Photographers’ Gallery a besoin de sous ! Donnez des sous !

J’ai reçu aujourd’hui un mail de la Photographers’ Gallery qui cherche à terminer les travaux immobiliers engagés depuis de nombreux mois sur Ramillies Street à Londres. Pour les aider à finir les travaux vous pouvez acheter une brique virtuelle à partir de 10 GBP seulement. Comme je n’avais pas donné de sous lors de ma visite sur place, je trouve juste de participer cette fois-ci.

C’est par ici pour faire un beau geste.

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Haïti, publicité et photographie

A moins de vivre sous un rocher, chacun a appris la catastrophe qui a frappé Haïti récemment causant des dizaines de milliers de morts. Il se trouve que j’observe dans le même temps la multiplication d’initiatives caritatives, notamment sur Twitter: chacun y va de son tweet pour encourager les dons.

Jusque là, tout va bien.

Là où le doute m’assaille c’est quand je vois des photographes professionnels mettre aux enchères leurs travaux en annonçant que le produit de la vente ira à Haïti, le dire et le répéter à l’envie, et insister lourdement afin que les lecteurs misent plus (c’est une bonne cause après tout, comment refuser ?).

Où se situe la limite entre le don désintéressé de son travail en faveur d’une juste cause et l’auto-promotion  à bon compte qui tire parti du buzz médiatique, avant qu’il ne retombe dans moins de 10 jours, laissant les haïtiens, quant à eux, durablement dans la merde ? Ces photographes, s’ils étaent si « bons » ne seraient-ils pas plus inspirés de donner discrètement le produit de la vente passée d’une de leur photo plutôt que d’attirer le chaland et les agents au moyen de la mise aux enchères de leur travail ?

Je ne jette pas la pierre aux photographes qui n’ont pas le monopole de cette pratique mais de nombreux donateurs n’ont rien à vendre (aux enchères ou autrement): ils donnent discrètement de l’argent et n’estiment pas nécessaire de le faire savoir ou de poser comme condition préalable de vendre leur travail au plus offrant.

Maison européenne de la photographie – Giorgia Fiorio, Minot-Gormezano, Miguel Angel Rios

Depuis quelques semaines, la MEP (Maison européenne de la photographie) a renouvelé son accrochage. On y trouve de tout, pour ne pas dire qu’on y trouve n’importe quoi, entre cartes postales et travaux de peinture sur photographie de Robert Combas. On y trouve aussi des travaux des plus classiques comme ceux de Giorgia Fiorio et Minot-Gormezano et la vidéo de Miguel Angel Rios.

Giorgia Fiorio nous montre des photographies en noir et blanc de format carré et de taille moyenne dans le plus grand classicisme photographique, propre et net. Elle nous ramène des photographies de ses voyages dans de nombreux pays ; j’ai relevé notamment : Inde, Thaïlande, Pérou, Brésil, Éthiopie, Myanmar, Turquie, Israël, Vanuatu, Kenya, Soudan, Russie, Mexique, Philippines, Pologne, Ouzbékistan et Mali.

Toutefois, ce ne ont pas bêtes photos de voyage mais un parcours planétaire axé sur les croyances et les pratiques religieuses. le titre de la série est « Don, 2000-2009 ».  Un très bon reportage qui, aurait sa place dans le National Geographic.

Giorgia Fiorio dispose d’un site web (ici) qui présente son travail et dont est extrait l’illustration ci-dessous.

Du côté de Minot-Gormezano, le binôme composé respectivement de Pierre et Gilbert, le style est classique mais le thème relativement original, « L’ombre, le reflet ». De fait, les photographies illustrent à merveille le titre de l’exposition. Au final, c’est tout de même franchement aride, ennuyeux et répétitif à l’exception peut-être de la série « Haut Pays » où une ombre se dissimule sur fonds de hauts sommets, des images poétiques invitant à la rêverie et à méditer sur la petitesse de l’homme (en tout c’est ce que cela m’a inspiré).

Le duo dispose d’un site web hélas en Flash, ici.

Miguel Angel Rios montre une vidéo sur 5 écrans (AQUI).  Je n’ai pas regardé la vidéo car je ne supporte pas d’être prisonnier du temps de projection (souvent non indiqué). Des dessins préparatoires et des photographies, que j’ai regardées, illustrent son propos. Un cartel fait référence, au Bien et au Mal, à Eros et Thanatos. Les photographies montrent des toupies et le film aussi. Le dépliant précise : « l’œuvre dépeint la lutte pour la survie, les relations violentes entre les masses et les individus ». Pour rester plus au ras du sol, il s’agit de bêtes toupies. On peut effectivement y voir ce qu’on veut y compris la lutte entre le bien et le mal. Tout cela m’a semblé néanmoins bien fumeux mais comme l’artiste a une sérieuse réputation et puisque c’est Neuflize Vie qui paie, libre à elle de distribuer ses financements à qui bon lui semble. Ses clients apprécieront  (ou pas).