Unseen PhotoFair 2013

Il y a quelques seamines je suis allé à Unseen Photo Fair à Amsterdam (après un passage éclair et coûteux au Stedelijk Museum qui ne vaut pas ses 15 € d’entrée). A 70€ l’aller-retour, il ne faut pas se priver; on peut y ajouter les 23,95 € du menu chez Haesje Claes et les 7,50€ pour le pass transport de 24 heures (à acheter à la sortie de la gare à droite à la station de métro, par exemple).

Arrivé sur le site de la foire, je suis passé rapidement dans le petit pavillon consacré aux photographies « pas chères »  qui ne sont hélàs que des modèles réduits des tirages originaux et j’ai zappé l’exposition JR (dont le marketing est excellent, c’est toujours ça) regrettant celle de Camera Work de l’an passé.

Je ne me suis pas attardé non plus à la foire aux livres où une foule compacte empêchait à peu près toute circulation (et c’est bien dommage de ne pas aérer cette sympathique manifestation avec un espace plus grand). En revanche j’ai complété ma collection de Foam Magazine dans la serre prévue à cet effet (qui n’accepte pas les cartes bancaires par une étrange bizarerie). Ces divers espaces étaient d’accès gratuit, contrairement au coeur de l’exposition qui repose sur deux lieux se faisant face et une multitude de galeries. Je faisais partie des early birds et j’avais donc un billet à prix réduit quand je l’ai échangé à l’entrée contre un bracelet qui permettait aux garde-chiourmes d’identifier ceux qui avaient payé leur dîme.

Pas de surprise dans la salle ronde (Gasouder), découpée en quartiers de fromage comme l’an passé. Des surprises en revanche dans le choix des auteurs, dont un grand nombre m’était inconnu ce qui m’a ravi (tant qu’à faire 7H de Thalys, autant voir du neuf) et en même temps un peu inquiété sur ma connaissance du marché. J’ai été agréablement surpris par la diversité des stands, des formats et des techniques et j’ai noté un retour à des formats (et prix) me semble-t-il plus réalistes.

WordPress ne permettant pas en ce moment d’insérer des liens clicables, ce qui suit est essentiellement le relevé des galeries (en gras) et des auteurs exposés, ce qui en l’état a un intérêt limité.

Je vais simplement, histoire d’alléger le tableau, citer tous les photographes exposés dont je me souvenais du travail, on verra qu’il y en a assez peu: Viviane Sassen (série pikin sleen) en petits formats et solo show chez Stevenson, Trine Sondergaard, Astrid kruse Jensen, Fabian Unternahrer et Schnabel et Benitah (petits portraits noir et blanc) rehaussés chez Esther Woerdehoff, Penelope Umbrico, James welling, Rauschenberg et Gadirian chez Aperture, Mona Kuhn, Jessica Backhaus, Noémie Goudal, Richard Mosse, Anders Petersen, Julie Cockburn, Tiane Doan na Champassak, Phillip Toledano, Hassink et Tod Hiddo chez Kaune Posnik Spohr, Pieter Hugo, Ruud van Empel. Erwin Olaf,  Rob Hornstra, Moryima? La Chapelle, Phyllis Galembo, Miles Alridge.

G/P gallery: Takashi Kawashima,Taisuke Koyama, Daisuke Yokota. A partir de 1200-2000 euros. Stigter van Doesburg: Alexandra Leykauf, Max Natkiel, Peggy Frank ( gouache sur papier brillant) et Elspeth Diederix. Martin van Zomeren: Katja mater, Scheltens et Abbenes. Michael Hoppen: Chloé Sells, Alberto Villar, Ashkan Honarvar, Jeff Bark (à partir de 1500-2200 €). Julie Saul Gallery: Arne svenson.sarah Anne johnson.Carolyn Janssen.pas mal de te travail sur photo.reinier gerritsen. Galerie vu: Maja Forsslund, JH Engstrom, José Ramon Bas, Esther Vonplon. A partir de 1200 €. Martin Asbaek: Ebbe Stub Wistrup, Nicolai Hovalt. Van zoetendaal collections: aucun nom ne figurait mais il représente entre autres Paul Kooiker. pas de noms.  Aperture: Jason Evans, Éva Fiore Kovacovsky, Barbieri, etc. Wim van Krimpen: Helena van der Kraan, Holger Niehaus, Tanja Deman. A partir de 690 €. Flowers London: Tom Lovelace, Esther Teichman, Lorenzo Vitturi. Sabrina Amrani: Larissa Sansour (palestinaute) et Amina Benbouchta (auto-portraits cachés). Kuckei + Kuckei: Guillermo Srodek-Hart, Guy Tillim et Miguel Rothschild. Boetzelaer Nispen: Anouk Kruithof. Wouter van Leeuwen: Michael Wolf, Pietro Mattioli, Grégory Halpern, à partir de 490 €. Edel Assanti: Nicolai Howalt. Next level galerie: Asako Shimizu, Céline Nieszawer, Ronan Guillou. Fons Welters: Paulien Oltheten, Berend Strik (photo brodée de tissus). Gun gallery: Julia Hetta, Mikael Janssen. Gallery Kant. Photographers’ gallery: David Robinson, Martin Lindqvist, Jessica Eaton et John Hinde. Gallery Taik: Joakim Eskildsen, Santeri Tuori, Tanja Koljonen et Maija Savolainen. lhGWR: Karianne Bueno, Krista van der Niet, Iana Mesic, Stephan Keppel, à partir de 850-1000 €. Kahmann gallery: Katrien Vermeire, Barry Kornbluh, Tiane doan na Champassak, Lonneke van der Palen, Schilte et Portielje, à partir de 1000 €. Tagomago. East wing: Philippe Dudouit et Mari Bastashevski. Mirko Mayer: Dan Dubowitz, Ralf Bauer et Harald f. Müller. Les filles du calvaire: Corinne Mercadier. Cokkie Snoei:  Abri de Swardt, Elza Jo et Jonas Lund. The wapping project bankside: Edgar Martins. Flatland gallery: Jaap Scheeren, Stanislaw Lewkowicz. Wagner et partner. Natascha stellmach (photo et dessins). Christophe Guye: Esther Mathis, Sascha Weidner,  Lina Scheynius (1500-1800 €), Rinko Kawauchi. Robert Morat: Marten Lange (à partir de 850 €), Peter Puklus (950-1500 €), Simon Roberts. Aando fine arts: Tilman Peschel, Kim Boske, Bien-u Bae. Juliette Jongma: Misha de Ridder, Lisa Openheim. Alex daniels reflex Amsterdam: Hisaji Hara. The empire project Istanbul: Ali Taptik, Jasper de Beijer, Gozde Turkkan, Esra Rotthoff.

Sur le pourtour du fromage, outre les stands gâteaux et boissons, on trouvait quelques partenaires ou galeries très modestes. J’ai retenus les « jeunes talents »: Florian van Roekei, Anika Schwarzlose, Willem Popelier (que j’avais vu à Liège), Ola Lanko et Natascha Libbert.

Et puis aussi j’ai bien aimé Polly’s picture qui montrait de vraies découvertes avec Anna de Jong, Philipp Dorl, Suzanne Posthumus, Liam Tickner, Anne Huijnen, Lotte Reimann, Sara-Lena Maierhofer, Isabelle Wenzel. Le tout pour quelques centaines d’euros. Font partie de la plateforme aussi, mais je n’ai pas vu leur travail: Dana Slijboom, Gael Odilon Paccard, Nadine Watson et Linda Beumer.

En ressortant, on allait en face vers le transformator huis. J’ai retrouvé des noms connus: Onorato et Krebs, Indre Serpytyte chez Paradise row, Anna Skladmann, Christopher Bucklow et Michelle Sank (nouvelle série à 850 € encadrée) chez Vassie, Anders Petersen, Lara Gasparetto et Ren Hang chez Stieglitz 19.

Pour le reste, que des découvertes. Peter Lav gallery: Adam Jeppesen. Steven Kasher. Pobeda: Alexei Kiselev. Goshua Rubchinsky. Gallery Vassie: Matthew Murray. Conrads: Sascha Weidner et Anna Vogel. Galerie Bart: Femke Dekkers et Yvonne Lacet. Seelevel Gallery (qui est une galerie en ligne, ce qui permet donc d’écarter tous les auteurs qu’elle représente): Marrigje de Maar, Isabelle Wentzel (750 €, quel dommage qu’elle choisisse une galerie en ligne, j’étais à deux doigts de lui acheter quelquechose, mais tant pis), Marnix Goosens, Koen Hauser, Lieve Prins. La Noble: Deborah Baker, Robert D. Phillips et Anne Leigniel. M97: Liang Weizhou, Adou, Huang Xialang et Lui Dan.

Avant de quitter la foire, on trouvait un peu plus loin la Kallenbach gallery, en partenariat avec Gup, qui vendait des tirages à quelques centaines d’euros d’auteurs qu’elle ne représente pas (je me suis limité à ceux ayant un site web): Steven Brahms, Noortje Schmit, Bernhard Handick et Noël Loozen.

C’est une bonne « photo fair » et j’y retournerais si je le peux l’an prochain.

RVB Books – Paul Kooiker

La semaine dernière, petite visite chez RVB Books (95, rue Julien Lacroix, c’est vers Belleville) pour y voir le travail de Paul Kooiker que j’avais découvert à Liège l’année passée avec sa série (qui est d’abord un livre), hunting and fishing. Manque de chance, les prix m’ont paru un peu abusifs (2750 € encadré pour cette série, bien plus pour d’autres série). C’était ma 1ère visite dans cette petite galerie qui vend aussi et surtout des livres, certains étaient sous vitrine comme justement hunting and fishing (double page ci-dessous) qui est épuisé, hélas. L’exposition s’est achevée hier. Cette galerie est à suivre.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 2 – Kunst Haus Wien

Le séjour se poursuit à Vienne à l’occasion du mois de la photographie 2012 avec un passage éclair chez WestLicht (Westbahnstraße 40) où je m’étais cassé le nez la veille, pour y voir en vrai les oeuvres dispersées lors d’une vente aux enchères que j’avais parcourue à distance déjà sur mon PC. Une occasion de voir de belles pièces gratuitement sans toutefois y découvrir de raretés. Un peu loin dans le même quartier je suis allé chez Galerie Raum mit Licht (Kaiserstraße 32) pour y découvrir le travail énigmatique de Anita Witek, exposé jusqu’au 15 décembre dernier, et surtout pour y voir le travail des petits jeunes de la Schule Friedl Kubelka (si j’ai bien compris). Autant la 1ère salle était surchauffée, autant le cabanon qui accueillait le travaux des jeunes (un ou deux seulement par personne) était glacial et, après quelques recherches sur le web je n’ai trouvé que peu de sites web de ces photographes et aucun avec un projet artistique à part celui de Laurent Nostitz. En gros, j’aurais mieux fait de rester au chaud à déguster une part de Sacher Torte.

Le (très) gros morceau de la journée c’était le Kunst Haus Wien (Untere Weißgerberstraße 13) avec une exposition hautement recommandable qui dure jusqu’au 13 janvier 2013.  Le site est un peu loin de tout et j’ai failli ne pas entrer au vu du thème et puis, finalement, si, et je ne regrette pas, bien que le sujet soit un peu étrange: le Photomaton ou, plus exactement, « Foto-Automaten-Kunst ». Avec l’incontournable Clément Chéroux, le Musée de l’Elysée et le Kunst Haus Wien comme curateurs on ne pouvait pas être déçu. L’entrée est payante (10 €) mais ça les vaut (300 travaux, 60 artistes), avec une traduction intégrale en anglais et un vrai travail intelligent de curateurs, remarquable.

L’exposition est à l’avant-dernier étage du musée et commence avec des photos publicitaires de photomaton datées de 64 et de 92, des vignettes de morceaux de cabine par Jan Wenzel, une typologie de rideaux de photomaton juxtaposés verticalement comme des rideaux de théâtre par Naomi Leibowitz et puis aussi un appareil baptisé Le maton, un drôle d’objet pour produire de petites photos en bandes pour amateurs, dont on voit aussi des tirages vers 1930.

Steve Pippin s’expose dans un auitoportrait réalisé dans la rue en détournant un photomaton pour en faire un pinhole. Svetlana Khachaturova sort aussi le photomaton de son usage en utilisant un miroir qui reflète l’extérieur de l’appareil et dissimule largement l’artiste. Je passe sur Bruno Richard et Franco Vaccari dont l’inévitable pornographie se devait de figurer. Nakki Goranin dont le livre sur le sujet est une référence a collecté des clichés de photomaton aux États-Unis et ici il s’agit d’une série de baisers, pas toujours très chastes. Dans les années 80, le rideau a été raccourci de moitié afin d’éviter des débordements devant l’objectif.

Viennent ensuite les expérimentateurs comme Arnulf Rainer (du mouvement actionniste viennois, en 69) et bien sûr les surréalistes qui voient dans la photo automatique le pendant de l’écriture automatique si bien qu’on voit ainsi, très sages pour la plupart, Yves Tanguy vers 1929, Max Ernst, Queneau, Eluard, Aragon et Breton. Au passage on apprend que le 1er photomaton à Paris a été installé en 1928 (la marque quant à elle est née en 1936).

Certains artistes ont réalisés des expériences comme Daniel Minnick qui dégrade les bandes qui deviennent ainsi abstraites ou Franco Vaccari qui invite les visiteurs de la biennale de Venise 72 à laisser une trace photographique de leur visite sur les murs. On n’échappe pas non plus à Wharhol et on termine l’étage avec un curieux mélange de Purikura (des photos très kawaï, sous vitrine), d’autoportraits avec célébrités des années 30 à 50 par Willy Michel, le travail de mémoire de Amanda Tetrault où la photo permet d’essayer de sauver ce qui reste de la personnalité fissurée de son père et le travail de Lorna Simpson qui mène un travail sur le statut de la femme noire américaine depuis les années 80 (avec ici de multiples photos encadrées souvent tachées).

A l’étage, l’exposition se poursuit avec « la bande » (ça rend mieux en anglais: the strip) car en fat l’exposition est structurés en thèmes avec 4 ou 5 artistes à chaque fois. Jan Wenzel (vu à l’étage du dessous) nous bluffe avec ses scènes réalisées par juxtaposition de clichés et quand on le voit faire on voit bien la difficulté du processus (il fut être motivé car avec un bon logiciel c’est facile comme tout). On voit ensuite Jared Bark puis Jeff Grostern qui est le fils du créateur du photomaton canadien et qu’on voit donc vieillir sur 36 ans… Dans une veine plus joueuse on retrouve Topor avec un Topormaton dan Charlie mensuel, comme une BD avec du texte. Raynal Pellicer anime 4 images en boucle sur de petits écrans LCD. Jean Michel Alberola forme le mot « rien » en 4 clichés. On reste dans le conceptuel avec Michel Salsman qui expose une longue série où il ajoute a chaque fois un de ses portraits au précédent pour former un visage composite de lui-même. Alain Baczynsky s’est rendu chez son psy et a fait une photo pour résumer l’entretien soit 242 en tout; quelques unes sont exposées (certains sur l’envers pour lire le commentaire). On ne coupe pas à Cindy Sherman. Susan Hiller montre des agrandissements avec des gribouillis. Gillian Wearing penche aussi pour le grand format où elle se transforme en un membre de sa famille, ici elle se montre à 40 ans comme si elle en avait 17 (en provenance du site de sa galeriste, Maureen Paley).

Sabine Delafon exposait une partie des 700 clichés d’elle-même, ici il s’agissait d’avis de recherche … d’elle-même dans de nombreuses langues. On reste dans le conceptuel avec encore des autoportraits mais cette fois les yeux barrés de fils de couture rouge (du vrai fil) par Anita Cruz-Eberhard. Jurgen Klauke fait lui aussi dans l’autoportrait avec 12 grands clichés noir et blanc dont certains identiques mais tous munis d’un titre surimprimé (artiste, soldat, etc). Je  passe sur David Wojnarowicz et sa série en masque de Rimbaud (vu à Arles – ici). Tomoko Sawada se déguise aussi en 100 personnages exposés sur les 400 qu’elle a réalisé d’elle même, une sorte de Sherman japonaise.

Dans une veine plus militante, Michael Fent reconstitue des photos d’identité d’immigrés, trouvées sur la plage et Mathieu Pernot nous sert une fois encore des photos de gosses dans une critique de l’enregistrement des tziganes (vu à Arles ici). Je passe sur Ruff bien mal servi avec une pauvre photo pour évoquer Anne Deleporte et son accumulation de détourages de photos empilées.

On termine avec l’incontournable série de photos trouvées, avec livre (et vidéo du livre dont on tourne les pages) pour Michel Folco et Joachim Schmid (vu à Arles ici) et sans livre pour Dick Jewel dont les photos sont simplement réunies dans de grands cadres.

Paris Photo 2011

Hier marquait l’ouverture au public de Paris photo 2011 qui se tient désormais au Grand Palais. Après avoir cherché un peu en vain la bonne entrée, car le public est dirigé par des barrières métalliques comme du bétail, selon son « statut » (presse, visiteurs sans billet, visiteur avec billets, exposants,) j’ai enfin pu entrer. J’avais réservé mon billet en ligne (25 €) que d’ailleurs je n’avais pas reçu et qu’il m’avait fallu réclamer par email.

Le lieu est immense et malgré le jour et l’heure, le public était déjà nombreux, souvent anglophone, à le remplir. C’est ici aussi que se tient la FIAC et l’impression de « masse » est la même: c’est une véritable avalanche de photographies et, contrairement à la FIAC où les médias sont divers et généralement de grande taille, ici, ce ne sont que des photographies et, évidemment, en bien plus grand nombre que des tableaux, format oblige. Le chauffage est également un peu excessif si bien que laisser son manteau à l’entrée n’est pas une mauvaise idée (il en coûte 2 € – il n’y a pas de petit profit – mais les toilettes sont gratuites). Le programme est très dense et fait bien sûr la part belles aux galeries car, comme la FIAC, Paris Photo est une foire commerciale, une sorte de galerie marchande temporaire spécialisée (mais payante).

Les galeries sont de provenance internationale même si la France est sur-représentée de par la présence de galeries d’art contemporain non-spécialistes. Les étrangères sont presque toutes des spécialistes, le plus souvent américaines ou anglaises. Le thème retenu cette année était l’Afrique mais un nombre très limité de galeries a concocté un programme « 100% africain » (Revue noire ou Bailey Seippel qui vient d’Afrique du sud ou Magnin-A ou FiftyOne) et peu même ont fait de la place à des auteurs du continent noir (comme Agnès B. ou Robert Klein). Les choix des galeries sont très contrastés entre ceux qui ont retenu un ou deux auteurs (ou thèmes) comme Daniel Blau qui prend le risque de montrer que des tirages de la NASA  ou Christophe Gaillard qui se consacre à l’auto-portrait, et ceux qui ont sorti le catalogue.

La foire mélange aussi bien l’ancien que les classiques et le contemporain mais les classiques me semblent dominer, en moins en nombre, du fait de formats plus petits. Il manque en revanche, m’a-t-il semblé, de nouveaux talents ou, au moins, sont-ils insuffisamment mis en valeur.

Parmi les stands marquants on trouvera les grands noms qu’il est inutile de répéter mais on notera tout de même trois galeries qui se distinguent, d’abord deux qui se démarquent par l’originalité de leur stand, Bryce Wolkowitz (avec des images animées) et Hilger modern contemporary (avec des tirages dans de grandes cantines) et puis une autre par le niveau spécialement relevé des travaux, Johannes Faber. Cette dernière galerie (qui expose aussi bien à l’AIPAD qu’à la TEFAF) est l’occasion de rappeler deux choses: d’une part que Paris Photo est l’occasion de voir des pièces de qualité muséale et que, d’autre part, la plupart des galeries mettent de côté leurs mauvaises habitudes en venant à une foire commerciale puisque les cartels sont presque toujours présents (seules deux ou trois galeries n’ont rien compris et affichent les oeuvres sur des murs blancs sans indications, pas même de nom) et qu’une nombre significatif affiche les prix, pratique qui devrait être obligatoire. Pour mémoire, sur ce dernier sujet, les galeries les plus prestigieuses ne se cachent pas: chez Faber, les prix sont à 4 ou 5 zéro et sont affichés (le record pour un Steichen à 420 000 euros): j’ai du mal à comprendre la pusillanimité de galeries plus modestes.

En sus des galeries, on trouve quelques éditeurs de livres et 4 stands peints de gris consacrés au récents achats du Musée de l’Élysée (fonds Chaplin et quelques nouveaux), de l’ICP (avec des imprimés) et de la Tate (avec Moriyama pour Farewell) ainsi qu’un bref extrait de la collection Walther (œuvre africaines et allemandes).

En complément, les découvertes SFR et un survol de Bamako étaient offerts.

L’édition 2011 vaut le coup mais il faut bien viser pour éviter la foule (les barrières extérieures portent des panneaux  » 1H30 d’attente à  partir de ce point », gageons que cela arrivera à certains visiteurs). En passant 4 heures sur place, ce qui est déjà long (physiquement), cela ne fait guère que 2 minutes 30 par stand, autant dire que c’est aussi une visite assez frustrante mais qu’il faut faire au moins une année sur deux.

En bref – Schirman et de Beaucé – Bourgadier – Cosplay

Le 5 février dernier, en sortant de chez La Galerie Particulière, je suis tombé par hasard sur la galerie Schirman et de Beaucé qui montrait le travail d’Hermine Bourgadier, déjà vu dans cette galerie il y a quelques temps (billet ici). Cela reste dans la ligne de ce qui précédait: des portraits minimalistes, une grande économie de moyens, même le format est modeste.

A voir en passant jusqu’au 26 février.

Galerie Baudoin-Lebon – Neige / collection hiémale

La galerie Baudoin-Lebon (38 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie et ici) présentait jusqu’à samedi dernier une exposition collective, Neige (ou collection hiémale, je n’ai pas bien suivi); la prochaine prend le relais dès le 5 février 2011 (jour de vernissage).

Je passe sur les oeuvres graphiques pour rester sur la photographie qui m’a laissée un peu dubitatif: ce n’est pas facile les expositions collectives car cela fait souvent peu de place pour chacun et au final le propos de chaque auteur est rarement  n’est pas toujours clair.

Il y  avait Grégoire Eloy avec notamment une photo que je me souviens avoir vue à Lille en 2009  (les traces dans la neige – billet ici), Mat Hennek, Anne-Marie Filaire (avec de très petits formats contrairement à la fois précédente – billet ici), Lise Broyer (déjà vue en détail chez VU’ – billet ici),  Patrick Bailly-Maitre-Grand, Shim Moon-Seup, Walter Niedermayr (avec 9 plans colorés de montagne avec remontées mécaniques), Mathieu Bernard-Reymond (c’est pas mal ça, la neige en solo d’un côté avec un type seul perdu au milieu de rien et puis en contrepoint une foule compacte sur un glacier – sur son site, voir Disparitions). Je finis avec Thomas Humery qui était dans une petite pièce avec des paysage, de vraies assiettes et des portraits et ça se passe en Autriche, à Chamonix et en Finlande et c’est plutôt sympathique, frais et calme. Son site montre quantité de ses travaux et se regarde avec plaisir.

 

MEP – 4ème saison 2010 – 2011 – Autour de l’extrême, Riboud et Bovo

Samedi dernier marquait la fin de la période d’hibernation, malgré un froid piquant et c’est à la MEP que je me rendis pour l’avant-dernier jour de l’exposition de clôture de 2010 qui marquait aussi le début de la saison 2011. C’était aussi l’occasion de renouveler mon abonnement.

Je n’ai pas été déçu. Je passe rapidement sur l’abécédaire de Riboud, plutôt destiné me semble-t-il à un jeune public (des visites pour enfants étaient d’ailleurs organisées). Pour la petite histoire, Riboud était présent pour une courte interview.

Tout au fond se trouvaient 23 photographes de Paris Match réunis à l’occasion d’un prix avec souvent des images saisissantes et particulièrement atroces. Heureusement, deux vaches paissant paisiblement donnaient un peu d’air. Le lauréat est Olivier Laban-Mattei pour un inévitable reportage sur Haiti avec cadavres à gogo et du coup il avait le droit d’exposer plus d’une photographie, le veinard.

Entre deux portes, l’Afd présentait James Iroha Uchechukwu.

Passons au sous-sol pour retrouver l’une des expositions majeures, celle consacrée au travail de Marie Bovo que j’avais découvert en 2009 à ArtBrussels (billet ici). La première salle montre des cours intérieures à Marseille vu par en dessous avec donc le carré du ciel encadré sur quatre face par les immeubles. Ensuite c’est la série Grisaille qui porte cette fois sur de gris plafonds  décrépis et on termine avec Bab el-Louk, des toits cairotes vus aux heures successives du jour. Tout cela n’est pas transcendant tout de même.

La Grosse Exposition se situe sur les deux niveaux supérieurs, c’est « Autour de l’extrême » avec de très nombreux photographes: 25/34 Photographes, Ansel Adams, Claude Alexandre, Manuel Alvarez Bravo, Claudia Andujar, Diane Arbus, Neil Amstrong, Richard Avedon, Roger Ballen, Martine Barrat, Gabriele Basilico, Jean-François Bauret, Valérie Belin, Rosella Bellusci, Philip Blenkinsop, Rodrigo Braga, Bill Brandt, George Robert Caron, Henri Cartier-Bresson, Jean-Philippe Charbonnier, Martial Cherrier, Larry Clark, Raphaël Dallaporta, Bruce Davidson, Jean Depara, Raymond Depardon, Philip-Lorca diCorcia, Doctor T, George Dureau, Gilles Ehrmann, Fouad Elkoury, Touhami Ennadre, Elliott Erwitt, Bernard Faucon, Alberto Ferreira, Giorgia Fiorio, Robert Frank, Mario Giacomelli, Nan Goldin, Gotscho, Emmet Gowin, Seymour Jacobs, Claudia Jaguaribe, Michel Journiac, Jürgen Klauke, Les Krims, Oumar Ly, Robert Mapplethorpe, Don McCullin, Duane Michals, Pierre Molinier, Vik Muniz, Ikko Narahara, David Nebreda, Helmut Newton, Pierre Notte, ORLAN, Martin Parr, Irving Penn, Pierre & Gilles, Tony Ray-Jones, Rogerio Reis, Bettina Rheims, Marc Riboud, Miguel Rio Branco, Sebastiao Salgado, Andres Serrano, Cindy Sherman, Jeanloup Sieff, Christine Spengler, Shomei Tomatsu, Pierre Verger, Alain Volut, Weegee, Edward Weston, Joel-Peter Witkin, Bernard-Pierre Wolff.

Pour ma part, j’ai surtout retenu les grands classiques présentés sur le 1er niveau: les tops nus /habillés de Avedon, Marilyn par Avedon, le nu de Weston, YSL nu par Sieff. En fait, pour quelqu’un qui souhaite s’initier à la photographie comme Art, cette exposition et spécialement le 1er étage constitue un condensé d’histoire de photographie contemporaine. Toujours dans cette 1ère salle, on voit des pièces moins connues comme les punks de Meursault et Muller (25/34 photographers), les amputés de Georges Dureau shootés comme des stars. La 2ème salle de cet étage montre moins de classiques mais on reconnait quand même les jumeaux crétins de Ballen, une série de Parr (The Last resort: photographs of New Brighton) et les lavabos de Erwitt (white only).

Au dernier étage j’ai surtout retenu Nan Goldin, Serrano, le manifestant tué de Alvarez Bravo, Molinier et Journiac bien sûr ainsi que la série de Belin sur les sosies de Jackson.

Enfin, tout cela pour dire que c’était une exposition fort réussie, peut-être la meilleure de l’année 2010. La prochaine démarre dès le 9 février et me semble moins exaltante.