Unseen PhotoFair 2013

Il y a quelques seamines je suis allé à Unseen Photo Fair à Amsterdam (après un passage éclair et coûteux au Stedelijk Museum qui ne vaut pas ses 15 € d’entrée). A 70€ l’aller-retour, il ne faut pas se priver; on peut y ajouter les 23,95 € du menu chez Haesje Claes et les 7,50€ pour le pass transport de 24 heures (à acheter à la sortie de la gare à droite à la station de métro, par exemple).

Arrivé sur le site de la foire, je suis passé rapidement dans le petit pavillon consacré aux photographies « pas chères »  qui ne sont hélàs que des modèles réduits des tirages originaux et j’ai zappé l’exposition JR (dont le marketing est excellent, c’est toujours ça) regrettant celle de Camera Work de l’an passé.

Je ne me suis pas attardé non plus à la foire aux livres où une foule compacte empêchait à peu près toute circulation (et c’est bien dommage de ne pas aérer cette sympathique manifestation avec un espace plus grand). En revanche j’ai complété ma collection de Foam Magazine dans la serre prévue à cet effet (qui n’accepte pas les cartes bancaires par une étrange bizarerie). Ces divers espaces étaient d’accès gratuit, contrairement au coeur de l’exposition qui repose sur deux lieux se faisant face et une multitude de galeries. Je faisais partie des early birds et j’avais donc un billet à prix réduit quand je l’ai échangé à l’entrée contre un bracelet qui permettait aux garde-chiourmes d’identifier ceux qui avaient payé leur dîme.

Pas de surprise dans la salle ronde (Gasouder), découpée en quartiers de fromage comme l’an passé. Des surprises en revanche dans le choix des auteurs, dont un grand nombre m’était inconnu ce qui m’a ravi (tant qu’à faire 7H de Thalys, autant voir du neuf) et en même temps un peu inquiété sur ma connaissance du marché. J’ai été agréablement surpris par la diversité des stands, des formats et des techniques et j’ai noté un retour à des formats (et prix) me semble-t-il plus réalistes.

WordPress ne permettant pas en ce moment d’insérer des liens clicables, ce qui suit est essentiellement le relevé des galeries (en gras) et des auteurs exposés, ce qui en l’état a un intérêt limité.

Je vais simplement, histoire d’alléger le tableau, citer tous les photographes exposés dont je me souvenais du travail, on verra qu’il y en a assez peu: Viviane Sassen (série pikin sleen) en petits formats et solo show chez Stevenson, Trine Sondergaard, Astrid kruse Jensen, Fabian Unternahrer et Schnabel et Benitah (petits portraits noir et blanc) rehaussés chez Esther Woerdehoff, Penelope Umbrico, James welling, Rauschenberg et Gadirian chez Aperture, Mona Kuhn, Jessica Backhaus, Noémie Goudal, Richard Mosse, Anders Petersen, Julie Cockburn, Tiane Doan na Champassak, Phillip Toledano, Hassink et Tod Hiddo chez Kaune Posnik Spohr, Pieter Hugo, Ruud van Empel. Erwin Olaf,  Rob Hornstra, Moryima? La Chapelle, Phyllis Galembo, Miles Alridge.

G/P gallery: Takashi Kawashima,Taisuke Koyama, Daisuke Yokota. A partir de 1200-2000 euros. Stigter van Doesburg: Alexandra Leykauf, Max Natkiel, Peggy Frank ( gouache sur papier brillant) et Elspeth Diederix. Martin van Zomeren: Katja mater, Scheltens et Abbenes. Michael Hoppen: Chloé Sells, Alberto Villar, Ashkan Honarvar, Jeff Bark (à partir de 1500-2200 €). Julie Saul Gallery: Arne svenson.sarah Anne johnson.Carolyn Janssen.pas mal de te travail sur photo.reinier gerritsen. Galerie vu: Maja Forsslund, JH Engstrom, José Ramon Bas, Esther Vonplon. A partir de 1200 €. Martin Asbaek: Ebbe Stub Wistrup, Nicolai Hovalt. Van zoetendaal collections: aucun nom ne figurait mais il représente entre autres Paul Kooiker. pas de noms.  Aperture: Jason Evans, Éva Fiore Kovacovsky, Barbieri, etc. Wim van Krimpen: Helena van der Kraan, Holger Niehaus, Tanja Deman. A partir de 690 €. Flowers London: Tom Lovelace, Esther Teichman, Lorenzo Vitturi. Sabrina Amrani: Larissa Sansour (palestinaute) et Amina Benbouchta (auto-portraits cachés). Kuckei + Kuckei: Guillermo Srodek-Hart, Guy Tillim et Miguel Rothschild. Boetzelaer Nispen: Anouk Kruithof. Wouter van Leeuwen: Michael Wolf, Pietro Mattioli, Grégory Halpern, à partir de 490 €. Edel Assanti: Nicolai Howalt. Next level galerie: Asako Shimizu, Céline Nieszawer, Ronan Guillou. Fons Welters: Paulien Oltheten, Berend Strik (photo brodée de tissus). Gun gallery: Julia Hetta, Mikael Janssen. Gallery Kant. Photographers’ gallery: David Robinson, Martin Lindqvist, Jessica Eaton et John Hinde. Gallery Taik: Joakim Eskildsen, Santeri Tuori, Tanja Koljonen et Maija Savolainen. lhGWR: Karianne Bueno, Krista van der Niet, Iana Mesic, Stephan Keppel, à partir de 850-1000 €. Kahmann gallery: Katrien Vermeire, Barry Kornbluh, Tiane doan na Champassak, Lonneke van der Palen, Schilte et Portielje, à partir de 1000 €. Tagomago. East wing: Philippe Dudouit et Mari Bastashevski. Mirko Mayer: Dan Dubowitz, Ralf Bauer et Harald f. Müller. Les filles du calvaire: Corinne Mercadier. Cokkie Snoei:  Abri de Swardt, Elza Jo et Jonas Lund. The wapping project bankside: Edgar Martins. Flatland gallery: Jaap Scheeren, Stanislaw Lewkowicz. Wagner et partner. Natascha stellmach (photo et dessins). Christophe Guye: Esther Mathis, Sascha Weidner,  Lina Scheynius (1500-1800 €), Rinko Kawauchi. Robert Morat: Marten Lange (à partir de 850 €), Peter Puklus (950-1500 €), Simon Roberts. Aando fine arts: Tilman Peschel, Kim Boske, Bien-u Bae. Juliette Jongma: Misha de Ridder, Lisa Openheim. Alex daniels reflex Amsterdam: Hisaji Hara. The empire project Istanbul: Ali Taptik, Jasper de Beijer, Gozde Turkkan, Esra Rotthoff.

Sur le pourtour du fromage, outre les stands gâteaux et boissons, on trouvait quelques partenaires ou galeries très modestes. J’ai retenus les « jeunes talents »: Florian van Roekei, Anika Schwarzlose, Willem Popelier (que j’avais vu à Liège), Ola Lanko et Natascha Libbert.

Et puis aussi j’ai bien aimé Polly’s picture qui montrait de vraies découvertes avec Anna de Jong, Philipp Dorl, Suzanne Posthumus, Liam Tickner, Anne Huijnen, Lotte Reimann, Sara-Lena Maierhofer, Isabelle Wenzel. Le tout pour quelques centaines d’euros. Font partie de la plateforme aussi, mais je n’ai pas vu leur travail: Dana Slijboom, Gael Odilon Paccard, Nadine Watson et Linda Beumer.

En ressortant, on allait en face vers le transformator huis. J’ai retrouvé des noms connus: Onorato et Krebs, Indre Serpytyte chez Paradise row, Anna Skladmann, Christopher Bucklow et Michelle Sank (nouvelle série à 850 € encadrée) chez Vassie, Anders Petersen, Lara Gasparetto et Ren Hang chez Stieglitz 19.

Pour le reste, que des découvertes. Peter Lav gallery: Adam Jeppesen. Steven Kasher. Pobeda: Alexei Kiselev. Goshua Rubchinsky. Gallery Vassie: Matthew Murray. Conrads: Sascha Weidner et Anna Vogel. Galerie Bart: Femke Dekkers et Yvonne Lacet. Seelevel Gallery (qui est une galerie en ligne, ce qui permet donc d’écarter tous les auteurs qu’elle représente): Marrigje de Maar, Isabelle Wentzel (750 €, quel dommage qu’elle choisisse une galerie en ligne, j’étais à deux doigts de lui acheter quelquechose, mais tant pis), Marnix Goosens, Koen Hauser, Lieve Prins. La Noble: Deborah Baker, Robert D. Phillips et Anne Leigniel. M97: Liang Weizhou, Adou, Huang Xialang et Lui Dan.

Avant de quitter la foire, on trouvait un peu plus loin la Kallenbach gallery, en partenariat avec Gup, qui vendait des tirages à quelques centaines d’euros d’auteurs qu’elle ne représente pas (je me suis limité à ceux ayant un site web): Steven Brahms, Noortje Schmit, Bernhard Handick et Noël Loozen.

C’est une bonne « photo fair » et j’y retournerais si je le peux l’an prochain.

Paris Photo 2011

Hier marquait l’ouverture au public de Paris photo 2011 qui se tient désormais au Grand Palais. Après avoir cherché un peu en vain la bonne entrée, car le public est dirigé par des barrières métalliques comme du bétail, selon son « statut » (presse, visiteurs sans billet, visiteur avec billets, exposants,) j’ai enfin pu entrer. J’avais réservé mon billet en ligne (25 €) que d’ailleurs je n’avais pas reçu et qu’il m’avait fallu réclamer par email.

Le lieu est immense et malgré le jour et l’heure, le public était déjà nombreux, souvent anglophone, à le remplir. C’est ici aussi que se tient la FIAC et l’impression de « masse » est la même: c’est une véritable avalanche de photographies et, contrairement à la FIAC où les médias sont divers et généralement de grande taille, ici, ce ne sont que des photographies et, évidemment, en bien plus grand nombre que des tableaux, format oblige. Le chauffage est également un peu excessif si bien que laisser son manteau à l’entrée n’est pas une mauvaise idée (il en coûte 2 € – il n’y a pas de petit profit – mais les toilettes sont gratuites). Le programme est très dense et fait bien sûr la part belles aux galeries car, comme la FIAC, Paris Photo est une foire commerciale, une sorte de galerie marchande temporaire spécialisée (mais payante).

Les galeries sont de provenance internationale même si la France est sur-représentée de par la présence de galeries d’art contemporain non-spécialistes. Les étrangères sont presque toutes des spécialistes, le plus souvent américaines ou anglaises. Le thème retenu cette année était l’Afrique mais un nombre très limité de galeries a concocté un programme « 100% africain » (Revue noire ou Bailey Seippel qui vient d’Afrique du sud ou Magnin-A ou FiftyOne) et peu même ont fait de la place à des auteurs du continent noir (comme Agnès B. ou Robert Klein). Les choix des galeries sont très contrastés entre ceux qui ont retenu un ou deux auteurs (ou thèmes) comme Daniel Blau qui prend le risque de montrer que des tirages de la NASA  ou Christophe Gaillard qui se consacre à l’auto-portrait, et ceux qui ont sorti le catalogue.

La foire mélange aussi bien l’ancien que les classiques et le contemporain mais les classiques me semblent dominer, en moins en nombre, du fait de formats plus petits. Il manque en revanche, m’a-t-il semblé, de nouveaux talents ou, au moins, sont-ils insuffisamment mis en valeur.

Parmi les stands marquants on trouvera les grands noms qu’il est inutile de répéter mais on notera tout de même trois galeries qui se distinguent, d’abord deux qui se démarquent par l’originalité de leur stand, Bryce Wolkowitz (avec des images animées) et Hilger modern contemporary (avec des tirages dans de grandes cantines) et puis une autre par le niveau spécialement relevé des travaux, Johannes Faber. Cette dernière galerie (qui expose aussi bien à l’AIPAD qu’à la TEFAF) est l’occasion de rappeler deux choses: d’une part que Paris Photo est l’occasion de voir des pièces de qualité muséale et que, d’autre part, la plupart des galeries mettent de côté leurs mauvaises habitudes en venant à une foire commerciale puisque les cartels sont presque toujours présents (seules deux ou trois galeries n’ont rien compris et affichent les oeuvres sur des murs blancs sans indications, pas même de nom) et qu’une nombre significatif affiche les prix, pratique qui devrait être obligatoire. Pour mémoire, sur ce dernier sujet, les galeries les plus prestigieuses ne se cachent pas: chez Faber, les prix sont à 4 ou 5 zéro et sont affichés (le record pour un Steichen à 420 000 euros): j’ai du mal à comprendre la pusillanimité de galeries plus modestes.

En sus des galeries, on trouve quelques éditeurs de livres et 4 stands peints de gris consacrés au récents achats du Musée de l’Élysée (fonds Chaplin et quelques nouveaux), de l’ICP (avec des imprimés) et de la Tate (avec Moriyama pour Farewell) ainsi qu’un bref extrait de la collection Walther (œuvre africaines et allemandes).

En complément, les découvertes SFR et un survol de Bamako étaient offerts.

L’édition 2011 vaut le coup mais il faut bien viser pour éviter la foule (les barrières extérieures portent des panneaux  » 1H30 d’attente à  partir de ce point », gageons que cela arrivera à certains visiteurs). En passant 4 heures sur place, ce qui est déjà long (physiquement), cela ne fait guère que 2 minutes 30 par stand, autant dire que c’est aussi une visite assez frustrante mais qu’il faut faire au moins une année sur deux.