MAMCS – D’un regard à l’autre

J’ai rapidement évoqué (ici) ma petite visite à Strasbourg du MAMCS. Je vais commencer par ce qui, à mes yeux, était annexe, à savoir le musée et l’exposition baptisée D’un regard à l’autre consacrée au fond photographique du musée. Le principal c’était l’exposition Perlstein sur laquelle je reviendrai.

Il est à noter que la collection du musée peut être visualisée sur le site du musée, en ligne, ici. C’est très bien fait et il y a 967 oeuvres photographiques en provenance de 131 artistes. Du coup, je renvoie souvent vers une image du fond, depuis le nom de l’auteur.

Dans la collection permanente du musée, outre Arp et sa famille (le musée est situé rue Jean Arp), on peut voir Ernst, Miro, Kandisky, trois Picasso, un Renoir et une salle Gustave Doré avec une peinture gigantesque (la plus grande que j’ai jamais vue). A l’étage, il y a notamment quelques nouveaux réalistes (Buren, Hains, César, Arma), Baselitz, et peu de photographes (Roland Fischer).

L’exposition D’un regard à l’autre qui est terminée depuis fin avril est l’occasion de revenir sur les collection de photographies du musée des origines (ou presque) à nos jours.

L’accrochage est particulièrement désordonné comme on va le voir et on commence par la fin (chronologiquement parlant) avec des tirages géants, souvent en diasec et sylvestres (!) avec Yannick Demmerle (un sous-bois), Eric Poitevin (un immense sapin vert), Véronique Boudier (un tronc couché avec une  fille dessus), Xavier Veilhan (la manifestation – une immense image comme peinte), Jean-Luc Tartarin (bordure de foret). Ensuite on revient aux origines avec de nombreux négatifs sur papier ciré (souvent régionalistes), une belle série architecturales de Le Secq  (photolithographie sur papier) et pleins de choses diverses vers 1850. On saute ensuite très vite, par grands bonds, dans cette même salle, à Atget (vers 1890), Renger-Patzsch (vers 1930) puis Kenna (vers 1980) !

On revient ensuite à Fenton (vers 1855) et Charles-David Winter (né à Strasbourg) en 1870 en une longue série sur sa ville natale (guerre et pont sur le Rhin).

Puis se succèdent ensuite encore, de manière toujours confuse, Muybridge, Ricardo Terre, Eugène-Henri Cordier puis Baldus, Bayard et Dieter Appelt. On revient suite à un ensemble plus contemporain avec Les menines revues par Witkin, Duane Michals (le retour du fils prodigue que nous avions vu à Arles – billet ici), deux Irving Penn (cigarettes) mais aussi Julius-Edouard Schindler (vers 1875),  deux Sudek (vers 1930), Claude Batho (vers 1950), Toni Catany (vers 1970) et Adolphe Braun (vers 1850).

A l’étage, on est accueilli par Winter et Burkhard (Mexico vu de loin – déjà découvert à Paris et Lyon) puis une multitude de portraits réunis dans une même salle: Harry Callahan, Philippe Pottier, George Hurrell, Platt Lynes, Jacqueline Rau, Winter encore, Olympe Aguado, Olivier Blanckart, Nadar, Carjat, Pierre Petit et enfin Rudolf Schafer avec ses émouvants portraits de morts déjà vus à Lyon (billet ici). C’est probablement la meilleure partie de l’exposition, cohérente autour d’une thématique unique, le portrait, souvent féminin, et privilégiant les petits formats au-delà de la mode actuelle du gigantisme. C’est aussi l’occasion de faire des découvertes (ci-dessous, Jacqueline Rau), soit  de photographes méconnus soit de plus connus qu’on ne côtoie le plus souvent que via des livres et non via la photographie.

On arrive ensuite dans une salle minuscule et plongée dans l’obscurité où l’on observe des daguerréotypes sous vitrine (surtout Winter et Strasbourg). Là-aussi, c’est plutôt réussi: scénographie irréprochable et thème original. Il n’est pas fréquent de voir de telles productions: la seule fois où j’en ai vu c’était à Chalon au musée Niepce (billet ici).

La visite se termine sur un assemblage hétéroclite de nus de Jacqueline Rau (vers 38) surtout, qui côtoient 2 Muybridge, 2 Mapplethorpe, 2 Coplans (vu à Sérignan, billet ici) ainsi que Molinier et Laurence Demaison.

MAMCS – Expo Sylvio Perlstein et « D’un regard à l’autre » – Retour rapide de Strasbourg

Dans la série des billets rapides (BIP 2010 ici), en voici un autre qui sera complété par d’autres à suivre quand j’aurais du temps. Hier donc je suis allé à Strasbourg et je me suis levé tard cette fois-ci (départ 10H24 arrivée 12H43) et je suis rentré tard aussi (20H20 et arrivée  22H37et ce d’autant qu’il y a des travaux sur ma ligne à Paris et qu’au départ de Strasbourg on attendait le TGV de Stuttgart en retard d’un quart d’heure. Le tout m’a coûté 64,90 €.

J’avais relevé plusieurs adresses pour déjeuner et finalement je suis allé au Clou, un winstub derrière la cathédrale, au 3 rue du Chaudron. Tout près il y a le très chic Crocodile. Je m’en suis tiré pour 14,25 € pour une choucroute et un munster (je me suis régalé et mon voisin de table était sympa :o) Je conseille cette adresse parait-il très courue (il est vrai que c’était bondé même à 13H00 en semaine). Il y a plein de pâtisseries aussi à Strasbourg, c’est très tentant tout ça. Pour digérer, il faut se promener le long de la rivière, regarder les maisons typiques: c’est très agréable (et calme), contrairement à Liège où la Meuse est très large et bordée en partie de voies rapides.

Alors, pourquoi alors à Strasbourg (à part profiter de la gastronomie locale) ?

En ce moment, se tiennent deux expos de photographies à Strasbourg, au MAMCS. La première est consacrée à la collection de Sylvio Perlstein, diamantaire et collectionneur d’art et la seconde, plus modeste, s’appelle « D’un regard à l’autre » et repose sur le fonds du musée, en l’espèce le Musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMCS) où se tiennent les deux expos.

Ce sont des expos très valables qui vous coûteront 6 € (et pour ce prix là vous pourrez visiter le musée en totalité). Il est en revanche formellement interdit de prendre des photos et si vous sortez un quelconque appareil électronique de votre poche, soyez sûr d’avoir de la visite.

L’expo Perlstein est structurée en plusieurs thèmes et fait la part belle aux surréalistes et plus spécialement à Man Ray. C’est l’occasion de voir ou revoir des classiques comme Becher ou Steichen (avec Gloria Swanson). Il faut noter que la collection n’hésite pas à montrer des images crues, de Witkin et Molinier surtout, courage salutaire en cette période de bien-pensance. Des oeuvres non photographiques sont également présentées, dont de fameux néons de Bruce Nauman. Le point faible de l’exposition c’est le saupoudrage parfois excessif d’œuvres (il y a pas mal de photographes « orphelins ») et les cartels qui ne sont pas posés à côté des photos, c’est parfois pénible de s’y retrouver.

L’autre expo est bien plus modeste, un poil décousue, et intéressera surtout les amateurs d’histoire (locale notamment) avec de belles images anciennes de Strasbourg et des daguerréotypes; le volet contemporain est bien plus pauvre à part sans doute la salle consacrée aux portraits.

Accessoirement, le musée dispose de nombreuses oeuvres de Arp et de Gustave Doré ainsi que de Kandisky (entre autres).

Les deux expos sont visibles jusqu’au 25 avril et bien entendu, si vous avez une journée de congés, qu’il fait beau, que vous aimez les bonnes choses et en voir de belles, filez à Strasbourg !