Polka Galerie – Action!

Petite visite avant-hier dans un lieu “sûr” et bien connu, Polka galerie (ici et Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles), dans une après-midi un peu décevante (ah tiens, j’ai recopié le début d’un autre billet ;)

Dans mon empressement, j’en ai oublié de visiter le sous-sol mais l’exposition est prolongée jusqu’au 5 juin ce qui laisse l’occasion d’y retourner (éventuellement).

Dans le 1er espace d’exposition on voit accrochés ensemble Jodi Bieber (son site ici) et Jürgen Schadeberg. Le 1er avec notamment un grand tirage couleur d’une jeune danseuse et le second avec de moyens formats noir et blanc des années 70 à 90 (pas mal de portraits); tous les deux situent l’action en Afrique du Sud et se consacrent à la réalité noire. Pour ma part je connaissais surtout, de Bieber, sa série real beauties, plusieurs fois récompensée je crois.

Dans l’autre espace, on change de monde avec André S. Solidor et une série de grand formats couleur humoristiques. Elliott Erwitt (qu’on voit beaucoup, trop ?), en choisissant de se déguiser derrière ce patronyme, tombe dans la facilité un peu lourde: on quitte le clin d’œil complice qui caractérise son travail pour tomber dans le beauf photographique. Peut-être, est-ce du second degré, peut-être pas. Quoi qu’il en soit, les acheteurs éventuels apprécieront la farce (ou pas).

Deux autres séries noir et blanc étaient accrochées mais carrément dans l’espace bureau de Polka ce qui n’est guère commode, du coup je n’ai pas allongé le cou.

J’y retournerais peut-être la semaine prochaine pour voir la suite au sous-sol puisque, a priori, pas moins de 9 autres auteurs y exposent.

Affaire à suivre.

Maison européenne de la photographie (MEP) – Eliott Erwitt

La MEP (ici et 5 rue de Fourcy) dont j’ai déjà parlé à maintes reprises, et pas qu’en bien (le dernier billet, ici), remonte un peu dans mon estime avec son accrochage de début d’année qui met en bonne place Eliott Erwitt, un photographe dont j’ai déjà dit deux mots aussi car régulièrement exposé chez Polka (le 1er billet ici). Une interview

Je me suis donc rendu dimanche dernier à la MEP pour terminer une visite commencée la veille, un peu tard, et, en fin de compte voir le travail d’Eliott Erwitt. J’y suis allé le matin car lors de l’après-midi qui précédait il y avait une file d’attente monumentale. Et bien même un dimanche matin il y avait la queue. Je dois avouer par contre que c’est toujours jouissif que de doubler tout le monde avec le laissez-passer…

Quoi qu’il soit, on revoit dans cette exposition quelques grands classiques d‘Eliott Erwitt (la femme et le bandit manchot, la course entre le train à vapeur et la voiture, etc)  mais, pour mon plus grand bonheur, la MEP ne nous gratifie pas de trop de photos de chiens, ce qui aurait été un peu facile, et beaucoup de photos étaient pour moi des découvertes. Tout un étage est ainsi réservé à Erwitt et toutes les photos sont en noir et blanc à l’exception d’une seule, consacrée au public tentant de photographier Obama.

Erwitt est connu pour ses images amusantes mais j’ai bien plus apprécié ses photos clins d’œil et davantage encore celles qui témoignent d’une réelle sensibilité ou d’un art consommé de la composition voir qui témoignent, simplement, d’une époque révolue. Erwitt dispose d’un site web (ici) un brin austère mais où défilent ses travaux, dont une bonne partie visible à la MEP (l’expo est gigantesque) et chez Magnum (ici) vous accédez à 3 000 photos d’Erwitt.

Si vous ne connaissez pas Erwitt, c’est le moment de découvrir et si vous connaissez, passez une tête quand même (c’est mieux en vrai que sur le web et la collection est de taille) mais, attention, choisissez un moment un peu creux car il y a foule. Et puis surtout, ne faites pas comme les veaux qui foncent tête baissée au 3ème étage et négligent tout le reste: soyez un peu malin, sortez des sentiers battus dictés par la presse et visitez les autres salles !

Agence Magnum – Sarfati, Zachmann, Hartmann, Parke, Soth

Pour la 2ème visite du jour (finissant), j’ai retenu l’Agence Magnum dont la galerie est installée  au 13 rue de l’Abbaye (et ici sur le web), un lieu ouvert il y a peu de temps (billet ici).

La galerie est de plain-pied sur un seul niveau, composée d’une grande pièce pourvue d’une vitrine et d’une petite entrée. L’exposition collective s’est achevée hier et Elliott Erwitt lui succèdera à compter du 4 février.

Bien évidemment, il n’y avait pas vraiment de découvertes à faire, les photographes de Magnum étant connus (voire célèbres) et donc fréquemment exposés. Le site web de Magnum (ici) offre en outre une vitrine de 1er plan à leurs travaux, sans parler des publications. Néanmoins, je n’avais pas eu l’occasion encore de voire pour de vrai certains travaux, comme ceux de Lise Sarfati, ni de connaître les prix pratiqués.

Lors de cette exposition on voyait donc une très grande pièce de Alec Soth (11 500 euros – son site ici) et trois noir et blanc de belle taille de Trent Parke (3 200 euros). A côté de cela, voisinaient de minuscules tirages modernes noir et blancs de Patrick Zachmann (sur une autoroute, 500 euros) et de Erich Hartmann (maison et intérieurs, 600 euros).

Bien entendu, c’est surtout le travail de Lise Sarfati (son site ici dont est tirée l’illustration ci-dessous) qui attirait l’œil avec sa série Austin, Texas hélas facturée, malgré un format assez modeste, à 4 800 euros. L’absence de pastille rouge me laisse penser que cette exposition n’a pas conduit à beaucoup de ventes.

Les photos de Lise montre le plus souvent des jeunes femmes pensives, comme figée, en léger décalage avec leur environnent, le plus souvent typiquement américain. Elles sont là, vêtues de manière un peu provocante et et tatouée ou plus sages mais toutes ont l’air d’attendre quelque chose dans une sorte de nonchalance et d’ennui. On peut penser parfois, dans un style plus naturel, moins scénarisé, au travail d’Erwin Olaf (Hope).

Lise, Alec et Trent disposent de pages de fan sur Facebook et pouvez être ami sur Facebook avec Erwin (que je soupçonne d’être un faux-nez français, on verra à l’usage).

MEP – Maison Européenne de la photographie – Programme 2010

J’ai reçu hier le programme des expositions 2010 à la MEP, en même temps que l’invitation (pour deux personnes ;o) au vernissage (le 2) du prochain accrochage qui s’étendra du 3 février au 4 avril.

Cette 1ère exposition 2010 à la MEP mettra à l’honneur Elliot Erwitt (personnal best), Philippe Bordas (l’Afrique héroïque), Luc Choquer (Les français), Sarah Moon (jusqu’au7 mars et nouvelle expo à partir du 16 mars) et Youssouf  Wachill.

La 2ème (14 avil – 13 juin) sera consacrée à Philippe Perrin, Mimmo Jodice, Antoine Poupel, Servulo Esmeraldo et Michael von Graffenried.

La 3ème (23 juin – 29 août) montrera Anna et Bernhard Blume, Aki Kuroda, Holger Trülzsch, le travail d’élève de l’ECAL et aussi une salle consacrée à la photographie contemporaine russe.

Pour la rentrée 2010 (8 septembre – 31 ocotbr), ce seront Fabien Chalon, Karl Lagerfeld, Tania & Vincent, Ernestine Ruben – Mi Jong Lee et Kimiko Yoshida.

Et l’année se terminera avec une exposition thématique dans le cadre du Mois de la Photo, baptisée « Extrêmes » (10 novembre 2010 – janvier 2011).

Polka – Naundorff, Pellegrin, Poveda, Abbas, etc

La galerie Polka (associée à la revue du même nom), dont j’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises, fait partie des destinations à ne pas rater à Paris quand on s’intéresse à la photographie. Les illustrations proviennent du site Lesphotographes.com qui a fait un reportage remarquable sur Polka (ici).

La galerie a récemment emménagé dans de nouveaux locaux (Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles) fraichement rénovés et un peu plus accessibles et visibles. L’accueil y est toujours décontracté, ce qui est bien agréable.

On trouvait mis à l’honneur, pour cette exposition baptisée Droit dans les yeux, actualité tragique oblige, le travail de Christian Poveda sur les clans, au Salvador, largement commenté, sur lequel je ne m’attarderais pas. A voir aussi, le travail de Pellegrin et de Abbas (sur l’Iran, forcément, et actualité oblige – tant politique qu’artistique puisque l’Iran est l’invité de ParisPhoto). Mickaël Bougouin explorait également la veine iranienne par un reportage sur les plages iraniennes où hommes et femmes se côtoient « plus ou moins ». Prashant Panjiar montrait de petits noir et blancs de la vie indienne. On se demandait bien ce que venait faire là-dedans les photographies de chevaux en couleur de Hans Silvester.

A côté de ce programme essentiellement documentaire, classique et noir et blanc, centré sur l’actualité et le monde non-occidental, on voyait le travail plus coloré et plus joyeux de Cathleen Naundorf (site ici) dans le domaine de la photographie de mode (des agrandissements de Polaroïds) et Steven Siewert qui montre un reportage sur la 50′ fair qui regroupe des fans des années 50 à Sidney.

Quelques auteurs du fond Polka étaient également visibles en nombre plus réduit comme Shahidul Alam, William Klein, Elliott Erwitt (le fameux train), Marc Riboud et Ethan Levitas.

Et alors combien coûtent ces travaux me direz-vous ? Hélas, la galerie ne fait pas figurer les prix sur son site web mais on les trouve sur place. Les prix commencent à 200-250 euros pour de petits noirs et blancs de Alam ou Bougouin (tirages resp. 20 et 25) jusqu’à près de 10 000 euros pour un grand format de Pellegrin (ed° 3). Siewert est à 800 ou 2 000 selon le format et le tirage (resp. 40×60 ed°10 ou 80×120 ed° 5) et Naundorf commence à 1 500 mais s’envole jusqu’à 4 500 euros au fur et à mesure de l’épuisement de la série (ed° 10).

C’est jusqu’au 7 novembre 2009 et vous pouvez y aller sans risquer de perdre votre temps.

Galerie Polka – Jusqu’au 16 mai 2009

La galerie Polka (ici et 104 rue Oberkampf) que je visite régulièrement (billet ici par exemple) met en oeuvres jusqu’au 16 mai 2009 son accrochage de printemps.

On est accueilli dans le haut de l’escalier par les prix SFR jeunes talents. Sur le coup, je me suis demandé ce que ça faisait là. Une photo noir et blanc de petit format de chacun, parfois sous pseudo. En cherchant un peu, on découvre les vrais noms des auteurs : Vincent Réauté, Jean-Stéphane Cantero, Ludovic Coudray, Nicolas Anglade. Dans le jury figuraient Marc Riboud et les fondateurs de la galerie : tout s’explique maintenant. C’est dommage de ne pas préciser tout cela sur des cartels et de ne pas mieux mettre en valeur les clichés (un article complet là-dessus, ici).

Polka ressort aussi pour l’occasion quelques tirages de ses célébrités que sont Erwitt, Salgado ou Mac Cullin. Une place spéciale est dévolue à Riboud, fort opportunément puisqu’il est expose en ce moment au musée de la vie romantique (ici): au programme, Tour Eiffel et sites industriels.

Jean-Gabriel Barthélemy montre en grand format couleur « la cité des 4000 », soit des immeubles soit des intérieurs. Diane Grimonet (ici) montre les habitants d' »hôtels sans étoile » (titre de sa série), toujours en noir et blanc. Il y a une proximité des thématiques dans ces deux travaux (le mal-logement) même si le traitement est bien différent.

Sarah Caron (site ici) montre des femmes dans la guerre (de 600 à 1 100 euros) au proche-orient et Marie Laure De Decker (ici) rend hommage aux parures des femmes woodabé (au Niger), presque des compositions abstraites. Deux visions bien différentes de la femme.

Bruno Barbey (son site ici) nous montre l’Italie des années 60 en noir et blanc ainsi que le Brésil et  la Pologne en couleur. Derek Hudson (son site ici) nous montre de grands hommes chez eux et aussi le backstage de défilés.

L’agence VII (ici) est représentée par Marcus Bleasdale, Lauren Greenfield (son site hypercommercial ici), Antonin Kratochvil, et Christopher Morris. Hélas, l’espace qui leur esr dévolu est bien réduit.Baptisée « 4 photographes au pays d’Obama », cette mini expo dans l’expo porte un titre un peu trop grand pour elle. Seules les photos de Lauren Greenfield attirent l’œil avec ces jeunes femmes préoccupées de leur corps, vraisemblablement extraites de « Girl culture », sa série la plus fameuse dont la photo ci-dessous qui a fait la couverture du livre éponyme.

Quant à Cédric Gerbehaye (sa page chez VU’, ici) et  Diane Grimonet (son site, engagé, ici), j’ai du rater carrément leurs photos.

Quoi qu’il en soit, le travail le plus remarquable au sein de cette exposition, et de loin, est celui de Benjamin Lowy (ici, hélas en flash). Il s’agit de petites images prises derrière la vitre d’un véhicule blindé, sur des territoires de conflit (en Iraq en l’espèce). L’aspect formel de la chose avec le cadre réduit entouré du noir donne un aspect étrange et contraste avec un extérieur ensoleillé et les visages des gens, aux sentiments contrasté.

Je continue de  déplorer que les photos sur le site de Polka soit tagguées (avec un petit chien certes sympa) ce qui leur ôte tout intérêt, même illustratif.