Galerie Dix9 – Edith Roux – WALLED OUT / MINITOPIA

La Galerie Dix9 (19 rue des Filles-du-calvaire et ici) présentait jusqu’à samedi dernier le travail de Edith Roux à travers deux séries, Walled out et Minitopia. Cette galerie est au fond d’un cour et il faut sonner pour se faire ouvrir ce qui peut être intimidant mais l’accueil est sans façon et sympathique. Autre point fort de cette galerie, son site web, très clair et parfaitement à jour ce qui hélas est rarement le cas de nombre de galeries.

Quant à la sélection, elle est de qualité (cf. billet précédant ici) pour autant que je puisse en juger et les accrochages se succèdent sans temps mort (le prochain débute dès le 12 novembre).

Dans walled out, une jeune femme est vue de dos faisant face à un horizon  barré de constructions. Le principe de la vue de dos n’est pas neuf ou original, on peut citer, pour rester sur ce blog, Magdalena Hueckel , vue à Arles en 2008 (billet ici). Ceci dit,, la série est plus vaste que les extraits montrés à la galerie et les livres à disposition permettent de se rendre compte que l’auteur n’en est pas resté à cette seule mise en scène.

La série Minitopia est la plus abondamment représentée.  Il s’agit de petits formats en couleur montrent une plante en gros plan, en taille naturelle finalement, poussant dans les interstices d’un environnement urbain. A chaque fois, un petit personnage vaque à ses occupations, est en train de lire, de passer ou d’éteindre la plante qui a pris feu. C’est a la fois de l’humour (on n’est pas très loin des mises en scène de soldats de plomb et de l’humour de Garcin qui expose à côté chez les filles du calvaire) et une invitation à la rêverie sur la place de l’homme et de la nature dans notre société: c’est un peu tarte à la crème mais le mélange entre humour et propos de comptoir fonctionne plutôt bien et le 1er permet de faire passer le second.

Les illustrations ci-dessus proviennent du site de la galerie où vous trouverez toutes les images visibles lors de l’expo, en attendant la prochaine :)

Maison européenne de la photographie – Programme d’automne 2009

Comme à chaque renouvellement de l’accrochage de la Maison européenne de la photo (site ici), je me précipite pour voir ce qu’il en est. Et chaque fois ou presque je suis déçu. Cette fois je ne me suis donc pas précipité et n’ai visité l’expo que le 3 octobre, quelques jours avant sa fin (le 11). En revanche, j’ai été de nouveau déçu.

Korner union (leur site ici), un micro collectif , montrait dans la petite salle qui suit le vestiaire quelques images unies par une approche « optique » de la photographie, comme des cadres en trapèzes montrant des rosaces ou encore une  demi-banane devenant entière par réflexion. Passons.

Pierre Keller exposait sa série horses, des culs de cheveaux, presque abstraits (il s’agit d’agrandissements de polaroïds) sur un niveau entier de la MEP. Dans cet ensemble, seul le texte d’introduction, une vraie perle de Jean-Louis Gouraud, méritait de l’attention.

Ara Guler (saison de la Turquie oblige) montrait des images de la Turquie situées dans les années 55-59 pour l’essentiel. Un écran LCD intelligemment disposé dans un angle (!) interdisait au public de le regarder et empêchait aussi de voir les photos à proximité.  On se demande qui a réfléchi à l’accrochage.

Le pompeusement dénommé « festival @rt Outsiders » montrait de l’art (?) contemporain et non de la photographie, dont la place est plus en galerie qu’à la MEP. Seul le travail de Yang Yi (uprooted) faisait exception et m’a permis de voir son travail que j’avais raté à la galerie Dix9. C’est un travail remarquable (remarqué notamment par Poivert ici) qui évoque les populations chassées de leurs villages à la suite de la construction du barrage des Trois Gorges en Chine. Mais pourquoi payer son entrée à la MEP s’il s’agit de voir des photos exposées gratuitement en galerie et que le galériste peut commenter ?

Bref, l’ensemble n’était pas terrible et je crains le pire avec le prochain accrochage qui sera consacré à Delpire, dont on nous a déjà rebattu les oreilles et les yeux à Arles cet été.

Galerie Dix9 – Yuan Yanwu

La galerie Dix9 que je visitais pour la première fois (la porte étant ouverte, contrairement à l’habitude) se trouve au 19 rue des Filles-du-calvaire (et ici aussi). L’exposition en cours montre le travail de Yuan Yanwu.

Je suis toujours assez peu réceptif aux artistes chinois qui ont fait (font encore ?) l’objet de surenchères: une présence exagérée en galerie au regard de la qualité des oeuvres  en raison d’un certain opportunisme (tout le blabla économico-sociologique autour de la Chine, sans parler des JO, qui font les gros titres de la presse, ça créé un buzz comme dit l’autre) et des prix délirants (liés à l’enrichissement de certaines élites, comme en Russie).

Ceci étant posé, et au vu du papier captivant de Michel Poivert (ici et d’où provient l’illustration ci-dessous) où tout est dit sur le travail exposé (difficile de passer derrière), je ne peux que vous encourager, par exception serais-je tenté de dire, d’aller voir cette exposition d’une artiste chinoise. Vous y serez, de plus, bien accueilli (on vous proposera de vous commenter les oeuvres), même en jean’s, ce qui ne manquera pas d’étonner l’habitué (hors grand collectionneur, je présume) des galeries parisiennes.

A priori, cela se vend bien puisque j’ai vu 4 pastilles, dont trois sur le portrait vu partout et reproduit ci-dessous.

C’est jusqu’au 26 septembre, il est donc temps de se presser.