Galerie Christophe Gaillard – Bénédicte Hébert: ça me regarde

La Galerie Christophe Gaillard (12 rue de Thorigny et ici) présentait jusqu’au 4 mars le travail de Bénédicte Hébert intitulé « ça me regarde ».

J’avais déjà parlé de cette galerie lors de l’exposition précédente (ici). C’est une galerie entièrement de plain-pied, ouverte sur deux rues, claire. L’espace y est ni trop petit, ni trop grand, sans recoin. En fin de compte, on a l’impression d’être dans une pièce à vivre, ni à l’étroit, ni égaré au milieu de rien. C’est, à mes yeux, la surface et la configuration idéale pour une galerie.

Bénédicte Hébert nous montre des photographies en couleur de format encore raisonnable où figure un personnage de dos regardant une peinture.

Cette exposition ne nous prend pas la tête et c’est déjà un point positif : on en vient presque à esquisser un sourire même si l’amusement n’est pas comparable à celui de l’exposition à la galerie Vallois consacrée à Joachim Mogarra (ici). En effet, l’artiste prend soin de choisir des personnages qui répondent à la toile présentée au second plan : motif ou couleur de l’habillement ou de la chevelure dialoguent avec l’œuvre peinte, parfois de manière amusante. Les photographies ne sont pas toutes aussi réussies mais certaines sont inspirées. J’ai mis ci-dessous non celle qui m’a le plus plu mais celle qui était disponible sur le blog de la galerie (ici) car le site principal utilise, à mon grand regret, le diabolique flash.

Au-delà d’une certaine séduction de surface, l’amateur éclairé pourra aussi méditer sur Duchamp (« Ce sont les regardeurs qui font les tableaux », Ecrits, p.247) ou, plus proche de nous, sur Thomas Struth et sa série « Museum » (illustration ci-dessous). Des visites virtuelles des musées où sont exposés les travaux de Thomas Struth sont aceesibles ici.

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Anniversaire – Man Ray (27 aout 1890 – 18 novembre 1976)

Aujourd’hui 27 aout, c’est l’anniversaire de la naissance de Man Ray qui aurait eu 118 ans.

Comme je n’ai pas trouvé de notice biographique décente sur le web (il y a bien des biographies nulles mais je ne donnerais pas les liens), je vais vous tracer son parcours rapidement.

Man Ray en deux lignes

Man Ray est un artiste américain qui a été photographe et a vécu longtemps en France au contact de l’avant-garde artistique. Si vous voulez briller en société, sachez que son vrai nom est Emmanuel Rudnitsky.

Man Ray en dix lignes

Man Ray, vers 1915, découvre la photographie qu’il utilise pour reproduire ses tableaux : progressivement il détruit ces derniers et se consacre à la photographie. Duchamp, qu’il connaît déjà, l’invite à Paris en 1921 et le présente aux dadas. Il devient portraitiste de l’intelligentsia, rencontre le succès et fréquente les artistes de Montparnasse. En parallèle, il travaille pour la mode et notamment Vogue, dès 1925. Ces activités lui permettent de gagner sa vie et de se consacrer à des recherches personnelles. Il découvre le « photogramme » en 1920 et lui donne son nom (« rayogramme ») ainsi que la « solarisation » en 1930 (nu solarisé, 1933). Il se livre aussi à des expériences multiples de flou, de surimpression (Demain, 1924), à l’usage de la métaphore dans les titres de ses œuvres (la Prière, 1926), et bien sûr à l’humour (le violon d’Ingres, 1924). Man Ray sera aussi cinéaste et publiera un ouvrage en 1963 (self portrait). Il est l’objet d’une rétrospective dès 1966 au Los Angeles County Museum.

Ces éléments de biographie sont adaptés du Dictionnaire mondial de la photographie (chez Larousse).

Man Ray a fait l’objet d’une exposition récente à la Pinacothèque qui m’a laissée sur ma faim. La Pinacothèque c’est souvent racoleur, c’est toujours cher et parfois c’est décevant : je ne sais pas s’ils feront autant d’entrées en 2009 qu’en 2008. Pour ma part je serai plus sélectif dans mes prochaines visites.