite, voici la fin, consacrée à la photo finlandaise. Cette exposition se déroule dans le cadre de 100% Finlande (ici) et il y a un article pas mal .

En résumé, au vu de ce qui est présenté, le finlandais ne paraît guère joyeux. Beaucoup de noir et blanc (je me demande même a posteriori s’il y avait des photos en couleur) à caractère plutôt « social » et « photoreportage« .Très peu de photographies « graphiques » à part le travail de Bert Caperlan qui ouvre l’exposition.  Au final, ce sont surtout des lieux et des personnages tristes, du désespoir suintant ou, au mieux, de la mélancolie glacée, qu’il nous est donné à voir. C’est assez désolant, entre tziganes pauvres (Mikko Savolainen), bateau abandonné pris par les glaces (Kristian Runeberg), migrants en Suède (Ben Kaila et Risto Vuorimies). J’ai rarement vu autant de solitude et d’abandon.  Ce n’est donc pas demain que j’achèterai des photos de PJ Lundsten,  Frederick Hackman, Trond Hedstrom, Pauli Huovila, Stagge Soderholm, Birger Lundsten, Martha Soderholm, Christian Runeberg, Ismo Holtto, Matti Saanio, Jorma Puranen et Ismo Kajander. Ce n’est que la fin de l’exposition que l’on a droit à des photos moins déprimantes : Aki Jaskari nous montre des scènes joyeuses du quotidien et Jukka Male nous livre des images pleines de tendresse prises dans un village polonais où la vie semble pourtant bien difficile.  Et avant de sortir, on revient au début de l’exposition d’une certaine manière avec des paysages très graphiques de Pentti Sammallahti (série archipelago).

C’est jusqu’au 28 septembre, à 2H30 de Paris seulement, l’entrée est gratuite et on mange bien en Bourgogne.